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La CSDM aux prises avec une pénurie d'éducateurs dans les services de garde

Des sacs à dos d'élèves accrochés sur un mur
Le recrutement d'éducateurs en service de garde est devenu une préoccupation à la CSDM. Photo: CBC/Robert Short
Radio-Canada

Après les enseignants, la pénurie de main-d'œuvre touche cette fois les services de garde en milieu scolaire. Le défi de recruter et de retenir ces travailleurs est tel que certaines commissions scolaires ont dû revoir leurs critères d'embauche à la baisse.

Un texte de Dominic Brassard, de l'émission Le 15-18

À la Commission scolaire de Montréal (CSDM), on cherche des solutions à ce problème qui préoccupe tout autant les parents, les directions d'écoles et le syndicat des employés de soutien.

« C'est épeurant! lance Rachel Demers, vice-présidente de l'Association professionnelle du service administratif (APPA). Au syndicat, je vous dirais que c'est ma pire année au niveau de la pénurie. »

Elle affirme que de nombreux postes d'éducateurs sont affichés chaque semaine, mais qu'une faible proportion est comblée.

À l'APPA, qui représente 5500 membres répartis dans deux commissions scolaires, on explique cette pénurie par les conditions de travail des éducateurs des services de garde en milieu scolaire. Les horaires sont souvent entrecoupés (matin, midi et soir), et les heures de travail sont limitées. D'ailleurs, selon le syndicat, la moitié des 1800 travailleurs qu'il représente ont une semaine de travail de 26 heures et moins.

La présidente de la CSDM, Catherine Harel-Bourdon, reconnaît que ce type d'horaire ne facilite en rien le recrutement. « Si les gens ont accès à un plus grand nombre d'heures, par exemple dans des centres de la petite enfance ou dans des garderies, ils vont choisir quelque chose où ils ont plus d'heures en continu », reconnaît-elle.

De son côté, la représentante des parents au conseil des commissaires de la CSDM, Imane Allam, est inquiète. Elle a elle-même travaillé comme éducatrice dans un service de garde de la CSDM et elle considère que cette pénurie entraîne une diminution de la qualité des services, en plus de poser un certain risque.

Ça crée même un danger sur la sécurité des enfants. Parce qu'il y a des adultes qui peuvent se retrouver avec 30, 35 élèves, donc le ratio est largement dépassé.

Imane Allam

À son avis, il est alors impossible que les éducateurs effectuent une surveillance appropriée. À ce sujet, Imane Allam cite en exemple le cas médiatisé d'un élève d'une autre commission scolaire qui a quitté le service de garde de son école pour retourner à la maison, sans que personne ne s'en rende compte.

Les étudiants postsecondaires à la rescousse?

L'APPA souhaite une amélioration des conditions de travail pour faciliter le recrutement et la rétention des éducateurs dans les écoles. Les horaires, le nombre d'heures de travail et les salaires font partie des éléments à revoir, selon le syndicat.

La CSDM évalue en ce moment l'ampleur de la pénurie. En attendant de trouver une solution à long terme, la commission scolaire se doit d'embaucher des éducateurs sans formation, mais qui ont une expérience de travail pertinente avec les enfants.

À court terme, Catherine Harel-Bourdon précise que la CSDM doit recruter autrement. « On lance un appel à tous les étudiants collégiaux et universitaires qui ont des possibilités à certaines heures d'envoyer leur nom et leur cv pour peut-être faire des remplacements. Surtout si ces gens-là ont travaillé dans des camps [de jour]. C'est très intéressant pour nous. »

Grand Montréal

Éducation