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Pompeo fustige l'ex-président Obama lors d'un discours en Égypte

Le secrétaire d'État américaine parle, debout devant un drapeau américain.
Le secrétaire d'État américain Mike Pompeo a décliné la politique de l'administration Trump pendant 30 minutes lors d'un discours à l'Université américaine du Caire. Photo: La Presse canadienne / AP/Amr Nabil

Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo a profité d'un discours prononcé jeudi à l'Université américaine du Caire, en Égypte, pour tancer vertement la politique de l'ex-président Barack Obama au Moyen-Orient et plaider une fois de plus en faveur d'un front commun contre le régime iranien.

Avant de défendre les politiques de l’administration Trump, y compris le retrait annoncé des soldats américains en Syrie, le secrétaire d’État a vivement critiqué la vision des relations entre les États-Unis et le monde musulman que M. Obama était venu présenter à l’Université du Caire, en juin 2009.

« Rappelez-vous : c’est ici, dans cette ville, qu’un autre Américain s’est présenté devant vous », a-t-il lancé dans une allusion à cette allocution, lors de laquelle le président démocrate avait tenté de s’éloigner des politiques de l’administration Bush fils en plaidant pour de meilleures relations avec le monde arabo-musulman.

« Il vous a dit que le terrorisme islamiste radical ne découle pas d’une idéologie. Il vous a dit que [les attentats du] 11 Septembre ont conduit mon pays à abandonner ses idéaux, particulièrement au Moyen-Orient. Il vous a dit que les États-Unis et le monde musulman avaient besoin d’un nouveau départ. Les résultats de cette erreur de jugement ont été désastreux », a poursuivi M. Pompeo.

La bonne nouvelle est que l’ère de la honte que nous nous sommes infligée est terminée, tout comme les politiques qui ont produit tant de souffrances non nécessaires.

Mike Pompeo, secrétaire d'État des États-Unis

« Maintenant est venu le temps d’un réel nouveau départ. En moins de deux ans, les États-Unis, sous la direction du président Trump, ont réaffirmé leur rôle traditionnel, celui d’une force en faveur du bien dans la région, parce que nous avons appris de nos erreurs. »

« Nous avons redécouvert notre voix. Nous avons reconstruit nos relations. Nous avons rejeté les fausses ouvertures de nos ennemis », a-t-il ajouté, dans une référence à l’accord sur le nucléaire iranien que le président Trump a toujours pourfendu, avant de le renier formellement l’an dernier.

« Le président Trump a mis un terme à cet aveuglement volontaire aux dangers du régime et s’est retiré de l’accord raté sur le nucléaire iranien, avec ses fausses promesses », a encore dit M. Pompeo.

Ces propos ont été immédiatement condamnés par le National Security Action Group, composé principalement d’anciens responsables de la politique étrangère du président Obama.

Que l’administration sente le besoin, presque une décennie plus tard, de s’attaquer aux efforts visant à trouver un terrain d’entente entre le monde arabe et l’Occident témoigne non seulement de la mesquinerie de l’administration, mais aussi d’un manque de vision stratégique quant au rôle des États-Unis dans la région et d’une renonciation aux valeurs américaines.

Déclaration du National Security Action Group

Plaidoyer en faveur d'une alliance contre Téhéran

M. Pompeo a ensuite assuré que les États-Unis demeuraient engagés dans la lutte « contre la terrorisme islamiste radical » dans la région, malgré le retrait annoncé des troupes américaines de Syrie.

Les Américains continueront de bombarder les membres du groupe armé État islamique ou d’Al-Qaïda, a-t-il dit, tout en invitant les alliés américains dans la région à en faire plus dans cette lutte.

Les pays de la région doivent « surmonter les vieilles rivalités » et faire front commun contre Téhéran pour « le bien de la région », a-t-il plaidé, en appelant à la création d’une Alliance stratégique du Moyen-Orient à cette fin.

Il s’est ensuite appliqué à édicter les périls que représente, selon lui, le régime théocratique iranien, qu’il a accusé d’être responsable de la déstabilisation de nombreux pays, dont la Syrie, le Liban et le Yémen.

Les pays du Moyen-Orient ne pourront jamais profiter de la sécurité, parvenir à la stabilité économique ou avancer les rêves de leur peuple si le régime révolutionnaire iranien persiste à garder le cap.

Mike Pompeo, secrétaire d'État des États-Unis

Mike Pompeo a également réitéré sans surprise l’appui indéfectible des États-Unis à Israël. Washington va toujours s’assurer que l’État hébreu dispose de la puissance militaire nécessaire pour qu’il puisse se défendre, notamment face à l’Iran.

Le chef de la diplomatie américaine n’a pas mentionné les mots « droits de la personne » ou « démocratie » dans son discours, et a évité toute référence directe à l'autoritarisme des régimes en place dans la région.

Abordant la situation en Égypte, où l’armée a mené un coup d’État il y a tout juste cinq ans pour rétablir son autorité, il n'a évoqué la situation que du bout des lèvres.

« Nous encourageons le président Sissi à libérer les énergies créatrices du peuple égyptien, à se débarrasser des entraves qui nuisent à l’économique, et à promouvoir des échanges d’idées libres et ouverts. »

Dans une conférence de presse conjointe avec son homologue égyptien donnée avant son discours, M. Pompeo a cependant dit avoir évoqué la question des droits de la personne, dont la détention de prisonniers politiques.

Il dit leur avoir rappelé que « des débats publics ouverts et honnêtes sont la marque d'une société florissante ».

Avec les informations de Associated Press, et Agence France-Presse

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