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Le gouvernement impose un détour de 600 km à des bières brassées et vendues à Calgary

Une bière calgarienne parcourt 600 km entre une brasserie et le bar d'à côté

Les microbrasseries connaissent une grande popularité en Alberta, mais certains brasseurs s'inquiètent des politiques gouvernementales qui encadrent la distribution des produits alcoolisés. Certaines règles freinent l'essor des plus petites brasseries, à leur avis, en obligeant leur bière à parcourir de grandes distances avant d'atterrir dans les fûts.

Un texte de Sébastien Tanguay

Chaque bière servie par James Dobbin a parcouru la moitié de l'Alberta. Pourtant, le cofondateur de Revival Brewcade brasse chacune d'entre elles à la porte voisine.

Le gouvernement oblige à M. Dobbin de faire transiter ses bières par l'unique centre de distribution de produits alcoolisés de la province situé à Saint-Albert, en banlieue d'Edmonton.

Chaque bière doit donc se rendre à quelque 300 km de la microbrasserie où elle est fabriquée, puis en revenir pour être servie dans le quartier d'Inglewood de Calgary.

Lorsque notre bière est embouteillée, nous devons embaucher un transporteur pour l'acheminer au centre de distribution du gouvernement... Puis... on attend quelques jours, et il nous la renvoie.

James Dobbin, co-propriétaire de la microbrasserie Revival Brewcade

Chaque pinte aura donc fait un voyage de 600 km avant d'étancher la soif de la clientèle, dans le quartier qui l'a vue naître.

James Dobbin, co-propriétaire de la microbrasserie Revival Brewcade, sert une pinte à un client.Selon James Dobbin, les règles qui encadrent la distribution des produits alcoolisés dans la province nuisent aux petites entreprises comme la sienne. Photo : Radio-Canada / Helen Pike

Toutes les microbrasseries doivent acheminer leur produit au centre de Saint-Albert, qu'elles soient d'Edmonton ou de Medecine Hat.

« Le gouvernement possède un monopole », dénonce James Dobbin. « J'ai voyagé ailleurs au Canada, aux États-Unis et en Europe, et nulle part je n'ai vu ni entendu parler d'un tel système. L'Alberta semble être le seul endroit au monde avec un fonctionnement semblable. »

Sans ce passage obligé à Saint-Albert, les microbrasseries pourraient réduire considérablement le prix de leurs produits.

Si nous éliminions ces coûts d'expédition, nous réduirions de 25 % le prix de gros de nos bières.

James Dobbin, copropriétaire de la microbrasserie Revival Brewcade

Les microbrasseries qui produisent leur bière à même leur bar peuvent acheminer directement leur précieux liquide aux consommateurs, sans passer par Saint-Albert.

Plusieurs brasseurs démarrent toutefois leurs entreprises en utilisant les installations de brasseries établies.

James Dobbin regarde par la fenêtre, racontant qu'à son avis, le système présentement en place est trop bureaucratique et contraire à l'esprit d'entreprise qui anime les microbrasseurs.Lors d'un événement brassicole organisé en octobre dernier, James Dobbin n'a pas pu servir de bières en raison du temps qu'a mis le centre de distribution pour lui renvoyer ses produits. Photo : Radio-Canada / Helen Pike

C'est le cas de James Dobbin, qui loue les locaux de la brasserie Red Bison.

Il demande au gouvernement d'implanter un deuxième centre de distribution dans la métropole. La Commission des jeux et des liqueurs de l'Alberta rétorque cependant que la demande est trop faible pour justifier la création d'un second centre.

Le brasseur de Revival Brewcade aura ses propres installations dès la semaine prochaine. Il ne devra donc plus faire voyager sa bière jusque dans la capitale avant de la servir.

Une trentaine de microbrasseries de Calgary, toutefois, devront encore passer par Saint-Albert avant de permettre à leurs clients de trinquer.

Avec les informations d'Helen Pike

Alberta

Agro-industrie