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Pour Donald Trump, la paralysie historique pourrait être réglée en « 15 minutes »

Gros plan du président Donald Trump qui arbore une casquette sur laquelle il est écrit : Make America Great Again »
La paralysie partielle des administrations américaines va entrer samedi dans son 22e jour et devenir le plus long « shutdown » de l'histoire des États-Unis. Photo: The Associated Press / Jacquelyn Martin
Agence France-Presse

Le président Donald Trump a assuré samedi que la paralysie partielle des administrations fédérales des Etats-Unis, qui est devenu la plus longue de l'histoire du pays, pourrait être « réglée en 15 minutes ». Le record a été battu samedi, dépassant ainsi les 21 jours de paralysie pendant l'ère Bill Clinton en 1995-1996.

Aucun compromis n'a pu être trouvé entre le président républicain, qui réclame 5,7 milliards de dollars pour construire un mur antimigrants à la frontière avec le Mexique, et les démocrates, farouchement opposés au projet, jugé « immoral », coûteux et inefficace pour lutter contre l'immigration clandestine.

Samedi matin, Donald Trump a multiplié les tweets appelant l'opposition démocrate à « revenir à Washington » pour mettre un terme à ce qu'il a appelé « l'horrible crise humanitaire à la frontière sud ».

Les démocrates pourraient régler le “shutdown” en 15 minutes! Appelez votre sénateur ou représentant démocrate. Dites-leur de faire leur boulot! Crise humanitaire.

Donald Trump, président des États-Unis

Il a aussi fait référence aux critiques parues dans le journal américain Washington Post sur son absence de plan pour relancer le gouvernement.

« En fait, il n'y a presque personne à la Maison-Blanche, sauf moi, et j'ai un plan pour le “shutdown” », a-t-il écrit.

Pas d'état d'urgence « immédiat »

Le milliardaire républicain avait toutefois assuré vendredi ne pas vouloir déclarer « si vite » une procédure d'urgence nationale qui lui permettrait d'utiliser des fonds déjà approuvés par le Congrès pour financer la construction du mur à la frontière.

« Ce que nous ne cherchons pas à faire pour l'instant est l'urgence nationale », a-t-il ajouté après des jours de spéculation sur le recours à une telle procédure conférant des pouvoirs exceptionnels au président.

Selon plusieurs médias américains, la Maison-Blanche envisagerait de rediriger des fonds d'aide d'urgence pour différents territoires ravagés par des catastrophes naturelles, comme Porto Rico, pour financer la construction d'une barrière à la frontière.

Sans salaire

Au Congrès, aucun compromis ne pointe à l'horizon. Le Sénat a suspendu sa séance vendredi en début d'après-midi et ne se réunira pas de nouveau avant lundi.

Et pour la première fois vendredi, les 800 000 fonctionnaires fédéraux affectés par la paralysie de l'État n'ont pas touché leur salaire.

Depuis le 22 décembre, la moitié d'entre eux, jugés « non essentiels », ont été placés en congé sans solde, tandis que l'autre moitié a été réquisitionnée.

La Chambre des représentants a approuvé à une écrasante majorité vendredi une loi, déjà votée par le Sénat, garantissant aux employés fédéraux qu'ils soient payés rétroactivement, une fois la paralysie terminée. Il revient désormais au président de la promulguer.

Ce type de mesure est courant aux États-Unis lorsque le pays traverse de telles impasses budgétaires. Mais elle ne concerne pas les millions de contractuels également affectés.

Plusieurs ministères essentiels, comme ceux de la Sécurité intérieure, de la Justice ou des Transports, sont touchés par cette paralysie.

Des fonctionnaires « pris en otages »

Les principaux syndicats du transport aérien – pilotes de ligne, personnel navigant, contrôleurs aériens – ont dénoncé jeudi une situation qui se détériore, évoquant des risques accrus pour la sécurité du pays.

Un terminal de l'aéroport international de Miami sera fermé par intermittence, de samedi à lundi, à cause du manque de personnel. Une manifestation à Washington a par ailleurs rassemblé selon les syndicats plus de 2000 employés du gouvernement, qui ont exprimé leur inquiétude sur la dégradation de leurs conditions de vie.

« On a des factures à payer. Nous devons payer notre prêt hypothécaire », a expliqué un employé civil des gardes-côtes, dont l'épouse travaille pour une association à but non lucratif.

« Heureusement, nous avons un peu d'économies pour vivre, mais ça ne va pas durer très longtemps », a-t-il ajouté, estimant que les fonctionnaires étaient « pris en otages » par le président républicain.

De nombreuses initiatives privées ou publiques, comme des repas gratuits ou des foires à l'emploi pour les fonctionnaires au chômage technique, sont organisées dans tout le pays.

Une paralysie prolongée du gouvernement fédéral aurait « un effet notable » sur la première économie du monde, a mis en garde dans la semaine le patron de la Banque centrale américaine, Jerome Powell.

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