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Maladie mentale : l'importance de l'art

L'auteur Philippe Chauveau
L'auteur Philippe Chauveau Photo: P. C.

« La psychiatrie est un univers inimaginable tant qu'on ne l'a pas fréquenté », explique Philippe Chauveau, qui a travaillé près de 30 ans dans ce milieu. Ce n'est qu'après l'avoir quitté qu'il a enfin pu écrire sur le sujet.

En animant pendant des années des ateliers d’écriture, de dessin, de marionnettes avec toutes sortes de clientèles en psychiatrie, tout en maintenant en parallèle une pratique d'écriture, Philippe Chauveau a été surpris et émerveillé de constater que la pratique artistique pouvait réellement changer la trajectoire de vie des pratiquants.

Depuis longtemps, il avait envie de raconter ces histoires, mais le secret professionnel et le lien de confiance qu'un thérapeute doit maintenir avec son patient l'en empêchaient.

Trois ans après avoir quitté le milieu, il a finalement couché sur papier l'histoire de Mouf et de son éducateur à l’unité des adolescents violents.

Écrire ce texte, qui lui a valu une place de finaliste au Prix du récit Radio-Canada, l'a replongé dans ses souvenirs. Alors qu'il n'avait jamais clairement identifié la répulsion qu'il éprouvait pour le contrôle physique, c’est devenu incontournable lors de l’écriture du récit.

Mouf, luisant de sueur, était attaché par les poignets et par les chevilles au lit vissé au plancher. Tranquille, enfin, la poitrine maigre montant et s’abaissant régulièrement.

J’avais développé un tic à force de me retrouver dans des situations émotivement destructives : je haussais l’épaule gauche, roulais la droite et finissais en craquant le cou.

Extrait de « Mouf dans le ventre du dragon », de Philippe Chauveau

Plus tard, lorsqu'il a pris connaissance d'évènements violents à l'institut Philippe-Pinel l'été passé, Philippe Chauveau a été repris dans une vague d'émotions dont l'intensité l'a surpris, l'amenant à signer une lettre ouverte dans La Presse (Nouvelle fenêtre).

Le processus d'écriture de Mouf n'a pas été douloureux pour autant. Philippe Chauveau explique que le récit s’est écrit « facilement », mais précise qu'il ne fait « rien de magique, rien de glamour, rien d’Amélie Nothomb ».

J’essaie d’être discipliné, j’écris, je relis, je trouve ça épouvantable. Mais il y a toujours une virgule, un mot, peut-être une idée que j’aime – alors je m’acharne (je suis un auteur acharné). Je réécris, je réécris et je réécris jusqu’à ce que la musique soit là.

Philippe Chauveau

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Vous aussi, vous écrivez? Soumettez vos histoires vécues inédites au Prix du récit Radio-Canada 2019 d'ici le 28 février.

Prix du récit : Inscrivez-vous du 1er janvier au 28 février.

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