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Explosion à Paris : quatre morts et des interrogations

Les recherches, qui se sont poursuivies la nuit dernière, continuaient dans la matinée dimanche avec 55 pompiers sur place.
Les recherches, qui se sont poursuivies la nuit dernière, continuaient dans la matinée dimanche avec 55 pompiers sur place. Photo: Getty Images / THOMAS SAMSON
Radio-Canada

L'explosion due à une fuite de gaz survenue samedi dans une boulangerie du 9e arrondissement de Paris a fait une quatrième victime. Les pompiers ont extirpé un corps des décombres dimanche, a annoncé le parquet de Paris.

Il s'agirait d'une femme de 28 ans qui habitait l'immeuble, juste au-dessous de là où s'est produite l'explosion. Les autorités étaient à sa recherche à la suite de la déflagration.

« Le corps est en cours d'identification », a déclaré à la presse le commandant des sapeurs-pompiers de Paris, Éric Moulin.

Le petit ami de la jeune femme a prévenu les autorités qu’elle manquait à l’appel. Selon lui, elle se trouvait dans le salon de l'appartement au moment de l'explosion. Il a lui-même été secouru par les pompiers après l’explosion.

« Il nous manque malheureusement encore une personne qui vraisemblablement serait sous les décombres », avait déclaré plus tôt le commandant Éric Moulin.

Les pompiers en première ligne

Deux sapeurs-pompiers et une touriste espagnole ont trouvé la mort dans l'explosion attribuée à une fuite de gaz; une cinquantaine de personnes ont été blessées, dont neuf se trouvent en situation d'« urgence absolue ».

Avant l’explosion, six pompiers ont été dépêchés sur les lieux en raison de la fuite de gaz, rapporte le journal français Le Figaro. Deux d'entre eux s’affairaient à couper l’alimentation alors que les quatre autres s'étaient rendus aux étages supérieurs pour aviser les habitants de ne pas sortir de leur logement.

Les deux pompiers chargés de couper le gaz ont été trouvés morts à l'arrivée des secours, indique Le Figaro, tout comme la touriste espagnole « qui se trouvait dans la rue ».

Par ailleurs, un des quatre autres pompiers sur place est resté enseveli sous les décombres pendant deux heures après la déflagration avant d’être secouru et transporté dans un hôpital de la capitale.

Le lieutenant-colonel Gabriel Plus, porte-parole des Sapeurs-Pompiers de Paris, a confié au Figaro que Maxime Acard allait « très bien ».

« Il présente des blessures superficielles, il a eu beaucoup de chance, mais il est très choqué. Cette intervention a été terrible pour lui. Il s'est engagé avec ses camarades qu'il connaissait depuis longtemps et sait qu'ils ne sont plus là aujourd'hui », a-t-il déclaré.

Les recherches continuent

L'explosion qui a touché samedi une boulangerie du IXe arrondissement de Paris est liée à une fuite de gaz. L'explosion qui a touché samedi une boulangerie du IXe arrondissement de Paris est liée à une fuite de gaz. Photo : Getty Images / CARL LABROSSE

Les recherches, qui se sont poursuivies la nuit dernière, continuaient dans la matinée avec 55 pompiers sur place.

« Nous déblayons à la main dans des zones sécurisées, pierre par pierre, les chiens continuent de chercher », a déclaré Éric Moulin. Selon le commandant, « l'onde de choc s'est propagée dans les quatre rues adjacentes sur environ 100 mètres ».

Les autorités ont évacué 24 immeubles au total dans la zone de l'explosion. La préfecture de police de Paris a condamné 12 bâtiments. Une centaine de personnes ont été évacuées des immeubles et hôtels adjacents, rapporte la chaîne de télévision LCI.

En parallèle, les bâtiments qui ont été fragilisés par l'explosion et évacués sont consolidés au fur et à mesure.

L’enquête a été confiée à la direction régionale de la police judiciaire pour déterminer les causes de la tragédie.

La mairesse de Paris, Anne Hidalgo, a indiqué sur son compte Twitter que 38 personnes ont été hébergées « par la Ville de Paris à la suite de l'explosion rue de Trévise » la nuit dernière. Des douzaines d’autres résidents ont trouvé refuge chez des amis ou de la famille.

Des fonds sont amassés par l’association des pompiers de Paris pour aider les familles du caporal-chef Simon Cartannaz et du sapeur de première classe Nathanaël Josselin, qui sont morts pendant l’intervention. La somme récoltée atteignait 190 000 $ dimanche midi.

Le réseau de gaz montré du doigt

Le réseau de gaz de la capitale est « dans un état de vétusté avancé », estimait samedi Alexandre Vesperini, élu du VIe arrondissement et membre de la commission supérieure de contrôle du gaz, dans un entretien publié sur le site du Parisien.

« Ce type d'accidents peut se reproduire à de très nombreux endroits dans la capitale. Le réseau parisien est en effet dans un état catastrophique », ajoutait le conseiller.

Face à ce début de polémique, la mairie de Paris et le fournisseur de gaz GRDF assurent du bon entretien du réseau parisien.

« Rien ne permet de relier à ce stade l'accident dramatique de la rue de Trévise à un problème sur le réseau collectif. La police judiciaire enquête et déterminera la cause de la fuite qui a provoqué la déflagration », a fait savoir la ville dans un message à Reuters.

« L'ancienneté d'un réseau n'est pas un critère pertinent pour juger de sa sécurité, ajoute la mairie. Le réseau parisien, dont l'exploitation et l'entretien sont confiées à GRDF, fait l'objet d'une surveillance constante. Il est régulièrement modernisé et le taux de fuite est en baisse continue. »

Avec les informations de Reuters

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