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Donald Trump en visite au Texas pour faire la promotion du mur

Le reportage de Christian Latreille
Radio-Canada

Le président américain s'est rendu jeudi dans la ville frontalière de McAllen, où il a réitéré sa ferme intention d'ériger un mur pour rehausser la sécurité et stopper « la traite des personnes, le trafic de drogue, MS-13 et autres gangs », a-t-il dit.

Un texte d'Anne Marie Lecomte

Le président Trump n'écarte pas la possibilité de déclarer l'état d'urgence s'il n'obtient pas les 5,7 milliards de dollars qu'il estime nécessaires à la construction de ce mur.

Quelques centaines d'opposants à ce projet de mur attendaient Donald Trump à McAllen. Non loin d'eux se trouvait un groupe plus restreint de manifestants, déterminés quant à eux à montrer leur appui au président. « Construisez ce mur! », scandaient-ils.

Cette visite à McAllen survient deux jours après que le président américain se fut adressé à la nation en dépeignant une « crise humanitaire et sécuritaire grandissante à la frontière sud ». Elle survient également au 20e jour d'une paralysie partielle de l'administration fédérale aux conséquences concrètes : quelque 800 000 fonctionnaires fédéraux ne sont plus payés aux échéances habituelles.

À McAllen, ville de 143 000 habitants surnommée « la Cité des palmiers », le président Trump s'est entretenu avec des représentants des forces de l'ordre et a participé à une table ronde sur la sécurité aux frontières.

Devant un assortiment de sacs remplis de drogue, d'argent comptant et d'armes, fruits des diverses saisies effectuées par les agents frontaliers, le président américain a salué le travail de ces derniers, « des héros grandement respectés dans le pays », selon lui.

Et devant son auditoire texan, le président Trump a raillé ceux qui décrivent les murs comme une invention datant du Moyen-Âge. « Ils disent que le mur est médiéval. Eh bien, la roue aussi est médiévale. Il y a de ces choses comme une roue, un mur, qui fonctionnent! »

Un jeune homme crie dans une manifestation à côté d'une pancarte sur laquelle il est écrit en anglais : « Il n'y a pas de crise, laissez-nous tranquilles ».Un groupe d'opposants au projet de mur de Donald Trump est assemblé à McAllen au Texas à l'occasion de la visite du président, le 10 janvier 2019. Photo : The Associated Press / Eric Gay

« Cessez de parler de crise » – Le maire de McAllen

Dans cette région voisine du Mexique, une coalition d'élus de villes frontalières – dont McAllen – réclame de Washington une meilleure sécurité sur trois ponts surplombant le fleuve Rio Grande et les reliant au Mexique.

Si ces élus souhaitent une meilleure sécurité, c'est pour faciliter les passages sur les ponts et protéger les intérêts économiques du commerce transfrontalier, en pleine croissance. La coalition fait valoir que les retards causent un manque à gagner de plusieurs millions de dollars à l'économie américaine.

Tout juste avant la visite de Donald Trump à McAllen, le maire de cette ville, Jim Darling, avait déclaré à CBC que « la rhétorique » décrivant sa ville comme un endroit dangereux contrariait la population.

« La frontière est plus qu'une question de mur, a déclaré le maire Darling au Los Angeles Times [...] Cessez de parler de crise. »

Pour Leon Wilmot, shérif de Yuma County, les arguments du président Trump en faveur de la construction d'un mur sont valables. « Les problèmes qui surviennent à la frontière ne restent pas à la frontière, a-t-il déclaré à CBC. Ils se répercutent dans tout le pays. »

L'état d'urgence, une possibilité

Mercredi, Donald Trump avait abruptement mis fin à une rencontre avec les leaders démocrates du Congrès. Au dire de Chuck Schumer, leader des démocrates au Sénat, Donald Trump a quitté la réunion après s'être vu refuser le financement requis pour construire le mur.

Dans cette impasse, le président se dit disposé à déclarer l'état d'urgence. « Je ne suis pas prêt à le faire maintenant, mais si je dois le faire, je n'ai aucun doute que je le ferai », a-t-il répété.

Cinq soldats américains installent du fil de fer barbelé le long d’un pont.Des soldats de l’armée américaine installent du fil de fer barbelé le long du pont Anzalduas International dans la ville de McAllen, au Texas, à la frontière avec le Mexique, en novembre 2018. Photo : Reuters / Delcia Lopez

Par ailleurs, le président a fait savoir, par un message publié sur Twitter, qu'il ne participera pas au Forum économique mondial de Davos, qui aura lieu du 21 au 25 janvier.

« En raison de l'intransigeance des démocrates sur la sécurité aux frontières et de l'importance de la sécurité pour notre pays, j'annule respectueusement mon voyage très important à Davos, en Suisse, pour le Forum économique mondial », a tweeté le président des États-Unis.

Le Mexique, le mur et le libre-échange

Promesse centrale de la campagne présidentielle de Donald Trump en 2016, le mur à la frontière américano-mexicaine sera « payé par le Mexique de manière indirecte », a déclaré jeudi le président américain.

M. Trump soutient n'avoir jamais affirmé que le Mexique allait « signer un chèque » pour le mur. Selon lui, le Mexique se trouvera à participer au financement de cette barrière grâce à l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM), signé fin novembre, mais que doit encore approuver le Congrès.

Au Montana, un sénateur propose que cet État donne plus de 8 millions de dollars pour aider le président Trump à ériger le mur. Le Montana serait le premier État à songer à participer au financement du mur, à même son propre budget.

Au moins un autre État, le Dakota du Sud, envisage de soutenir le président Trump dans son projet.

Des migrants qui arrivent à McAllen pleins d'espoir

Plus de 80 % des migrants qui transitent par McAllen arrivent légalement et réclament l’asile politique. Ils viennent du Honduras, du Guatemala et du Mexique.

La ville a accueilli des dizaines de milliers de migrants depuis 2014.

En novembre dernier, Donald Trump avait signé un décret visant à rendre beaucoup plus difficile l'obtention du statut de demandeur d'asile aux États-Unis. Un juge fédéral a par la suite ordonné le gel de ce décret, une décision que l'administration Trump envisage de porter en appel.

Donald Trump, président des États-Unis
Avec les informations de Agence France-Presse, CBC, Associated Press, et CNN

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