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Un policier traque un délinquant sexuel à Regina en se faisant passer pour une adolescente

Un homme chauve est assis devant deux écrans d'ordinateur.
Rodney Barras pensait clavarder avec Aurora, une jeune fille de 15 ans, quand il a reçu une réponse à son annonce en ligne qui recherchait « une jeune fille autochtone à l’esprit ouvert qui pourrait bénéficier d’un revenu supplémentaire ». Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

Un policier a traqué un délinquant sexuel en se faisant passer pour une adolescente de 15 ans.

Avertissement : cet article contient des détails explicites qui pourraient ne pas convenir à certains lecteurs

Rodney Barras pensait clavarder avec Aurora, une adolescente de 15 ans, quand il a reçu une réponse à son annonce en ligne à travers laquelle il recherchait « une jeune fille autochtone à l’esprit ouvert qui pourrait bénéficier d’un revenu supplémentaire ».

CBC a obtenu la copie d’un mandat de perquisition qui révèle comment un agent de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) l’a piégé en se faisant passer pour une adolescente.

Le mandat indique qu’en juin 2016, les autorités ont trouvé l’annonce que Rodney Barras avait mis en ligne sur le site Craigslist. Cette trouvaille a mené à une enquête secrète de la GRC.

En 2015, Rodney Barras avait déjà attiré l’attention de CBC alors qu’il dirigeait le site web pour détenues américaines Babes-Behind-Bars.com. Une enquête avait révélé que l’homme avait un historique d’abus sexuels envers des enfants au Canada et aux États-Unis.

Il avait par la suite changé son nom de famille pour Clarke, mais aurait toutefois continué à traquer des mineurs.

Le mandat contient des dizaines de courriels et de textos échangés pendant près de trois semaines entre Rodney Barras et le policier. L’homme utilisait un ordinateur depuis le sous-sol d’une résidence située sur l’avenue College, en plein cœur de Regina.

À plusieurs reprises, Rodney Barras a demandé à Aurora de lui faire parvenir des photos d’elle dénudée.

Au cours des jours qui ont suivi, la conversation est devenue de plus en plus intime. À un certain moment, il lui a envoyé la photo d’un homme chauve et musclé, en affirmant qu’il s’agissait de lui. Le mandat note toutefois que le policier estime que l’image est vieille de « 10 à 15 ans ».

Rodney Barras a de nouveau encouragé Aurora à lui faire parvenir des photos où elle est nue. Il lui a ensuite envoyé une photo d’un pénis masculin en érection, en prétendant qu’il s’agissait du sien.

Il a finalement été accusé en juillet 2016. Il a été condamné un an plus tard à 18 mois d’emprisonnement. Après avoir purgé les deux tiers de sa peine, il a été libéré en juillet dernier.

Il lui est formellement interdit d’avoir accès à internet, de posséder du matériel pornographique ou de se trouver dans des lieux publics où des enfants sont présents.

Un exemple « absolument classique »

Curtis Kemp, un ancien policier de Regina qui menait des enquêtes similaires, explique que le cas de Rodney Barras est un exemple « absolument classique » du fonctionnement des prédateurs sexuels en ligne.

Un homme barbu est assis devant des plantes.Curtis Kemp avait l'habitude de mener des enquêtes en ligne sur l'exploitation sexuelle pour le compte de la police de Regina. Photo : Radio-Canada / Aldo Columpsi

Selon lui, même si de nombreux parents avertissent leurs enfants des dangers d’être en contact avec des étrangers en ligne, les prédateurs sexuels réussissent souvent à faire croire aux enfants qu’ils sont leurs amis.

Auparavant, les parents connaissaient l’entourage de leurs enfants en interceptant des appels téléphoniques. D’après Curtis Kemp, les médias sociaux ont éliminé cet « intermédiaire ».

« Il n’y a plus de filtre maintenant. Le fait d'entrer dans la tête d'un enfant est un concept effrayant », dit-il.

Curtis Kemps ajoute qu’il est essentiel que les policiers laissent la cible diriger la conversation pour éviter toute apparence de piège auprès d’un suspect constamment sur ses gardes. Il explique que, tout au long de son mandat, il s’est toujours présenté comme étant une jeune fille de 14 ans qui vit avec sa tante et son oncle sur une ferme à l’extérieur de Regina. « Et j’étais Californienne et j’aimais les chevaux et les chiens », illustre-t-il.

L’ex-policier ajoute que les prédateurs sexuels en ligne sont généralement très stratégiques et prennent leur temps.

Les délinquants de ce type ont une patience infinie. Ils vont dorloter un mineur durant des jours, des mois, voire des années.

Curtis Kemp, policier à la retraite

Une stratégie qui implique, pour les prédateurs, de tenter d’éveiller la curiosité et le désir chez leur cible.

D’après Curtis Kemp, les parents devraient considérer le cas de Rodney Barras comme un avertissement. Il leur suggère d’ailleurs de surveiller les activités de leurs enfants en ligne.

« Avez-vous un œil sur ce que vos enfants font en ligne? Avez-vous une politique qui vous donne 100 % accès à ce qu’ils font en tout temps? », questionne-t-il.

Avec les informations de Geoff Leo de CBC

Saskatchewan

Justice et faits divers