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Un employé chinois de Huawei arrêté pour espionnage en Pologne

Un homme fume une cigarette devant l'entrée d'un magasin Huawei.
L'employé de Huawei aurait agi de son propre chef. Photo: Associated Press / Ng Han Guan
Reuters

La Pologne a arrêté un employé chinois de Huawei ainsi qu'un ancien membre des services de sécurité polonais aujourd'hui employé d'Orange Polska pour des soupçons d'espionnage, alimentant la controverse autour du fabricant chinois de téléphones.

Un porte-parole des services de sécurité polonais a toutefois déclaré à Reuters que les soupçons portaient sur des actes individuels et n'étaient pas directement liés à Huawei Technologies.

Le groupe chinois est le premier fabricant de téléphones au monde, avec un chiffre d'affaires de 93 milliards de dollars en 2017, mais plusieurs pays occidentaux redoutent que Pékin n'utilise ses infrastructures à des fins d'espionnage.

Aucune preuve n'a jusqu'ici été apportée pour étayer ces soupçons, et le groupe a réfuté à de nombreuses reprises ces accusations.

La controverse a toutefois conduit plusieurs pays occidentaux à restreindre l'accès à leurs marchés.

Soupçonnés d'espionnage

Stanislaw Zaryn, un porte-parole des services de sécurité polonais, a expliqué que l'Agence de sécurité intérieure du pays avait arrêté un ressortissant chinois et un ancien responsable des forces de sécurité polonais le 8 janvier sur des soupçons d'espionnage.

Les deux hommes ont été informés des accusations les visant et seront détenus trois mois, a-t-il précisé.

« Cela concerne ses actions, cela n'a rien à voir avec le groupe pour lequel il travaille », a expliqué le porte-parole à propos du ressortissant chinois.

Selon une personne au fait du dossier, un salarié de Huawei nommé Wang Weijing a été arrêté mais n'a pas été inculpé.

D'après son profil LinkedIn, il travaille pour la division polonaise de Huawei depuis 2011 et a auparavant occupé la fonction d'attaché au consulat général chinois à Gdansk de 2006 à 2011. Il n'a pas répondu dans l'immédiat à une demande de commentaire adressée par le biais du réseau social.

La chaîne de télévision publique polonaise TVP a pour sa part rapporté que le ressortissant polonais était un ancien officier de l'Agence de sécurité intérieure et que les services de sécurité avaient perquisitionné les bureaux de son actuel employeur, Orange Polska, filiale d'Orange.

Perquisitions aux bureaux de Huawei

Des bureaux de Huawei ont également fait l'objet de perquisitions ainsi que le siège de l'Autorité polonaise des télécoms, a précisé la chaîne.

Dans un communiqué, Huawei a dit être au courant de la situation mais ne pas avoir de commentaire à faire pour le moment.

« Huawei respecte toutes les lois et règles en vigueur dans les pays où il opère, et nous exigeons de chaque employé qu'il se conforme aux lois et règles dans le pays où il est basé », a indiqué l'entreprise.

Le ministère chinois des Affaires étrangères s'est quant à lui dit fortement préoccupé et a demandé que l'affaire soit traitée équitablement.

Orange également visé

Orange Polska a déclaré que « des membres de l'agence de sécurité intérieure polonaise avaient conduit mardi des procédures d'investigation concernant un de [ses] employés », dont la société n'a pas révélé l'identité.

« Nous ignorons si cela a quelque chose à voir avec son travail professionnel », a déclaré un porte-parole d'Orange Polska.

La maison-mère Orange a également dit son intention de répondre aux demandes d’informations qui pourraient lui être faites dans le cadre de l'enquête en cours.

« Le groupe prendra toutes les mesures nécessaires pour protéger ses intérêts dans le respect de la présomption d’innocence et également des intérêts de sa filiale et de ses clients », a ajouté le premier opérateur de télécommunications français dans une déclaration transmise à Reuters, ajoutant ne pas disposer d'information particulière sur l'enquête à ce stade.

Inquiétudes occidentales

Huawei est au centre de l'attention depuis plusieurs mois alors que plusieurs pays, dont l'Australie, la Nouvelle-Zélande et le Japon, ont emboîté le pas des États-Unis en excluant le fabricant de leurs marchés.

En décembre, la directrice financière de Huawei, Meng Wanzhou, avait été arrêtée au Canada à la demande des États-Unis, qui soupçonnent Huawei d'avoir enfreint les sanctions américaines contre l'Iran, ce qui a exacerbé les tensions avec la Chine au moment où Washington et Pékin sont engagés dans un conflit commercial plus vaste.

Pour Ewan Lawson, chercheur au Royal United Services Institute à Londres, les arrestations en Pologne pourraient renforcer les inquiétudes occidentales.

« Cela met en lumière les sortes de connexion qui pourraient exister entre l'appareil de renseignement étatique et des compagnies privées chinoises », a-t-il dit.

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