•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Manifestation contre la fermeture de l'usine de General Motors

Des centaines de travailleurs du syndicat Unifor rassemblés à Windsor.
Des centaines de travailleurs du syndicat Unifor rassemblés à Windsor. Photo: Radio-Canada

Des centaines de travailleurs du syndicat Unifor venant de différentes régions de l'Ontario se sont rassemblés à Windsor pour tenter, à nouveau, de convaincre General Motors de maintenir son usine de production à Oshawa.

Le message lancé à GM est clair : Si vous voulez vendre ici, vous devrez produire ici, résume le président d'Unifor, Jerry Dias.

Le syndicat refuse de jeter l'éponge, même si la direction de General Motors a réitéré cette semaine son intention de fermer l'usine d'Oshawa d'ici la fin de l'année.

Je refuse de me faire dire que c'est inévitable.

Jerry Dias, président du syndicat Unifor

Il affirme que si GM ne revient pas sur cette décision, qui touche 2500 employés, les ventes de l'entreprise au Canada s'en ressentiront.

Les consommateurs canadiens sont déjà en train de les punir et ça va continuer ainsi, dit-il.

Jerry Dias, président du syndicat Unifor, parle aux manifestants rassemblés à Windsor. Jerry Dias, président du syndicat Unifor, parle aux manifestants rassemblés à Windsor. Photo : Radio-Canada

Dans son discours, Jerry Dias a accusé la présidente-directrice générale de GM, Mary Barra, de cupidité et de mépris total envers la population alors que l'entreprise a annoncé, vendredi, une hausse anticipée de revenus pour 2019.

Le rassemblement s'est d'ailleurs déroulé au moment où les actionnaires de GM se rencontraient de l'autre côté de la rivière Détroit, au siège social de l'entreprise, mentionne le syndicat.

Jerry Dias au rassemblement des travailleurs d'Unifor à Windsor. Jerry Dias au rassemblement des travailleurs d'Unifor à Windsor. Photo : Radio-Canada

Le syndicat demande aussi à Justin Trudeau et à Doug Ford d'organiser une rencontre avec Mary Barra.

Les premiers ministres du Canada et de l'Ontario doivent dire à GM qu'ils sont dégoûtés par la décision.

Jerry Dias, président du syndicat Unifor

La porte-parole du premier ministre Ford Ivana Yelich souligne que M. Ford a déjà dit qu'il était déçu que GM ferme son usine d'Oshawa, mais qu'il est très clair que la compagnie ne changera d'avis. Son gouvernement veut continuer à adopter des mesures pour favoriser les investissements et la création d'emploi.

Plusieurs politiciens de la région de Windsor ont pris part au rassemblement, dont la députée provinciale pour le NPD Lisa Gretzky. Le maire de la Ville, Drew Dilkens, n'était pas présent.

Campagne publicitaire

Plus tôt cette semaine, le syndicat a lancé une publicité accusant le constructeur automobile de vouloir transférer sa production au Mexique.

En 2017, GM a annoncé l'augmentation du volume de l'assemblage dans deux usines de ce pays.

Une annonce payée par Unifor, publiée vendredi dans le « Windsor Star ». L'annonce se lit ainsi: « Les contribuables canadiens ont fourni à GM une aide financière de 11 milliards de dollars. Maintenant, GM dit vouloir fermer l'usine d'Oshawa tout en augmentant sa production au Mexique. Pourquoi nos emplois et nos produits devraient-ils aller au Mexique? GM, vous voulez vendre ici, construisez ici. »Une annonce payée par Unifor, publiée vendredi dans le « Windsor Star ». L'annonce se lit ainsi : « Les contribuables canadiens ont fourni à GM une aide financière de 11 milliards de dollars. Maintenant, GM dit vouloir fermer l'usine d'Oshawa tout en augmentant sa production au Mexique. Pourquoi nos emplois et nos produits devraient-ils aller au Mexique? GM, vous voulez vendre ici, construisez ici. » Photo : Radio-Canada / Marine Lefevre

Le consultant Dennis DesRosiers, spécialiste de l'industrie de l'automobile, prédit toutefois que les efforts d'Unifor pour faire revenir GM sur sa décision seront vains puisque l'entreprise ne peut soutenir la concurrence sans fermer son usine d'Oshawa, selon lui.

Le noeud du problème est que General Motors perd des parts de marché, affirme-t-il.

Le consultant ajoute que l'avenir de l'industrie automobile réside dans les véhicules électriques et autonomes, ce sur quoi General Motors a dit vouloir mettre l'accent.

Le chroniqueur automobile Benoit Charette abonde dans le même sens.

Quand GM prend une décision, généralement, on ne revient pas sur cette décision.

Benoit Charette, chroniqueur automobile

Selon lui, le Canada devrait investir dans la recherche et le développement puisque les emplois manufacturiers iront où ça coûte le moins cher.

Convertir l'usine d'Oshawa?

Jerry Dias croit que l'usine d'Oshawa pourrait servir à la production de véhicules électriques.

Ce sont des véhicules à quatre roues, pas des vaisseaux spatiaux, nous pouvons les construire ici, estime-t-il.

Or, selon Dennis DesRosiers, la demande n'est pas suffisante.

Il est trop tôt pour une usine de production, mais il n'est pas trop tôt pour tenter d'obtenir des emplois rattachés au développement de nouvelles technologies pour les véhicules électriques et autonomes, dit Dennis DesRosiers, en affirmant que le président d'Unifor devrait plutôt concentrer ces efforts là-dessus.

En décembre, un porte-parole de GM a déclaré que les besoins de production de l'entreprise n'étaient pas assez grands (Nouvelle fenêtre) pour remplir toutes ses usines.

Avec des informations Rose St-Pierre et de CBC

Windsor

Économie