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Pêche au homard : Clearwater Seafoods coupable de « violation flagrante » des règles

La représentation d'un homard géant est installée sur une affiche de béton sur laquelle on peut lire « Clearwater ».
Le géant Clearwater, dont le siège social est à Halifax, a un monopole sur la pêche au homard dans la zone 41. Photo: La Presse canadienne / Andrew Vaughan
Radio-Canada

Le géant canadien des fruits de mer, Clearwater Seafoods, est coupable de violation flagrante des règles fédérales sur la pêche au homard et se retrouve mis à l'amende.

La haute direction de l’entreprise a ignoré les avertissements du gouvernement fédéral, qui demandait qu’elle change ses pratiques de pêche en haute mer et respecte la réglementation qui interdit aux pêcheurs de homard de laisser un engin de pêche dans l’eau sans surveillance pendant plus de 72 heures consécutives.

L’automne dernier, la compagnie CS ManPar, appartenant à Clearwater, a été reconnue coupable d’avoir à deux reprises en 2017 laissé 3800 engins de pêche au fond de l’océan au large de la Nouvelle-Écosse pour une période plus longue que celle autorisée. Elle les y a abandonnés pendant 17 jours, puis pendant 31 jours.

Sérieux risques pour les espèces marines

Selon le ministère fédéral des Pêches et des Océans (MPO), cette pratique pose un sérieux risque en matière de conservation des ressources marines puisque le homard et d’autres espèces peuvent être capturés accidentellement. C’est d’ailleurs ce qui s’est produit antérieurement, a relevé le MPO.

En décembre 2016, des inspecteurs du MPO ont visité le Randell Dominaux, un bateau appartenant à CS ManPar, et y ont déploré une perte importante de ressources de la mer liée directement aux pratiques de pêche.

Ils ont découvert que deux chaluts immergés depuis 13 jours contenaient 128 homards morts, 53 homards mutilés ou presque morts, 60 pinces de homard et 18 poissons de fond.

Violation flagrante des règles de pêche

Trois entités corporatives liées à Clearwater ont été accusées d’avoir violé l’article 115.2 du Règlement de pêche de l’Atlantique, relatif à la surveillance des engins de pêche (Nouvelle fenêtre).

Des casiers à homard en métal.Des casiers à homard en métal utilisés par des pêcheurs. Photo : Radio-Canada / CBC/Robert Short

Les parties accusées ont été Clearwater Seafood Inc., la société à responsabilité limitée Clearwater Seafood, et CS ManPar Inc., la personne morale à qui appartient le bateau.

CS ManPar a plaidé coupable et les accusations contre les deux entités de Clearwater ont conséquemment été abandonnées.

Il s’agit d’une violation flagrante, a affirmé le procureur de la Couronne, Derek Schnare, en cour provinciale à Shelburne en Nouvelle-Écosse le 20 septembre dernier.

Il a blâmé la compagnie pour avoir continué ses pratiques répréhensibles malgré les avertissements reçus du MPO, et observé que Clearwater avait failli à ses responsabilités corporatives en ne communiquant pas ces avertissements aux deux capitaines du Randell Dominaux.

Un premier avertissement reçu par la compagnie remonte à juin 2016, alors que des agents du MPO avaient accusé l’entreprise d’avoir laissé 8500 engins de pêche à l’eau pendant 68 jours.

La Couronne aurait considéré les violations encore plus sérieuses si des appâts avaient été placés dans les engins de pêche, et si les panneaux empêchant les prises de s’échapper n’avaient pas été retirés, a déclaré le procureur. Malgré cela, les agents du MPO ont en une occasion trouvé 6804 kg de homard dans 3400 casiers sans appâts.

La compagnie a été condamnée à payer 30 000 $ d’amende. Le procureur Derek Schnare a précisé que ce montant était déterminé de manière à ce que l’entreprise soit incapable de s’y soustraire partiellement par une manœuvre fiscale.

Une porte-parole de Clearwater n’a pas voulu commenter les agissements de la compagnie. Clearwater a cependant déclaré à CBC qu’elle serait incapable de déduire une partie de l’amende qu’elle doit payer.

D’après le reportage de Paul Withers, CBC

Avec les informations de CBC

Nouvelle-Écosse

Industrie des pêches