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CES : la techno coquine entre dans la chambre à coucher

Une photo montrant un vieil ordinateur de bureau éclairé d'une lumière rouge dont l'écran affiche l'image d'un cœur.
L'industrie du divertissement pour adultes est depuis longtemps un moteur d'innovation. Photo: iStock
Agence France-Presse

Godemichés intelligents ou bar d'effeuillage virtuel : sexe et plaisir des sens, qui ont toujours été moteurs d'innovations technologiques, ont trouvé naturellement leur place entre un grille-pain connecté et une voiture autonome cette semaine au salon CES de Las Vegas.

Des effeuilleuses en 3D sans sortir de chez soi : c'est ce qu'est venue présenter la société de production de films pornographiques Naughty America au Consumer Electronics Show (CES), la grand-messe de la techno se tenant dans la cité du vice jusqu'à vendredi.

Elle vient de lancer son application Strip Club, dans laquelle la réalité augmentée permet de faire apparaître sur l'écran de son téléphone ou de sa tablette un danseur nu ou une effeuilleuse virtuels avec, comme décor, son propre environnement filmé par la caméra de l'appareil.

« On peut avoir un effeuillage intégral » et « pas besoin de pourboire », s'amuse Andreas Hronopoulos, patron de l'entreprise. Le client peut même tourner autour de l'hologramme pour l'admirer sous tous les angles, vante-t-il.

Ouvert 24 heures sur 24

Il y a aussi une variante en réalité virtuelle : cette fois, l'hologramme apparaît dans un décor de bar d'effeuillage.

C'est le premier produit interactif de Naughty America, qui avait fait sensation il y a deux ans en présentant au CES des films pornographiques en réalité virtuelle, dans une petite salle discrète au fin fond du Palais des Congrès de Las Vegas.

Mais les produits sont bien différents, tient à souligner M. Hronopoulos. L'application Strip Club tient « davantage du magazine [...], on s'assoit confortablement, on se détend, on installe les hologrammes et on s'amuse avec », explique le chef d'entreprise.

« Nous comptons devenir le plus gros bar d'effeuillage du monde, ouvert 7 jours sur 7, 24 heures sur 24 », affirme-t-il encore.

Moteur d'innovations

L'industrie de la porno et du divertissement pour adultes est de longue date motrice dans la popularisation d'innovations technologiques, ouvrant la voie au succès du commerce en ligne, aux plateformes de vidéos en ligne et aux webcams. On considère qu'elle a largement contribué à la victoire du format vidéo VHS sur le Betamax dans les années 80.

L'industrie de la porno a toujours eu un temps d'avance, question technologie, confirme Tuong Nguyen, analyste chez Gartner. « Elle peut apprendre des choses au secteur [techno] », estime l'analyste.

Un godemiché activé par commande vocale

Plus attendus, les jouets sexuels ont aussi fait la joie des participants du CES. C'est un marché très lucratif, qui pourrait représenter 37,2 milliards de dollars dans le monde d'ici 2022, souligne la société britannique MisteryVibe.

« Rien d'étonnant à ce qu'on veuille une vie sexuelle plus épanouissante et il n'y a rien de mal à avoir besoin de la technologie pour ça », affirme la cofondatrice de l'entreprise Stephanie Alys.

MisteryVibe est venue présenter le Tenuto, un gadget en forme de petit collier très serré censé faire « tenir » l'utilisateur plus longtemps. Son petit nom est une référence au terme musical qui désigne le fait de tenir une note de musique sur la longueur.

Le godemiché présenté par la jeune pousse OhMiBod fonctionne quant à lui à l'aide d'une application sur les montres connectées d'Apple. Cédant à la vogue des assistants virtuels, il peut même être activé par commande vocale.

Le prix de la controverse

Mais qui dit sexe et plaisir dit aussi controverse.

Le CES n'y a pas échappé : le godemiché robotisé nommé Osé, récompensé en amont du salon par les organisateurs dans la catégorie « robotique », s'est vu retirer son prix peu après par ces mêmes organisateurs.

Ce vibromasseur, qui utilise de la microrobotique pour imiter les mouvements d'une bouche humaine, s'est même vu interdire d'être présenté au salon officiel, se voyant relégué à l'une des soirées organisées en marge du CES.

Selon la Consumer Technology Association (CTA), Osé, fabriqué par la jeune pousse Lora DiCarlo, « n'entre pas dans nos catégories de produits » et n'aurait donc pas dû concourir. Autrement dit, il n'existe pas de catégorie « techno coquine » au CES.

« La société doit abandonner le tabou autour du sexe et de la sexualité, cela fait partie de la vie et de la santé, et doit avoir sa place dans le débat public », a protesté la fondatrice de Lora DiCarlo, Lora Haddock, dans une lettre ouverte à la CTA.

En matière de technologie, « on ne sait jamais [...], l'avenir de la santé pourrait très bien résider dans le brevet d'un jouet sexuel », ajoute-t-elle.

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