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Registre québécois des armes à feu : la grogne persiste chez les propriétaires

Le reportage de Michel Marsolais
Michel Marsolais

Il reste à peine un peu plus de deux semaines aux propriétaires d'armes pour s'inscrire au nouveau registre québécois pour les armes d'épaules. Un registre qui suscite toujours la grogne comme en témoigne le faible nombre d'armes enregistrées jusqu'à maintenant.

Au Salon de l’arme et du Militaria de Longueuil, rares sont les propriétaires de fusil de chasse qui sont en faveur du nouveau registre que Québec appliquera à la fin du mois.

Jusqu'à présent, le succès du registre est mitigé. Un peu plus de 305 000 carabines ont été enregistrées sur 1,6 million d’armes en circulation, soit à peine 20 %.

« Les gens ne sont pas contents. Il faut constater qu'il y a 500 000 propriétaires d'armes qui ont retardé, pour l'instant, l'immatriculation de leurs armes au Québec. Il y a un mouvement assez important, assez intense de la part de ces propriétaires-là », raconte Claude Avon, président de l'Association des collectionneurs d'armes du Bas-Canada et organisateur du salon.

« Les gens qui sont en dehors de la loi, ils s'en foutent. Ça aide comment [le registre]? On dépense beaucoup d'argent pour quelque chose qui n'est vraiment pas nécessaire. Le reste du Canada n’a pas besoin d'enregistrer les armes d'épaules, pourquoi nous », se demande Waschke Axel, président du club de tir de Pointe-Claire.

Une page du formulaire du gouvernement du Québec pour l'immatriculation d'une arme à feu.Les propriétaires d'armes à feu ont jusqu'à la fin du mois de janvier 2019 pour enregistrer leur fusil. Photo : Radio-Canada

Les divisions persistent sur la question des armes et le clivage entre villes et régions est flagrant.

Ainsi, le conseil municipal du canton de Potton a même voté une résolution demandant au gouvernement du Québec de changer son fusil d'épaule sur la question du registre.

« Je ne crois pas que le système va aider au niveau de la criminalité. Ils n’iront pas vérifier dans les réserves, les groupes criminels ou les très riches qui ont des armes très chères », dit un autre propriétaire d’arme.

Une résistance qui était attendue

Six ans après la fin du registre fédéral, Québec a lancé son propre registre à la satisfaction des survivantes de la tuerie de Polytechnique qui ont mené le combat pour l'obtenir.

« C'est certain qu'on s'attendait à de la résistance, mais on pense que si le gouvernement envoie le message clair que les amendes vont s'appliquer, ça va en grande partie faire tomber le boycott », estime Heidi Rathjen, de Poly se souvient.

Le registre devait coûter 20 millions de dollars à implanter et environ 5 millions par année à administrer. Plusieurs chasseurs pensent que l’argent aurait été mieux investi ailleurs.

« Les armes à feu, c'est une question d'éducation », croit Roland Bertoldi du Centre d’entreposage d’armes. « Il n’y a pas d'autres solutions. Moi, mes parents m'ont habitué jeune à les manipuler et à être sécuritaire. Mes enfants ont appris à manipuler des armes et il n’est jamais rien arrivé »

Les propriétaires qui n'auront pas immatriculé leurs armes d'ici le 29 janvier s'exposent à des amendes allant de 500 à 5000 dollars. Mais plusieurs vont continuer à s'opposer au registre notamment en portant des gilets orange tous les lundis.

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