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Toronto donne 14 jours aux sans-abri de « Tent City » pour quitter les lieux

On aperçoit les dernières tentes encore debout dans le campement de « Tent City ».
Les derniers locataires de « Tent City » devront avoir quitté les lieux dans 14 jours. Photo: Radio-Canada / Jean-Philippe Nadeau
Jean-Philippe Nadeau

Les tentes qui ont été installées sous l'autoroute Gardiner à l'angle de Spadina devront être démantelées et leurs résidents devront quitter les lieux d'ici deux semaines. La directive de la Municipalité concerne aussi les itinérants qui ont élu domicile sur les trottoirs du centre-ville. La Ville leur offrira une aide pour les convaincre d'aller dans des refuges.

Des résidants de « Tent City » semblent ne pas avoir attendu le dernier jour de l'ultimatum de la Ville pour quitter le terrain vague qui s'étend sous l'autoroute Gardiner. Ici, des détritus jonchent le sol à perte de vue. Seules cinq tentes aux couleurs bigarrées sont toujours debout. D'autres, sales ou déchirées, ont été démontées et traînent sur le terrain.

Peu de résidents sont présents. Un pitbull garde l'abri de son propriétaire absent. La seule âme qui vive en ce froid sibérien est quelqu'un qui trie des bouteilles dans une poubelle devant sa tente. Ici, tout ce qui est recyclable vaut de l'or.

L'homme au visage émacié refuse de nous parler, même sans micro, ou de se faire prendre en photo. Il confirme toutefois qu'il a bien reçu un avis d'éviction de la Ville.

Le responsable des communications à la Ville de Toronto, Brad Ross, affirme qu'il est strictement interdit d'installer des abris sous les autoroutes et dans les ravins qui ceinturent la métropole. Il précise néanmoins qu'il est nécessaire de s'assurer que les itinérants sont en sécurité et qu'ils peuvent bénéficier d'un abri chaud lors des vagues de froid intense.

On aperçoit des déchets sous l'autoroute Gardiner dans un terrain à moitié abandonné par des itinérants.Des détritus sous l'autoroute Gardiner dans un terrain à moitié abandonné par des itinérants. Photo : Radio-Canada / Jean-Philippe Nadeau

Bien des occupants de « Tent City » refusent toutefois de déménager dans les refuges de Toronto. Les plus audacieux utilisent des bonbonnes de propane pour se chauffer à l'intérieur de leur tente de fortune.

Brad Ross explique que le personnel de Streets to Homes continue d'approcher les itinérants pour leur offrir toute l'aide dont ils pourraient profiter et pour leur suggérer d'aller dans un refuge.

La création de lieux comme « Tent City » n'est pas nouvelle à Toronto. M. Ross observe cependant que le phénomène a pris de l'ampleur, si bien que des sans-abri vivent dans certains cas en bordure même des autoroutes, ce qui représente un danger pour eux. L'utilisation du propane pose un autre risque à la sécurité et à la santé, à cause des incendies et du monoxyde de carbone, poursuit M. Ross. Tout le monde doit être en sécurité, dit-il.

On aperçoit des bonbonnes de propane vides sous l'Autoroute Gardiner après leur utilisation comme source de chaleur.Des bonbonnes de propane vides après leur utilisation comme source de chaleur. Photo : Radio-Canada / Jean-Philippe Nadeau

M. Brad mentionne que les itinérants ne seront pas mis à l'amende. Nous reviendrons dans 14 jours sur les différents sites pour démanteler les cabanes et les tentes qui auront été abandonnées ou non et nous offrirons des services de logement à ceux qui n'auront pas quitté les lieux.

Les groupes qui défendent les intérêts des sans-abri affirment que la Ville est insensible à leur réalité, en particulier en période de froid polaire comme cette semaine.

Ces personnes ont recours à des abris de fortune parce qu'elles tentent de survivre à l'extérieur, explique la militante Cathy Crowe, qui est infirmière de formation. Mme Crowe contredit par ailleurs la Municipalité, qui soutient qu'il existe de la place dans les refuges même pour ceux qui ne chercheraient qu'un moment de répit cet hiver.

On aperçoit l'une des tentes encore habitées en bordure de l'autoroute Gardiner.L'une des tentes encore habitées de « Tent City » en bordure de l'autoroute Gardiner. Photo : Radio-Canada / Jean-Philippe Nadeau

Il n'y a pas de place dans les abris et l'avis d'éviction des autorités arrive à un bien mauvais moment, dit-elle. La Ville a dû ouvrir et aménager neuf centres temporaires pour accommoder les itinérants par période de grand froid, mais ce ne sont pas des refuges.

Mme Crowe déclare que 1000 personnes y ont séjourné en une nuit seulement cette semaine. Un record. Cela montre bien qu'il n'y a tout simplement pas assez de place dans les refuges traditionnels, si la Ville utilise ces centres temporaires en période de froid intense.

On aperçoit la militante Cathy Crowe dehors sur un trottoir par temps froid à Toronto.La militante Cathy Crowe croit qu'il y a une crise de l'itinérance à Toronto. Photo : Radio-Canada / Philip Lee-Shanok

La militante soutient que la Ville devrait ouvrir des abris dans des bâtiments, comme Metro Hall dans la rue Wellington ou encore le manège militaire, rue Jarvis, avec la collaboration des autorités fédérales ou provinciales. Le maire de Toronto devrait surtout décréter l'état d'urgence à cause de la crise des sans-abri, conclut-elle.

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