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Le projet de ligne électrique Micoua-Saguenay rencontre une forte opposition

Un poste électrique

Le poste Micoua au nord de Baie-Comeau

Photo : Radio-Canada / Laurence Royer

Laurence Royer

L'Association québécoise des consommateurs industriels d'électricité et l'Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique demandent à la Régie de l'Énergie de ne pas autoriser le projet de ligne électrique de 735 kilovolts Micoua-Saguenay. Elles craignent que sa construction ait un impact sur la facture des abonnés d'Hydro-Québec.

Dans des documents déposés mercredi, l'Association remet en question les prévisions d’Hydro-Québec Transénergie notamment sur la baisse de consommation d'électricité sur la Côte-Nord au cours des prochaines années.

D'abord, les centrales thermiques de Tracy et de Citière ont fermé respectivement en 2011 et 2012. La centrale nucléaire Gentilly-2 a également cessé de produire de l'électricité en 2012. De plus, Hydro-Québec a revu à la baisse les prévisions de croissance de la consommation d'électricité sur la Côte-Nord. C'est ce qui justifie la nécessité de construire la ligne Micoua-Saguenay, selon la société d’État. La construction de cette nouvelle ligne électrique permettrait de stabiliser le réseau d’Hydro-Québec.

Les coûts approximatifs du projet sont évalués entre 700 et 800 millions de dollars.

Le président de l'Association québécoise des consommateurs industriels d'électricité, Jocelyn Allard, craint que les coûts de construction se répercutent sur les factures d'électricité des consommateurs.

Notre recommandation auprès de la Régie, c'est de ne pas autoriser le projet tel que présenté par Hydro-Québec.

Jocelyn Allard, président de l'Association québécoise des consommateurs industriels d'électricité
L'affiche du poste MicouaAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le poste Micoua au nord de Baie-Comeau

Photo : Radio-Canada / Laurence Royer

Même son de cloche du côté de l'Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique, qui recommande aussi à la Régie de l'Énergie de refuser le projet de ligne électrique Micoua-Saguenay.

Elle estime aussi que les coûts du projet, tels que présentés par Hydro-Québec, pourraient se refléter sur la facture des utilisateurs. Le président André Belisle croit que la société d'État devrait payer au moins la moitié de la facture de la construction de la ligne électrique.

On a besoin de stabiliser le réseau, mais, selon nos experts, on n'a pas besoin de mettre des montants de cette importance-là en jeu.

André Belisle, président de l'Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique
Le président de l'Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique, André Bélisle.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le président de l'Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique, André Bélisle.

Photo : Claude Bouchard, photographe.

Les autres participants des audiences de la Régie de l'Énergie pour le projet, Nalcor Energy Marketing Corporation (NEMC) et la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante (FCEI), demandent à la Régie de l'Énergie de considérer une option moins coûteuse que la ligne Micoua-Saguenay.

La présidente de la FCEI, Martine Hébert, croit elle aussi que les coûts du projet auront un impact sur le portefeuille des abonnés d’Hydro-Québec. C'est clair que lorsqu’Hydro-Québec investit des sommes importantes comme ça dans des projets, ça peut à terme avoir des répercussions sur les tarifs d'Hydro-Québec, dit-elle.

Elle croit que ce sont les PME qui pourraient souffrir le plus de cette présumée hausse des tarifs.

Hydro-Québec défend son projet

Pour sa part, Hydro-Québec se dit prête à répondre aux questions de l'Association québécoise des consommateurs industriels d'électricité lors des audiences de la Régie de l'Énergie à la fin du mois de février. La conseillère en relations avec le milieu pour Hydro-Québec, Martine Lapierre, croit que la société d’État pourra y démontrer que le projet envisagé est le plus économique.

La ligne Micoua-Saguenay, c'est le scénario le plus économique et qui répond à tous nos besoins.

Martine Lapierre, conseillère en relations avec le milieu pour Hydro-Québec
La conseillère en relations avec le milieu pour Hydro-Québec, Martine LapierreAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La conseillère en relations avec le milieu pour Hydro-Québec, Martine Lapierre

Photo : Radio-Canada / Katy Larouche

Impact sur le caribou forestier

La ligne électrique serait construite sur le territoire ancestral des Innus de Pessamit. Le conseil de bande s’est dit préoccupé par les impacts du projet sur le caribou forestier. Le chef du conseil, René Simon, a toutefois refusé d'émettre davantage de commentaires parce que sa communauté négocie actuellement avec Hydro-Québec Transénergie.

Avec les informations d'Olivier Roy-Martin

Côte-Nord

Énergies renouvelables