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La sécurité des autobus à deux étages remise en question

Un autobus accidenté se fait remorquer.
Le niveau de sécurité des autobus à deux étages est remis en question par des experts. Photo: Radio-Canada / Raphael Tremblay

Alors que les autorités assurent qu'il est sécuritaire de voyager en transport en commun à Ottawa, des chauffeurs d'OC Transpo et des experts remettent en question l'utilisation des autobus à deux étages, dans la foulée de l'accident mortel survenu vendredi.

Même si OC Transpo offre une formation spécialisée à ses chauffeurs, certains d'entre eux refusent de conduire ce type d'autobus, a confirmé le président de la section locale 729 du Syndicat uni des transports, Clint Crabtree, au téléphone.

Un ancien chauffeur d'autobus d'Ottawa, Claude Gravel, prétend pour sa part que plusieurs chauffeurs craignent ce type de véhicule.

Les conducteurs n'aiment pas cet autobus-là, il est difficile à contrôler, surtout quand le vent les frappe.

Claude Gravel, ancien chauffeur pour OC Transpo

Le niveau de sécurité du véhicule inquiète également des experts.

Érick Abraham, ingénieur et associé de recherche à Polytechnique Montréal, déplore l'absence de pare-chocs au deuxième étage. L'avant de cet autobus [...] n'est pas conçu pour résister à un impact à ce niveau-là, fait-il observer, faisant référence à l'accident de vendredi.

Difficiles à conduire

En entrevue, la professeure au Département d'informatique et d'ingénierie de l'Université du Québec en Outaouais, Ilham Benyahia, a expliqué qu'un chauffeur ne peut pas faire de mouvements brusques au volant de ce type de véhicule. Puisqu'ils sont très sensibles au vent, à la vitesse et à la répartition du poids, ces autobus requièrent une technique particulière.

En cas de perte de contrôle, le temps nécessaire pour ramener un véhicule de deux étages est de trois à quatre fois plus long qu'avec un véhicule classique, a ajouté Mme Benyahia.

En tant qu'usager, les forts vents qui font parfois tanguer la structure sont épeurants, complète M. Gravel. Désormais simple usager d'OC Transpo, il n'apprécie pas particulièrement les véhicules à deux planchers.

Je les ai pris à quelques reprises. Moi, je reste en bas [...], c'est plus sécuritaire.

Claude Gravel, ancien chauffeur pour OC Transpo

Les autorités se veulent rassurantes

Qu'à cela ne tienne, le chef du SPO, Charles Bordeleau, a cherché à rassurer les usagers du transport en commun, samedi.

Le système de transport d'Ottawa est très sécuritaire, a-t-il insisté, reconnaissant toutefois qu'il est normal pour le public de s'inquiéter. Le nombre de passagers qu'OC Transpo transporte chaque jour [se compte en] millions, et le nombre d'accidents [est] très minime.

En conférence de presse la veille, le directeur général d'OC Transpo, John Manconi, s'est défendu de laisser circuler des véhicules non sécuritaires.

Depuis l'accident qui a fait six morts en 2013, les nouveaux autobus à deux étages sont équipés d'un pare-chocs, a-t-il rappelé. Il n'a cependant pas pu préciser si le véhicule impliqué dans la collision de vendredi en était muni ou non.

Avec les informations de Martin Robert

Accident de la route

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