•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

La venue de Rahaf Mohammed Al-Qunun au Canada pourrait créer un mouvement

Deux femmes
Rahaf Mohammed Al-Qunun à son arrivée à l'aéroport Pearson. Photo: La Presse canadienne / Chris Young

Le cas de Rahaf Mohammed Al-Qunun a suscité l'attention médiatique partout sur le globe. À 18 ans, la Saoudienne est devenue le symbole mondial des droits des femmes et son sauvetage réussi pourrait maintenant encourager d'autres personnes en détresse à se tourner vers les médias sociaux pour appeler à l'aide.

La campagne lancée sur Twitter par Mme Al-Qunun a été un succès. Elle a rapidement pu trouver refuge au Canada. Mais son accueil rapide pourrait avoir des conséquences. C'est une vision très accélérée qui pourrait entraîner d'autres demandes et c'est peut-être ça l'une des questions qui se posent : à l'avenir, est-ce que tout le monde, toutes les femmes en danger vont se servir des médias sociaux?, indique l'ancien ambassadeur à la retraite, Ferry De Kerckhove.

L'ex-diplomate estime que les médias sociaux représentent un outil puissant et facilement accessible, à la disposition des femmes en danger. C'est fort probable qu'à l'avenir, vous aurez d'autres cas, ajoute M. De Kerckhove.

Le gouvernement Trudeau a aussi envoyé un message très fort en faisant pavaner la jeune Rahaf Mohammed Al-Qunun devant les médias, peu de temps après son arrivée à l'aéroport Pearson. La jeune Saoudienne s'est présentée vêtue d'un chandail aux couleurs du Canada, au bras de sa nouvelle alliée, la ministre Chrystia Freeland. Ces images ont été largement retransmises.

Rahaf Mohammed Al-QununRahaf Mohammed Al-Qunun s'est réfugiée à Bangkok, en Thaïlande, avant d'être accueillie par le Canada. Photo : Associated Press / Sakchai Lalit

Selon l'activiste et blogueuse saoudienne Omaima Al Najjar, qui vit aujourd'hui en Italie, le dossier Rahaf Mohammed Al-Qunun est devenu incontrôlable pour les autorités saoudiennes. Elle croit que l'histoire de la jeune femme pourrait inspirer un autre mouvement féministe pour abolir la tutelle exercée par les hommes dans son pays d'origine.

Cette affaire pourrait déclencher un nouveau mouvement en Arabie saoudite.

Omaima Al Najjar, activiste et blogueuse saoudienne

Le constat est le même pour la journaliste spécialiste du Moyen-Orient, Sarah Aziza. Davantage de Saoudiennes pourraient décider de quitter leur famille pour demander l'asile dans un autre pays. Déjà, il existe un réseau clandestin de femmes qui s'entraident pour planifier leur fuite.

Elles ne font pas toujours la manchette, mais ces femmes s'échangent déjà des astuces et des moyens pour réussir à s'échapper du pays, explique-t-elle.

Sarah Aziza entrevoit cependant les contrecoups négatifs de l'accueil de Mme Al-Qunun au Canada. Des hommes saoudiens pourraient, selon elle, décider de réprimer davantage leurs femmes et leurs filles pour les décourager. La victoire de Mme Al-Qunun leur aura servi d'appel à la prudence.

Sous haute sécurité

Depuis son arrivée au pays, Mme Al-Qunun est logée dans un endroit qui a été gardé secret. L'organisme Costi, qui s'occupe de la réinstallation de la jeune femme au Canada, a indiqué que la résidence temporaire de Mme Al-Qunun était surveillée 24 heures sur 24.

Compte tenu qu'on fait face à un pays [l'Arabie saoudite] qui n'a pas hésité à dépecer un journaliste, vous vous rendez compte qu'il y a une inquiétude.

Ferry De Kerckhove, ambassadeur retraité

Mme Al-Qunun a aussi déjà évoqué sa volonté d'apostasie, ce qui pourrait la rendre encore plus vulnérable. Le danger est absolument réel, même si elle est au Canada, on ne sait jamais quel hurluberlu déciderait de faire justice au nom de l'Islam, au nom d'un fanatisme, alors que l'islam n'appelle absolument pas à ce genre de comportement, croit M. De Kerckhove.

Campagne de financement participatif

Une campagne de financement participatif a été lancée sur le site GoFundMe pour contribuer à l'installation de la Saoudienne au Canada. En une demi-journée, plus d'une centaine de donateurs avaient déjà contribué à la campagne, pour un montant total de près de 10 000 $.

Le descriptif de la campagne indique que commencer une nouvelle vie avec uniquement les vêtements sur votre dos est intimidant, surtout en raison de l'hiver canadien qui peut être rude. Le texte fait aussi mention du prix élevé pour des bottes et un manteau.

Sa nouvelle famille canadienne veut créer un fonds pour elle.

Descriptif de la campagne de financement participatif
La demandeuse d'asile saoudienne Rahaf Mohammed Al-Qunun en compagnie de la ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland.Rahaf Mohammed Al-Qunun en compagnie de la ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland. Photo : La Presse canadienne / Chris Young

Les instigateurs de la campagne demandent au public d'y contribuer pour appuyer Mme Al-Qunun « dans sa quête de liberté ». Certaines personnes ont déjà contribué en donnant jusqu'à 250 $.

Sur Twitter, la jeune Saoudienne de 18 ans semble au courant de la mise sur pied de cette campagne de financement participatif, puisqu'elle a publié le lien vers la page web.

Droits et libertés

International