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Le projet pilote d'Uber élargi à Eva, un concurrent

L'application Eva, ouverte sur une téléphone mobile.
Eva est une jeune pousse fondée en 2017 par deux Québécois. Photo: Radio-Canada
Jérôme Labbé

Le gouvernement Legault autorise la jeune coopérative québécoise Eva à exercer ses opérations sous le projet pilote qui encadre déjà les activités d'Uber depuis 2016.

Dévoilée par Le Soleil vendredi matin, la nouvelle a été confirmée au cours de la journée par le ministre des Transports, François Bonnardel.

Dans un bref communiqué, M. Bonnardel précise qu'Eva ne pourra exercer ses activités qu'à Montréal, Québec et Gatineau, soit le même territoire que celui concédé à Uber.

« La modernisation de l’industrie du transport de personnes est une priorité pour le gouvernement du Québec », écrit-il. « L’arrivée d’un nouveau joueur est dans l’intérêt des usagers de la route, qui auront une option supplémentaire pour leurs déplacements. »

« Avec cette annonce, nous permettons à une nouvelle entreprise québécoise de démarrer ses activités », ajoute le ministre.

Le modèle coopératif d’Eva amènera une valeur ajoutée au projet pilote.

François Bonnardel, ministre québécois des Transports

Pour permettre à Eva d'exercer ses activités en respectant la loi, le ministre Bonnardel a dû modifier le Projet pilote concernant des services de transport rémunéré de personnes demandés exclusivement par application mobile, qui avait été adopté en 2016 pour encadrer les pratiques d'Uber face aux traditionnels taxis. Le projet, qui devait prendre fin en octobre 2018, avait été prolongé d'un an par le gouvernement Legault le 12 octobre dernier.

Ainsi, les chauffeurs d'Eva seront soumis sensiblement aux mêmes conditions que ceux d'Uber. Ils devront par exemple suivre une formation obligatoire de 35 heures, qui sera bientôt offerte sur Internet.

Appelé à commenter la décision du ministre Bonnardel, le porte-parole d'Uber Canada, Jean-Christophe de Le Rue, a salué « l’arrivée d’une option supplémentaire en mobilité partagée », promettant du même souffle qu'Uber continuera à offrir « un service toujours plus fiable, sécuritaire et abordable afin de convaincre toujours plus de Québécois de délaisser l’auto solo qui cause la congestion et la pollution ».

Une coop toute québécoise

Tout comme Uber, Eva offre un service rémunéré de transport de personnes grâce à une application mobile qui met en lien des chauffeurs et des utilisateurs, à la différence près que son siège social est situé au Québec, et non aux États-Unis. Mais Eva fonctionne selon un modèle coopératif, avec des membres qui ont droit à des ristournes.

« On remarque que le covoiturage commercial [...] devient de plus en plus populaire et on pense que les ressources qui sont engendrées par ce type d'industrie là devraient rester au niveau local, d'où le modèle coopératif et d'où l'alternative québécoise que nous avons développés », a expliqué à Radio-Canada l'un des deux cofondateurs d'Eva, Dardan Isufi, qui se présente comme le « chef d'orchestre opérationnel » du projet.

Autre disparité notable entre Uber et Eva : cette dernière ne prélève que 15 % des frais facturés aux utilisateurs, plutôt que les 25 % exigés par le géant américain. La différence est empochée par le chauffeur, explique M. Isufi.

M. Isufi, en entrevue dans un studio de Radio-Canada.Dardan Isufi, cofondateur d'Eva. Photo : Radio-Canada

Actuellement, la plateforme, qui fonctionne en mode bêta, compte environ 100 conducteurs et 1000 passagers. Elle devrait être lancée officiellement dans trois à quatre semaines; d'abord à Montréal, puis à Québec, et enfin à Gatineau. À terme, ses fondateurs souhaiteraient toutefois pouvoir étendre le service à d'autres villes québécoises comme Sherbrooke, Saguenay ou Trois-Rivières, voire en Ontario, ne serait-ce que pour permettre aux utilisateurs gatinois de pouvoir se rendre à Ottawa.

La coopérative de transport a été fondée en 2017 par M. Isufi et Raphaël Gaudreault, respectivement originaires de Granby et de Saguenay. L'application fonctionne grâce à la technologie des chaînes de blocs, qui permet l'utilisation d'une base de données décentralisée.

Ses fondateurs, qui dénonçaient l'été dernier l'approche du gouvernement Couillard en matière de transport rémunéré de personnes, expliquent que la négociation a été beaucoup plus facile avec l'arrivée au pouvoir de la Coalition avenir Québec.

« Avec le précédent gouvernement, après neuf mois de discussions, on ne frappait que des murs, que des murs, que des murs », a répété M. Isufi vendredi. « Et là, avec le nouveau, ça a pris deux, trois mois, et voilà qu'on est opérable. Donc oui, il y a eu une très grande ouverture à ce niveau-là et on continue vraiment de coopérer avec l'actuel ministre des Transports et son ministère, parce qu'il y a un désir certain de pérenniser l'actuel projet pilote dans un projet de loi conforme à toute forme de covoiturage commercial. »

Avec les informations de La Presse canadienne

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