•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Racisme envers les Autochtones : la Commission des services policiers de Thunder Bay s'excuse publiquement

Un homme debout entouré par des personnes assises
L'avocat Thomas Lockwood, administrateur externe de la Commission des services policiers de Thunder Bay, était présent au cercle de réconciliation. Photo: CBC/Matt Prokopchuk
Radio-Canada

Comme elle l'avait promis en décembre dernier, la Commission des services policiers de Thunder Bay (CSPTB), dans le Nord-Ouest de l'Ontario, a tenu dimanche un cercle de réconciliation afin de s'excuser publiquement pour le racisme systémique envers les Autochtones dont a longtemps fait preuve le service de police local.

Je reconnais de tout coeur et sans réserve qu'il existe un racisme systémique dans cette organisation, a déclaré la présidente de la CSPTB, Celina Reitberger.

Une femme en chandail noir debout devant un microL'avocate retraitée Celina Reitberger a été nommée présidente de la Commission des services policiers de Thunder Bay en décembre 2018. Photo : CBC/Matt Prokopchuk

Dans sa mission de supervision du Service de police de Thunder Bay, la Commission a manqué à ses responsabilités envers les peuples autochtones de la communauté.

Celina Reitberger, présidente de la Commission des services policiers de Thunder Bay

L’organe donne ainsi suite à une importante recommandation des récents rapports du directeur indépendant de l’examen de la police, Gerry McNeilly, et du sénateur Murray Sinclair.

Dans le document qu’il a publié en décembre après avoir passé en revue des plaintes liées aux relations entre la police de Thunder Bay et les Autochtones, M. McNeilly a aussi recommandé la réouverture de neuf enquêtes sur la mort d’Autochtones.

Pour sa part, le sénateur Sinclair a demandé dans son rapport le démantèlement temporaire de la Commission des services policiers de Thunder Bay. La Commission civile de l’Ontario sur la police a, par la suite, nommé un administrateur externe, l’avocat Thomas Lockwood, pour une durée d’un an.

Ce dernier était présent à la rencontre de dimanche.

Au nom de la Commission, j'aimerais m'excuser auprès de chaque membre de la communauté autochtone de Thunder Bay pour l'existence du racisme systémique.

Thomas Lockwood, administrateur externe de la Commission des services policiers de Thunder Bay

Selon Celina Reitberger, les secteurs dans lesquels se manifeste l'échec de la CSPTB sont ceux de la planification stratégique et opérationnelle, la consultation dans le développement de la gouvernance et la reconnaissance des cas de violence et de racisme systémique envers les peuples autochtones de Thunder Bay.

Pour obtenir de nouveau leur droit de vote qu'ils ont perdu après la mise sous tutelle de la CSPTB, les membres de la Commission devront d'ailleurs suivre, vers la fin du mois de mars, une formation en compétence culturelle et en gouvernance.

Un geste énorme

Le chef des Premières Nations de Rainy River, Robin McGinnis, a aussi pris par au cercle de réconciliation.

C'est un geste énorme non seulement pour Thunder Bay, mais aussi pour tout le Canada. Thunder Bay n'est pas le seul endroit où il y a du racisme envers les Autochtones, indique-t-il.

L'examen conduit par M. McNeilly avait en effet été commandé en 2016 à la suite d'une plainte de la famille de Stacy Debungee, issu des Premières Nations de Rainy River et retrouvé mort dans la rivière McIntyre en octobre 2015.

Nous ne pouvons pas faire de progrès sans reconnaître le problème.

Robin McGinnis, chef des Premières Nations de Rainy River
Des personnes assises en cerclePrès de 300 personnes ont pris part au cercle de réconciliation au cours duquel la Commission a transmis ses excuses. Photo : CBC/Matt Prokopchuk

La CSPTB avait déjà reconnu sans équivoque la présence de racisme à l'égard des Autochtones au sein de la police, dans une déclaration émise lors de sa toute première rencontre après la publication des rapports de M. McNeilly et du sénateur Sinclair.

Mme Reitberger, membre de la Première Nation de Fort William, tenait toutefois à s'excuser publiquement par la tenue d'un cercle communautaire.

Une autre rencontre du genre, où les gens pourront parler de leurs expériences avec la police, est en cours de préparation.

Avec les informations de CBC News

Nord de l'Ontario

Forces de l'ordre