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Dix ans après l’expropriation, les contaminants d’AbitibiBowater toujours dans le sol de Terre-Neuve

Le site des anciennes propriétés d'AbitibiBowater à Grand Falls-Windsor.
Le site des anciennes propriétés d'AbitibiBowater à Grand Falls-Windsor Photo: Radio-Canada / CBC / Leigh Anne Power
Radio-Canada

Dix ans après la fermeture de la papetière d'AbitibiBowater à Grand Falls-Windsor et son expropriation par le gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador, le terrain sur lequel étaient situées les installations est toujours contaminé.

En guise de représailles pour la fermeture annoncée de son usine, le premier ministre de l’époque, Danny Williams, avait fait adopter une loi retirant à AbitibiBowater ses vastes droits acquis d’utilisation des ressources naturelles provinciales, notamment les produits de la forêt et l’eau.

L’usine a depuis été démolie. Junior Downey, qui a été employé de la papetière pendant 36 ans, affirme que des contenants de BPC, de vieilles huiles de machinerie et d’autres contaminants se trouvent sous terre.

Junior Downey.Junior Downey a travaillé 36 ans à la papetière d’AbitibiBowater. Photo : Radio-Canada / CBC / Leigh Anne Power

Au fil des ans, la compagnie a enfoui un peu de tout. Quand ils voulaient enterrer quelque chose, ils n’avaient qu’à creuser un trou et le jeter dedans.

Junior Downey, ex-employé.

Le maire de Grand Falls-Windsor, Barry Manuel, a entendu des histoires similaires et affirme que le site, qui appartient à la province, est pollué par divers contaminants.

La province responsable d’une décontamination coûteuse

Faisant valoir l’argument du pollueur-payeur, Terre-Neuve-et-Labrador avait l’intention de faire payer AbitibiBowater pour la décontamination de ses anciens sites.

Mais en décembre 2012, la Cour suprême du Canada a statué qu’une entreprise pouvait se soustraire aux coûts de décontamination de ses terrains lorsqu'elle se place sous la protection de la loi sur les arrangements avec les créanciers. C’était donc à Terre-Neuve-et-Labrador d’assumer les coûts de la décontamination des anciennes propriétés d’AbitibiBowater.

Un développement qui ne voit jamais le jour

Le site pourrait se prêter à des projets de développement. Des propositions d’y construire des hôtels ou des condominiums ont été évoquées, mais il est hors de question d’aller de l’avant si les lieux ne sont pas nettoyés.

La Municipalité ne détesterait pas non plus se porter acquéreuse des terrains, mais le conseil municipal ne veut pas hériter des risques environnementaux qui les accompagnent.

Photo d'archives de l'ancienne usine d'AbitibiBowater à Grand Falls-Windsor.Photo d'archives de l'ancienne usine d'AbitibiBowater à Grand Falls-Windsor. Photo : Radio-Canada

Al Hawkins, député provincial de Grand Falls-Windsor-Buchans, ancien maire de Grand Falls-Windsor et ancien ministre des Transports et des Travaux, ne croit pas que la décontamination du site aura lieu à moins que la décision d’y construire quelque chose ne soit prise, ou qu’une fuite ou un écoulement de produit toxique ne s’y produise.

Quant à l’avocat William Amos, qui représentait en 2012 le groupe environnemental Friends of the Earth et qui est aujourd’hui député fédéral de Pontiac, au Québec, il croit que Terre-Neuve-et-Labrador n’a tout simplement pas l’argent pour payer la décontamination.

En 2012, la province estimait qu’un nettoyage complet du site pourrait coûter jusqu’à 100 millions de dollars.

D’après un reportage de Leigh Anne Power, de CBC

Avec les informations de CBC

Terre-Neuve-et-Labrador

Industrie forestière