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Nouvelle offensive canadienne contre les tarifs douaniers américains

La ministre des Affaires étrangères du Canada, Chrystia Freeland, a rencontré les médias en compagnie du ministre des Finances Bill Morneau.
La ministre des Affaires étrangères du Canada, Chrystia Freeland, en compagnie du ministre des Finances Bill Morneau. Photo: La Presse canadienne / Justin Tang

Le Canada entend revenir à la charge contre les tarifs douaniers américains sur l'acier et l'aluminium dans une nouvelle campagne de lobbying visant Washington. Ottawa réfute encore et toujours l'argument de la menace pour la sécurité nationale avancé par l'administration Trump.

Il s’agit de remettre sur la table des arguments déjà avancés par le gouvernement canadien, qui juge que ces droits de douane sont illégaux et absurdes, selon deux sources gouvernementales citées par CBC.

La question des tarifs douaniers américains devrait être abordée au prochain Forum économique mondial, à Davos, en Suisse. La ministre canadienne des Affaires étrangères Chrystia Freeland et son collègue des Finances Bill Morneau entendent bien faire valoir le point de vue d’Ottawa à leurs homologues américains et les inciter à renoncer à ces tarifs, même si Donald Trump a déjà annoncé qu’il n’y serait pas.

Le président américain a déclaré qu'il devait se concentrer sur l’impasse budgétaire qui a mené à la fermeture partielle du gouvernement fédéral, sur fond d’un sérieux différend avec les démocrates à la Chambre au sujet du mur à la frontière avec le Mexique.

La nouvelle campagne de lobbying aurait par ailleurs déjà été mise en branle lorsque la ministre Freeland a rencontré le secrétaire d'État américain Mike Pompeo à Washington, en décembre dernier, toujours selon des sources gouvernementales.

Plus tôt cette année, le ministre canadien de la Défense, Harjit Sajjan, aurait aussi plaidé cette cause auprès du secrétaire américain de la Défense par intérim, Patrick Shanahan, lors d'un entretien téléphonique.

En juin dernier, l'administration Trump a invoqué une disposition de sécurité nationale rarement utilisée – l'article 232 de la Trade Expansion Act de 1962 – pour imposer des tarifs de 25 % sur l'acier importé et de 10 % sur l'aluminium importé.

Nouvelles cibles

Les représentants de l'ambassade du Canada à Washington dressent une liste d'Américains influents qui pourraient être attentifs au message du Canada. Les ministres devront par la suite communiquer directement avec ces fonctionnaires, par téléphone ou en personne.

Dans une déclaration à CBC, Paul Moen, directeur principal de l'Earnscliffe Strategy Group et avocat spécialisé en droit du commerce international, estime que la stratégie du Canada est logique, mais qu'elle gagnerait à être orientée vers les patrons d’entreprises et les syndicats.

Pour lui, il ne faut surtout pas négliger les nouveaux locataires démocrates du Congrès qui viennent de prendre leurs fonctions comme élus après les élections de mi-mandat en novembre dernier. « C'est une nouvelle occasion d'établir de nouvelles relations », fait-il remarquer, soulignant l’importance d’élargir l’éventail avec le milieu des affaires et le milieu syndical.

Moins optimiste, Mark Rowlinson, porte-parole du Syndicat des métallos, pense que la marge de manœuvre est sérieusement entamée depuis longtemps.

Il est temps pour le Canada, dit-il, de tracer une « ligne dans le sable » en refusant de ratifier l'accord commercial nord-américain remanié tant que les tarifs ne seront pas abolis. Le Canada s'y est déjà essayé et cela n’a rien donné, poursuit M. Rowlinson.

Mardi, le président Trump a encore une fois défendu sa politique tarifaire en citant une entrevue à Fox News avec Mark Glyptis, un président local du Syndicat des métallos de Virginie-Occidentale.

Mais l’une des sources citées par CBC indique que le Canada s'éloignerait de tout argument qui relierait les droits de douane à l'Accord de libre-échange nord-américain mis à jour.

Des législateurs et chefs d'entreprise américains opposés aux tarifs douaniers ont déclaré publiquement que ces droits de douane devraient être abandonnés.

Mais le gouvernement Trudeau, dit la même source, ne veut pas être mis dans le même panier que le Mexique, qui pourrait finir par accepter les demandes américaines de quotas d'exportation de l'acier, une idée que le Canada n’est pas prêt à accepter.

Avec les informations de CBC

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