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Les géants du numérique doivent financer la production de contenu, défend Radio-Canada

Une femme a un ordinateur posé sur ses jambes.
Regarder du contenu Netflix sur son ordinateur est populaire Photo: Getty Images / wutwhanfoto
Radio-Canada

Radio-Canada demande à Ottawa de forcer les géants du numérique à financer la production de contenu canadien. Dans un mémoire publié dans le cadre de l'examen de loi sur la radiodiffusion, la société d'État réclame que les services comme Netflix et Amazon soient réglementés par le CRTC et soumis aux mêmes exigences que les diffuseurs canadiens.

Un texte de Daniel Thibeault

Le constat de la présidente-directrice générale de CBC/Radio-Canada est clair : sans une contribution des géants étrangers du numérique, l’écosystème médiatique canadien ne peut pas fonctionner.

« Si un joueur médiatique comme Netflix, comme Amazon, comme Apple [...] retire des revenus des Canadiens, dit Catherine Tait, il faut absolument qu’ils réinvestissent un montant. Peut-être 2 %, peut-être 5 %, mais l’idée c’est de contribuer au système canadien. »

C’est l’une des recommandations formulées par la société d’État dans un document remis ce matin au groupe chargé par le gouvernement fédéral de moderniser le système de radiodiffusion au Canada et d’appuyer la création de contenu canadien.

Sans critiquer de front la décision du gouvernement Trudeau de ne pas taxer les services de Netflix, Catherine Tait croit que le statu quo n’est pas viable. « Si on voit la continuation que la plupart des revenus passent par ces géants-là, on a un problème pour le système, c’est sûr. »

Catherine Tait, présidente-directrice générale de CBC/Radio-CanadaCatherine Tait, présidente-directrice générale de CBC/Radio-Canada Photo : Radio-Canada

Radio-Canada croit aussi que les fournisseurs de services Internet et de services sans fil devraient être mis à contribution.

Dans un univers où de plus en plus de Canadiens se tournent vers le web ou les appareils mobiles, les fournisseurs de services devraient être forcés de contribuer à la production de contenu canadien.

Le document suggère la remise d’un « petit pourcentage fixe de leurs revenus » pour financer la programmation canadienne. Le mémoire propose que le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) supervise ce système, comme il le fait déjà pour les contributions imposées aux câblodistributeurs.

Y a-t-il un risque que les consommateurs se voient refiler la facture? « Oui, c’est toujours difficile si ça tombe aux consommateurs de payer pour cela, dit la PDG de Radio-Canada, mais on a vu dernièrement que Netflix a augmenté leur abonnement et puis […] les Canadiens continuent de s’abonner. Si les services ont de la valeur, les gens vont payer. »

Moderniser le mandat de Radio-Canada

Radio-Canada réclame aussi plus de flexibilité dans la façon dont ses services peuvent être livrés aux Canadiens. La loi actuelle oblige la société d’État à offrir des services de radio et de télévision. Catherine Tait voudrait plutôt pouvoir utiliser « tout moyen technologique connu ou à venir » pour s’adapter aux progrès et aux changements dans les habitudes d’écoute des Canadiens.

« C’est sûr que dans les régions au Nord du pays, il y aura la radio pour encore 10 ou 15 ans, parce que si on n’a pas l’Internet là-bas, on ne va pas les abandonner » explique-t-elle. « Mais dans la ville de Montréal par exemple, il y aura peut-être des services numériques uniquement. On parle de 5 à 10 ans […] Ce n’est pas pour demain, mais il faut envisager un avenir numérique. »

Un financement stable

Radio-Canada souligne l’importance d’un financement « suffisant et prévisible » pour remplir adéquatement son mandat. Catherine Tait n’avance ni formule ni chiffre, et propose plutôt le modèle allemand, où la loi prévoit que le financement « doit être suffisant pour garantir l’existence et le développement de la radiodiffusion publique ».

« On ne peut pas demander à Radio-Canada ou à CBC de remplir son mandat sans avoir les moyens de le faire » dit-elle.

Sans une modification à cette formule, la présidente de Radio-Canada lance un avertissement. « C’est sûr qu’il y aura une réduction de service et il y aura des choix à faire et ça va être des choix très difficiles. »

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