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Washington a commencé à rapatrier du matériel utilisé en Syrie

Deux soldats américains installés en hauteur regardent au loin, à l'aide de jumelles, le village de Manbij, au nord de la Syrie.

Le président Donald Trump avait annoncé en décembre le retrait de quelque 2000 soldats américains de la Syrie.

Photo : Associated Press / Susannah George

Reuters

La coalition formée à l'initiative des États-Unis pour combattre les djihadistes du groupe armé État islamique a ajouté vendredi de la confusion autour du retrait annoncé des forces américaines de Syrie, annonçant d'abord qu'elle avait entamé son retrait, avant que des responsables américains précisent qu'il s'agit de retrait de matériel, et non de troupes.

Dans un premier temps, le colonel Sean Ryan, porte-parole de la coalition, a déclaré que « le processus de retrait volontaire de Syrie » avait débuté. « Pour des raisons de sécurité opérationnelle, nous ne détaillerons pas le calendrier, les localisations ou les mouvements de troupes », ajoutait-il.

Des responsables américains ont par la suite clarifié les choses : le retrait ne concerne pour l'heure aucun soldat, et la bataille contre l'EI continue dans les derniers réduits où les djihadistes sont retranchés en Syrie.

S'exprimant sous couvert de l'anonymat, ces trois responsables ont confirmé en revanche que des équipements étaient en cours de transfert hors de Syrie.

Donald Trump a pris ses alliés de court en annonçant le 19 décembre la défaite de l'EI en Syrie et le début du rapatriement à brève échéance des 2000 soldats qui y sont présents. Sa décision a par ailleurs entraîné la démission du secrétaire à la Défense Jim Mattis, qui est en désaccord avec le constat du président.

Depuis, Washington s'efforce de rassurer ses partenaires en promettant de poursuivre la lutte contre l'EI dans la région, où le secrétaire d'État Mike Pompeo est en tournée.

Pour le gouvernement russe, cité vendredi par l'agence de presse RIA, les États-Unis n'ont pas vraiment envie de quitter la Syrie.

John Bolton, conseiller à la Sécurité nationale, avait laissé entendre il y a deux jours que la sécurité des alliés kurdes de Washington, sous la menace d'une offensive turque, pourrait être une condition du retrait américain, ce que le président turc Recep Tayyip Erdogan a qualifié de « grave erreur ».

Paris souligne « l'inflexion » américaine

Ankara considère les Kurdes des Unités de protection du peuple (YPG), qui ont largement contribué à la lutte contre l'EI en Syrie, comme une organisation terroriste étroitement liée au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) et a promis de les chasser de la zone frontalière. Depuis l'annonce du retrait, les miliciens ont réclamé la protection de Moscou et de Damas.

Mike Pompeo a assuré jeudi que la perspective d'une offensive turque n'empêcherait pas le retrait. Donald Trump a quant à lui promis le 2 janvier qu'il serait progressif et s'est en outre engagé à protéger les Kurdes.

Pour le ministre français des Affaires étrangères, Washington a bel et bien décidé de temporiser, ce dont il s'est félicité.

« Aujourd'hui, [le président Trump] annonce que le retrait se fera de manière plus lente, sans doute grâce aux pressions diverses qu'il a pu avoir, y compris de la France », a déclaré Jean-Yves Le Drian sur CNews. « Le président Macron s'en est entretenu avec lui à plusieurs reprises et il semble qu'il y ait une inflexion que je trouve positive », a-t-il ajouté.

Le ministre turc de la Défense a quant à lui réitéré les menaces d'Ankara à l'encontre des YPG, lors d'une visite à la frontière syrienne. « Le moment venu, les terroristes seront ensevelis dans les fossés qu'ils ont creusés, comme lors des opérations précédentes », a promis Ulusi Akar, évoquant deux autres interventions turques en Syrie.

« Des préparatifs et une planification importants ont été réalisés. Ils se poursuivent de façon intensive », a-t-il ajouté.

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