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Le parcours d'une battante : Mélanie Bergeron Mc Andrew de retour au karaté

Un homme et une femme font des arts martiaux
Mélanie Bergeron Mc Andrew pratique ses techniques de karaté Photo: Radio-Canada / Kim Vallière
Kim Vallière

Son uniforme de karaté, elle l'a enfilé des centaines de fois, mais le geste est différent à présent. Rien ne garantissait à Mélanie Bergeron Mc Andrew qu'elle serait en mesure de pratiquer cet art martial à nouveau lorsque le syndrome de Guillain-Barré lui est tombé dessus en mai dernier.

Pendant qu’elle noue sa ceinture verte autour de sa taille au premier cours de l’année 2019, la Gatinoise est interrompue à de nombreuses reprises par d’autres membres de son dojo qui souhaitent la saluer et la prendre dans leurs bras.

L’étreinte est sincère et plus longue que pour des souhaits de bonne année conventionnels. Peut-être ont-ils en tête les photos d’elle alitée en Grèce pendant ce qui devait être un voyage de rêve pour assister à un colloque d’arts martiaux, il y a huit mois.

Je suis super contente d’avoir retrouvé mes consoeurs et confrères de karaté, lance-t-elle. J’ai repris en même temps que tout le monde en septembre. J’y vais vraiment de façon modérée et selon mes capacités de la journée même.

Elle a battu les pronostics, puisque les médecins croyaient qu’elle allait encore être en fauteuil roulant pendant la période des Fêtes.

Chaque jour présente encore ses défis particuliers. Elle a retrouvé une large portion de son indépendance, comme sa capacité de conduire sa voiture, et elle n’a plus besoin d’un déambulateur pour se déplacer.

Elle porte toutefois une chevillère pendant sa pratique du sport, puisque son pied droit est encore faible.

Un défi de tous les jours

Mélanie Bergeron Mc Andrew continue aussi de composer avec une plus grande fatigue qu’avant le déclenchement du Guillain-Barré, une maladie inflammatoire qui fait en sorte que les nerfs périphériques sont attaqués par le système immunitaire.

Chaque jour, elle ressent encore des douleurs aux chevilles, aux genoux et au bassin.

C’est comme des chocs électriques et des engourdissements au niveau des membres qui sont affectés [...] on ne sait pas si ce sont des cicatrices, que ça va rester comme ça et que ça va être permanent, ou si ça va s’améliorer avec le temps, explique la mère de deux enfants.

Elle a trouvé toutefois trouvé un régime de vie qui lui permet de limiter les douleurs, dans lequel le karaté occupe une place de choix.

Plus je bouge, moins j’ai de douleurs, donc je bouge!

Mélanie Bergeron Mc Andrew

Je travaille énormément tout ce qui est stabilité, mon équilibre, ma flexibilité. [Le karaté] me permet aussi de retrouver un peu de puissance dans mes jambes et aussi mon endurance. Ça fait du bien au mental également, explique celle qui dit vivre avec l’anxiété de faire face à une rechute.

La compétitrice avouée croit être à 60 % de ses capacités dans la pratique de son sport, puisque sa coordination n’est pas complètement revenue. Elle doit parfois se rappeler que le temps doit aussi faire son oeuvre.

Mélanie est persévérante et elle a la tête dure. Elle peut être très dure sur elle-même.

Mike Leclair, kyoshi

Ça reste difficile, parce que je voudrais en faire plus. Je suis très compétitive, je veux toujours me donner à 110 %, mais des fois, je suis consciente que je ne peux pas et je l’accepte, explique Mme Bergeron Mc Andrew.

Rien toutefois pour l’arrêter de travailler sur l’obtention de sa prochaine ceinture, la bleue, l’avant-dernière avant la ceinture noire de karaté.

Elle a fait le trois quarts du cheminement pour sa ceinture bleue et d’après moi, d’ici 2020 ou 2021, elle va avoir sa ceinture noire, mentionne Mike Leclair, son instructeur.

Pas même le syndrome de Guillain-Barré n'aura été en mesure de ralentir sa progression dans le sport qu’elle ne pratique que depuis deux ans.

Un groupe d'adultes et d'enfants qui font un mouvement de karatéMélanie Bergeron Mc Andrew pendant un entraînement de karaté à Gatineau Photo : Radio-Canada / Kim Vallière

Une soirée de sensibilisation à l’importance du don de plasma

Mélanie Bergeron Mc Andrew le dit sans hésiter : elle n’aurait pas pu continuer de vivre sa passion pour le karaté sans les 30 traitements de plasmaphérèse qu’elle a reçus depuis le début de sa maladie.

La cause des dons de plasma me tient vraiment à coeur. Je considère que c’est ce qui m’a sauvé la vie et qui m’a permis de recouvrer la santé plus rapidement, explique celle qui sera l’invitée d’honneur de portes ouvertes de Plasmavie à Gatineau, mardi 15 janvier.

Elle y témoignera de son expérience et utilisera l’événement pour remercier tous les gens qui ont fait des dons de plasma en son honneur.

Ottawa-Gatineau

Arts martiaux