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Faut-il tenir une commission sur le bilinguisme au Nouveau-Brunswick?

 Une affiche où s'est écrit english français avec une icône d'un homme devant un bureau.

L'idée de faire une commission suscite réflexion, même si elle n'est pas officielle.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

L'idée de tenir une commission sur le bilinguisme au Nouveau-Brunswick continue de faire son chemin. Un groupe de pression estime qu'il s'agit d'une occasion de renforcer le dialogue entre les communautés linguistiques. Toutefois, un expert craint que cette potentielle commission soit utilisée pour remettre en question les acquis des francophones.

Cette commission aurait pour objectif de comprendre pourquoi il y a nettement plus de francophones bilingues que d’anglophones qui parlent les deux langues.

La SANB pour

Invité à se prononcer, Robert Melanson, le président de la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB) s’est dit en faveur de la tenue d’une pareille commission.

Il y a un schisme au Nouveau-Brunswick. Les deux communautés sont complètement séparées. On l’a vu aux dernières élections, la carte est complètement divisée.

Il faut trouver une façon de dialoguer.

Robert Melanson, président de la Société de l'Acadie du Nouveau-Brunswick

Une commission sur la question du bilinguisme serait l’occasion de provoquer des discussions avec deux solitudes qui sont en train de s’éloigner, juge-t-il. Là, tout ce qu’on entend, ce sont des discours qui divisent.

Robert Melanson lors d'une entrevue avec une journaliste.

Robert Melanson se dit pour une commission sur le bilinguisme afin d'améliorer le dialogue entre les communautés linguistiques de la province.

Photo : Radio-Canada

Il faut pouvoir aborder les enjeux linguistiques de front, juge-t-il. On doit tout mettre sur la table, les frustrations, ce qui ne va pas et pourquoi.

Pour moi, ce sont des discussions qui peuvent être saines sans nécessairement mettre le blâme sur qui que ce soit.

Toutefois, Robert Melanson précise qu’en aucun cas il ne doit être question de revenir sur les acquis des francophones. On veut être égaux aux anglophones. C’est seulement de cette façon que l’on va communiquer avec eux, d’égal à égal.

Un avocat spécialiste prudent

Pour sa part, Michel Doucet, un avocat spécialiste des droits linguistiques et militant bien connu des droits pour les minorités reste prudent avec la proposition de tenir une telle commission.

Il craint qu’ouvrir le débat sur le bilinguisme soit une occasion récupérée par les opposants au bilinguisme pour remettre en question l’ensemble de la dualité linguistique du Nouveau-Brunswick.

Il faut rester très prudent pour s’assurer qu’on n’ouvre pas cette brèche-là.

Michel Doucet, avocat et expert en droits linguistiques
Michel Doucet en entrevue avec une journaliste.

Michel Doucet estime que l'objectif de la commission est louable, mais craint que cela ne soit récupéré pour remettre en question les droits des francophones.

Photo : Radio-Canada

Cependant, les questions soulevées sont légitimes, selon lui. On sait que le bilinguisme chez les anglophones ne dépasse même pas 15% après 50 ans de bilinguisme.

On peut se questionner : est-ce que le système d’éducation anglophone en fait suffisamment?

La proposition d'un maire

L’idée de tenir une commission a été lancée sur la place publique par le maire d'Edmundston, Cyrille Simard, ce mois-ci. Il a rencontré le ministre de l’Éducation Dominic Cardy pour discuter de sa proposition jeudi.

Le ministre a ensuite indiqué qu’il était ouvert à tenir une discussion sur l’état des langues de la province, mais lors d’un sommet au lieu d’une commission.

Pour leur part, le Parti libéral du Nouveau-Brunswick ainsi que le Parti vert se sont montrés d’accord avec la tenue de la commission telle qu'initialement proposée.

L’Alliance des gens estime quant à elle que c’est une question qui fait l’objet de déjà beaucoup d’acharnement. Elle encourage l’apprentissage des deux langues officielles, mais ne juge pas nécessaire la tenue d’une commission en bonne et due forme.

Selon des données de Statistiques Canada en 2016, le tiers de la population du Nouveau-Brunswick est bilingue.

Cependant, entre 2011 et 2016, le taux de bilinguisme a augmenté de seulement 1,7% dans la province. C’est la plus petite croissance parmi les provinces et territoire du pays pour cette période.

Finalement, toujours selon les données de 2016, la majorité des personnes bilingues au pays sont de langue maternelle française.

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