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Santé mentale : l'accès difficile aux soins entraînerait une grande consommation de médicaments au N.-B.

Trois bouteilles de comprimés sur une table
Les benzodiazépines servent à soigner l'anxiété. Photo: Radio-Canada

La consommation de médicaments contre l'anxiété devient de plus en plus généralisée en Atlantique, particulièrement au Nouveau-Brunswick, où des spécialistes de la santé mettent en cause la difficulté d'avoir accès aux soins en psychologie.

Les médicaments qui combattent l’anxiété, les benzodiazépines comme l'Ativan, le Valium ou le Xanax, sont très en demande dans les pharmacies. Au Nouveau-Brunswick, leur consommation est deux fois et demie supérieure à la moyenne nationale.

La consommation de ces médicaments est devenue généralisée au fil des années, selon Dennis Abud, pharmacien à Dieppe et membre du conseil d'administration de l'Association des pharmaciens du Nouveau-Brunswick.

C'était le go to pour longtemps, puis les aînés qui prennent ces médicaments-là aujourd'hui, ça fait longtemps qu'ils les prennent et c'est très difficile à arrêter, explique Dennis Abud.

Il ne faut pas attribuer la situation aux médecins, selon le Dr Patrick Marcotte, psychiatre au Centre hospitalier universitaire Dr-Georges-L.-Dumont, à Moncton.

Les médecins de famille de notre côté, et l'ensemble des médecins, je dirais que la tendance est surtout à une grande prudence par rapport aux benzodiazépines, souligne-t-il.

Le psychiatre montre plutôt du doigt l'accès difficile à des traitements en psychologie dans le réseau de santé publique.

Les gens qui n'ont pas d'assurances privées se retrouvent sur des listes d'attente, indique le Dr Marcotte.

Et ces patients doivent parfois attendre jusqu’à deux ans avant de pouvoir consulter un spécialiste. Entre-temps, certains trouvent refuge dans les médicaments ou consultent leur médecin de famille.

Je dirais que l'accès aux services de psychologie, voir un psychiatre, est peut-être moindre. Très rural aussi. On va voir un médecin de famille pour tous les problèmes, mais on a moins de chance de voir un spécialiste, affirme Dennis Abud.

Malgré tout, il vaut mieux soigner que prescrire, selon le Dr Marcotte.

Il faut voir quel est l'accès, par exemple dans notre province, aux [solutions de rechange] aux traitements pharmacologiques. Je dirais que tout le monde qui souffre d'anxiété et d'insomnie devrait d'abord être traité en psychothérapie, estime Patrick Marcotte.

Les gens qui prennent des anxiolytiques n’ont pas à s’inquiéter, mais ils doivent respecter la dose prescrite par leur médecin, conclut-il.

D’après un reportage de Margaud Castadère

Nouveau-Brunswick

Santé mentale