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Un déménagement à Terre-Neuve mouvementé pour un jeune Saint-Pierrais

Portrait de Jessy Mahé et de son père, Denis Mahé, à l'extérieur devant des maisons.
Jessy Mahé et son père, Denis Mahé, sont déçus d'apprendre qu'ils ont été victimes d'une fraude en ligne. Photo: Radio-Canada / Marie Isabelle Rochon
Marie-Isabelle Rochon

Un jeune homme de Saint-Pierre-et-Miquelon a été victime de fraude en ligne après avoir répondu à une fausse annonce de logement à louer et avoir envoyé de l'argent au prétendu propriétaire. Le jeune homme, qui déménageait à Saint-Jean pour ses études, a ainsi perdu l'argent de son premier mois de loyer.

Le jeune Jessy Mahé arrive tout droit de Saint-Pierre-et-Miquelon. C’est la première fois qu’il sort du cocon familial. Il a déménagé à Saint-Jean pour perfectionner son anglais. Il ne s'attendait pas à être victime d’une escroquerie en ligne dès sa première journée à Saint-Jean. On s’est sentis très stressés à ce moment-là, explique-t-il. Après, on n'a pas pu vraiment dormir de la nuit.

En décembre dernier, Jessy Mahé trouve un logement sur Internet. Après un échange de courriels avec les supposés propriétaires du logement, Jessy Mahé se fait proposer une chambre à un prix réduit par rapport à ce qui était initialement affiché. Un mois avant son départ pour Saint-Jean, Jessy Mahé accepte l’offre et envoie 450 $ par virement Interac. Au début, on croyait que c’était quelqu’un de sérieux, qui était gentil, relate-t-il.

Jessy Mahé et son père regardent l'écran d'un ordinateurJessy Mahé a perdu 450 $ dans une annonce de logement frauduleuse sur internet. Photo : Radio-Canada / Marie Isabelle Rochon

Jessy Mahé et son père ont toute une surprise lorsqu'ils cognent à la porte de la maison où ils croyaient avoir loué la chambre. On [a] demandé à la personne si [Meghan], la propriétaire de la maison, était là. On m'a dit qu'il n'y avait personne au nom de Meghan, raconte Jessy Mahé. La personne avec qui il a échangé des courriels est dès lors injoignable et son téléphone est hors service.

Jessy et son père, qui l'accompagne le temps du déménagement, sont déboussolés. À Saint-Pierre, on n'est pas confrontés à des problèmes comme ça. C'est petit, elle ne fait que 42 km carrés, l'île, explique Denis Mahé. On est arrivés ici et il fallait qu'on se débrouille tout seuls. En plus, je ne parle pas du tout l'anglais. Heureusement que mon garçon parle anglais.

Jessy Mahé et son père ont déposé une plainte à la police de Saint-Jean, mais ils ne pensent pas retrouver un jour les 450 $ qu’ils ont déboursés pour le logement inexistant. On a contacté notre banque et l'argent, on l'a perdu. Parce qu'on a donné notre accord pour faire le transfert d'argent et il n'y a pas d'assurance pour les arnaques comme celle-là, explique Denis Mahé.

Un problème récurrent

Les forces de l'ordre de la province notent une augmentation de ce genre d'incidents depuis les dernières années. Ce sont souvent des personnes qui ne viennent pas d'ici et ne peuvent visiter le logement. Ils se retrouvent dans une situation où ils doivent confirmer leur logement avant d'arriver, explique James Cadigan, de la Force constabulaire royale de Terre-Neuve.

Portrait de James Cadigan, de la Force constabulaire royale de Terre-Neuve.James Cadigan de la Force constabulaire royale de Terre-Neuve Photo : Radio-Canada / Marie Isabelle Rochon

James Cadigan encourage les personnes qui utilisent les sites de petites annonces à redoubler de prudence et à poser le plus de questions possible aux propriétaires des logements. Vous pouvez demander de parler aux anciens locataires pour vous assurer qu'il s'agit d'un logement valide, explique-t-il.

Selon Sherwin Flight, qui est très impliqué dans les regroupements de locataires et de locateurs à Saint-Jean, des arnaques de ce genre se produisent fréquemment. Même si l'on est très prudent, on peut se faire avoir. Il y a eu un cas récemment où les fraudeurs avaient une clé et faisaient visiter les logements aux personnes intéressées et collectaient l'argent , raconte-t-il. Sherwin Flight voudrait d'ailleurs que plus de ressources existent pour aider les locataires à faire des vérifications au sujet des locateurs. Il faudrait qu'il y ait un moyen de vérifier en ligne le nom des propriétaires d'un domicile, dit-il. Depuis quelques années, il n'est plus possible de faire de telles vérifications sur le site web de la Ville de Saint-Jean.

Quant à Jessy Mahé, son histoire se termine plutôt bien, puisqu’il a rapidement trouvé une famille qui a accepté de l'accueillir le temps de ses études à Saint-Jean. Il espère que son séjour dans la capitale de Terre-Neuve se déroulera sans aucun autre incident.

Terre-Neuve-et-Labrador

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