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Futur parc Mary-Griffin : l'expropriation coûtera 24 millions

Une pelle mécanique hydraulique.
De la machinerie lourde est apparue sur le site au printemps dernier pour amorcer les travaux d'excavation. Photo: Facebook (Spotted Griffintown)
Jérôme Labbé

Pour créer le parc Mary-Griffin, dans l'arrondissement du Sud-Ouest, la Ville de Montréal versera 24 millions de dollars à la compagnie expropriée, qui utilisait le site comme stationnement commercial.

La décision a été avalisée à huis clos par le comité exécutif lors de sa première réunion de l'année, mercredi.

Le sommaire décisionnel soumis aux élus stipule que le propriétaire du site, la Compagnie d'Immeuble Bona ltée, a été informé en juin 2015 de son expropriation prochaine. Depuis, une indemnité provisionnelle de 11,9 millions de dollars lui a été versée.

Le site était utilisé par un locataire qui y exploitait un terrain de stationnement commercial depuis plus de 30 ans.

Les activités de stationnement sur le site ont cessé le 31 décembre 2016. Trois semaines plus tard, la Ville de Montréal prenait officiellement le contrôle du site.

Le propriétaire réclamait plus de 36 millions de dollars en indemnités. Mais « après plusieurs échanges entre les experts des parties », peut-on lire dans le sommaire décisionnel, « les parties ont convenu d’une entente pour fixer l’indemnité totale à la somme de 24 000 000 $ en capital, intérêts et frais [...] et ainsi éviter les frais d’une audition devant le TAQ [Tribunal administratif du Québec, NDLR] et les risques de condamnation à une somme supérieure ».

Le chèque sera bientôt émis à l'ordre de Davies Ward Philipps & Vineberg, en fidéicommis, précise le document. La totalité des dépenses sera imputée à la ville-centre, et non à l'agglomération.

Le site en question est délimité par les rues Ann, Dalhousie, William et Ottawa. Il mesure 8325 mètres carrés.

Une fois transformé en parc, ce dernier portera le nom de Mary Griffin, qui a donné son nom au quartier de Griffintown. Cette initiative, soutient la Ville, s'inscrit dans la volonté de la Ville de graver plus de noms de femmes dans le paysage urbain montréalais.

Un bassin de rétention (Nouvelle fenêtre) qui permettra de favoriser le captage, la rétention et l'infiltration des eaux de pluie devra préalablement être construit en sous-sol au coût de 35 millions de dollars.

Qui était Mary Griffin?

Mary Griffin était mariée à Robert Griffin, un fabricant de savon, propriétaire de la première maison de Griffintown et premier caissier de la Banque de Montréal.

En 1803, elle acquiert un immense terrain – qui correspond aujourd'hui au quartier de Griffintown, qu'on appelait à l'époque le « fief Nazareth » – auprès de Patrick Langan, un partenaire peu scrupuleux de l'homme d'affaires et politicien irlandais Thomas McCord, qui l'avait mis en charge de ses affaires en son absence.

M. McCord, qui était en Irlande au moment de la vente, conteste à son retour la transaction devant les tribunaux, mais ce n'est qu'au terme d'une longue saga judiciaire qu'il obtient finalement justice, en 1810.

Entre-temps, par contre, le terrain avait été divisé en lots par l'arpenteur Louis Charland et les résidents avaient pris l'habitude de nommer leur quartier « Griffintown ». Le patronyme est resté, et ce, malgré toutes les tentatives de Thomas McCord pour effacer le nom de sa fondatrice.

Avec la collaboration de Benoît Chapelaine

Grand Montréal

Politique municipale