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Accident d'autobus à Ottawa: un traumatisme à ne pas négliger

Un autobus accidenté autour duquel s'affairent des secouristes.
L'autobus accidenté de la station Westboro Photo: Radio-Canada / Twitter/@KarinaWieser
Radio-Canada

Face à des événements traumatiques comme l'accident d'autobus qui a fait trois morts à Ottawa vendredi, le simple fait de reprendre le cours normal de sa vie peut paraître impossible pour les personnes affectées. Il est néanmoins impératif d'y parvenir, estime Santé publique Ottawa, et de l'aide psychologique est disponible.

C'est difficile, dans un événement tragique comme ça, de continuer avec la routine, affirme Dre Vera Etches, médecin-chef en santé publique pour Santé publique Ottawa.

Malgré tout, il faut reprendre ses activités quotidiennes et garder contact avec ses proches. C'est normal d'avoir des appréhensions. Ce n'est pas normal de ne pas continuer avec la vie, déclare-t-elle.

Selon la médecin, plusieurs signes inquiétants sont à prendre au sérieux, dont les troubles du sommeil, l'anxiété prolongée, l'isolement, l'incapacité à se rendre au travail ou à monter dans l'autobus.

Dre Vera Etches répond aux questions d'une journaliste dans une salle de nouvelles.La médecin-chef en santé publique, Dre Vera Etches, de Santé publique Ottawa Photo : Radio-Canada

Les proches des victimes et les témoins immédiats de l'accident vont vivre des moments de détresse, mais l'impact de l'événement sera beaucoup plus vaste, prévient-elle également, étant donné la médiatisation importante de la collision de vendredi dernier.

Un événement comme celui-là peut affecter toute notre communauté.

Dre Vera Etches, médecin chef en santé publique pour Santé publique Ottawa

La médecin souligne qu'il est possible d'appeler la ligne de détresse de Santé publique Ottawa, de voir gratuitement un psychologue, avec ou sans rendez-vous, et même de parler de la situation avec son médecin de famille.

Par ailleurs, elle met en garde les personnes touchées contre le réflexe de refuser de l'aide simplement parce qu'ils se sentent bien dans les jours suivants l'accident. On peut penser que c'est correct, mais l'impact peut rester à long terme, pour plusieurs semaines et plusieurs mois, note-t-elle.

Parler pour survivre

Après avoir survécu à la collision entre un autobus et un train qui a fait six morts le 18 septembre 2013 à Ottawa, c'est de partager son expérience qui a sauvé Chad Mariage.Un des outils que j'ai utilisé, c'est d'en parler, le plus souvent possible, explique celui qui se trouvait au fond de l'autobus au moment de l'accident.

Chad Mariage répond aux questions d'une journalisteChad Mariage, survivant de l'accident d'autobus de septembre 2013 Photo : Radio-Canada

Il dit faire partie des chanceux, contrairement à d'autres qui ont subi des séquelles psychologiques graves. Le fait de relater sans cesse les détails de l'événement lui a permis de ne pas tomber dans une spirale où on se cause essentiellement des problèmes mentaux. Si on permet à notre imagination de partir, ça n'a pas de fin, confie M. Mariage.

Je ne me gênais pas, si quelqu'un me demandait comment c'était. Je leur parlais de mon expérience et en même temps, ça aidait leur curiosité et ça m'aidait à passer à travers les émotions.

Chad Mariage, survivant de l'accident de 2013

S'il n'a qu'un seul message à transmettre aux gens affectés par la tragédie de vendredi dernier, c'est de ne pas hésiter à partager leur expérience. Que ce soit à leurs amis, leurs proches, leur famille, même à leurs collègues, parlez-en le plus possible, insiste-t-il.

Il invite tous ceux qui sont affectés par les événements à se tourner vers les ressources à leur disposition. Qu'il s'agisse des ressources d'un employeur, de la Ville, de la police, peu importe, utilisez-les, il n'y a pas de honte, dit-il.

Avec les informations de Florence Ngué-No et de Kimberley Molina

Ottawa-Gatineau

Accident de la route