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Glyphosate : des environnementalistes au N.-B. inquiets de la décision de Santé Canada

Des contenants du pesticide Roundup sur une tablette de magasin
Le pesticide Roundup de Monsanto Photo: Reuters / Yves Herman
Radio-Canada

La décision de Santé Canada de maintenir son approbation du glyphosate ravive l'inquiétude de groupes environnementalistes au Nouveau-Brunswick, alors que la province est celle où le produit est le plus utilisé au Canada.

Après avoir révisé des centaines d’études qui avaient justifié l’autorisation en 2017 du glyphosate, l'agence fédérale a réitéré vendredi dernier que les pesticides contenant cet ingrédient actif du Roundup de Monsanto étaient sans danger s'ils sont utilisés de manière appropriée.

La nouvelle déçoit Francine Lévesque, membre du groupe ÉcoVie du Restigouche Ouest.

Selon elle, le glyphosate s'attaque à la régénération naturelle de la forêt et est nocif pour la santé.

C'est un produit chimique, on doit éliminer ça autant que possible, insiste Mme Lévesque.

Pensons au niveau de la foresterie. L'arrosage en forêt, c'est de la destruction. On n'est pas en train de construire une forêt qui va avoir un avenir pour les générations futures, clame-t-elle.

Des opposants au glyphosate soutenaient que les études ayant motivé la décision initiale des instances gouvernementales avaient été manipulées par le géant de l’industrie agrochimique Monsanto.

Or, Santé Canada conclut que les objections soumises par les opposants ne peuvent être prouvées scientifiquement.

C’est une nouvelle équipe de 20 scientifiques, qui n'avaient pas participé à la réévaluation de 2017, qui avait été mise sur pied pour revoir les documents. Santé Canada assure par ailleurs n’avoir eu aucun échange avec Monsanto ou d’autres acteurs de l’industrie agrochimique dans le cadre de sa révision.

Un groupe de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a classé en 2015 le glyphosate comme étant une substance cancérigène probable pour l'homme.

En août 2018, un verdict historique a conclu qu’il y avait un lien entre le cancer d’un jardinier américain et deux herbicides à base de glyphosate fabriqués par Monsanto, le Roundup et le Ranger Pro. Ce jardinier, Dewayne « Lee » Johnson, s’est alors vu accorder plus de 78 millions de dollars américains. Monsanto, racheté l'an dernier par Bayer AG, a toujours nié la dangerosité du glyphosate et a fait appel du verdict.

L'utilisation du glyphosate au Nouveau-Brunswick

L'industrie forestière estime que l'utilisation du glyphosate est nécessaire pour demeurer concurrentielle. Après tout, 10 000 emplois directs dépendent de la foresterie au Nouveau-Brunswick, sans compter les milliers d'autres emplois indirects.

Par ailleurs, le glyphosate est utilisé plus fréquemment dans le secteur forestier au Nouveau-Brunswick comparativement à la moyenne canadienne.

Son utilisation en foresterie représente 61 % de toute son utilisation au Nouveau-Brunswick, soit plus de 104 000 litres épandus par année. Vient ensuite le secteur industriel avec 26 %, le milieu agricole qui représente 11 % de l'utilisation du glyphosate dans la province et, finalement, l'aménagement paysager avec environ 1 %.

La superficie forestière traitée au glyphosate dans la province représentait, en 2014, 40 % du total des terres forestières exploitées, le plus haut taux parmi tous les provinces et territoires.

Parmi les terres forestières traitées avec du glyphosate au Canada, 28 % se trouvaient au Nouveau-Brunswick, et ce même si la province ne représente que 0,7 % de tout le territoire canadien.

Avec les informations de Margaud Castadère

Nouveau-Brunswick

Environnement