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Après avoir frôlé la mort, un Québécois tentera à nouveau de traverser l'Atlantique

Après avoir frôlé la mort, un Québécois tentera de nouveau de traverser l'Atlantique
David Rémillard

L'océan Atlantique a brisé son bateau, mais il n'a pas brisé sa volonté. Même s'il a failli y laisser sa peau à la première tentative, Joseph Gagnon essaiera de nouveau de rejoindre le continent européen à la rame, quelque part à l'été 2020.

Le jeune homme de 21 ans avait « la certitude » qu'il allait mourir quand une puissante vague a fait chavirer son embarcation, à un peu plus de 250 kilomètres des côtes de l'Irlande, à l'été 2017.

Avec Brian Conville, un Irlandais, il avait complété 95 % de son trajet après un périple de 37 jours amorcé depuis Terre-Neuve.

Sous la tempête, l'eau était froide et il lui était impossible de contacter les secours. « On commençait à se poser des questions », raconte-t-il à Radio-Canada.

Heureusement, la balise de détresse, que Joseph Gagnon n'arrivait pas à retrouver, s'est déclenchée par elle-même, quatre heures après le naufrage.

Un hélicoptère est enfin apparu, et après 12 heures à la merci de l'Atlantique, les deux rameurs océaniques ont été secourus.

Une fois sa vie sauvée, le doute s'est emparé du Québécois. « On se met à penser à autre chose. J'ai perdu le bateau, je n'ai pas fini la traversée et que je n'ai pas réussi à compléter ça... », se disait-il.

« Après plusieurs semaines de réflexion, j'ai réussi avec la résilience à passer par dessus et à voir que j'ai gagné beaucoup plus que ce que j'ai perdu. »

Deux ans plus tard, il voit cette expérience comme un cadeau.

Je pense qu'il n'y a pas meilleure préparation pour la prochaine traversée que d'avoir vécu cette tempête qui nous a fait chavirer.

Joseph Gagnon, rameur océanique

Frôler la mort en mer

En solitaire

La traversée de 2017 se voulait une préparation dans le but d'éventuellement compléter l'exploit en solitaire, comme l'a fait la rameuse Mylène Paquette en 2013. Cette dernière suit d'ailleurs de près les activités de Joseph Gagnon. « Elle m'a toujours encouragé et toujours aidé depuis le début », indique-t-il.

Fort de son propre parcours et des enseignements prodigués par d'autres qui partagent sa passion, il entrevoit d'un bon oeil sa prochaine tentative.

« C'est pas quelque chose qui est fait régulièrement une traversée de l'océan à la rame. C'est en amassant tous les témoignages et ces idées-là qu'on est capable de se préparer. »

À la lumière de ses apprentissages, des ajustements de sécurité seront réalisés sur son embarcation pour éviter de chavirer, mais aussi faciliter son travail s'il se retrouvait à nouveau submergé.

« On va déplacer les poids sur le bateau pour le rendre plus stable et éventuellement installé des kits de survie accessibles », explique-t-il.

Pour les jeunes

En attendant le grand départ, projeté pour l'été 2020, le jeune homme continuera de donner des conférences sur ses expériences et se mettra à la recherche de commanditaires.

Car derrière cette idée un peu casse-cou se cache une démarche bien précise.

Joseph Gagnon souhaite inspirer les jeunes qui éprouvent des difficultés à l'école, comme il en a lui-même vécues.

« Je veux montrer qu'on peut faire de grandes choses malgré un parcours scolaire qui est parfois très difficile. »

Son autre idée est de « rallier les deux continents », lui qui possède les nationalités canadienne et française.

Contre vents et marées, le jeune homme ne lâchera pas prise facilement. « Ma traversée pour moi, c'est un rêve. »

Avec les informations de Marc-Antoine Lavoie

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