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Ashley Judd pourra poursuivre Harvey Weinstein pour diffamation, pas pour harcèlement sexuel

Ashley Judd, souriante sur une scène, le regard vers la gauche

L'actrice américaine Ashley Judd lors d'une conférence à San Francisco, en 2018

Photo : Getty Images / Justin Sullivan

Agence France-Presse

L'actrice Ashley Judd peut poursuivre en diffamation le producteur déchu Harvey Weinstein, qu'elle accuse d'avoir ruiné sa carrière pour avoir résisté à ses avances, mais pas pour harcèlement sexuel, qui ne s'applique pas dans son cas, a estimé mercredi un juge fédéral de Los Angeles.

La comédienne fut l'une des premières à avoir brisé le silence sur le magnat d'Hollywood, accusé de harcèlement, d'agression sexuelle ou de viol par plus de 80 femmes, dont de grandes vedettes comme Angelina Jolie, Gwyneth Paltrow ou encore Léa Seydoux.

Dans une plainte déposée en avril dernier, Ashley Judd affirme que M. Weinstein a anéanti ses chances d'apparaître dans la trilogie fantastique de Peter Jackson Le seigneur des anneaux, l'une des plus lucratives de l'histoire du cinéma, en affirmant au réalisateur et à son équipe que travailler avec la comédienne était un cauchemar. Des affirmations que Peter Jackson a publiquement confirmées dans des interviews.

« Avec ces attaques sans fondement, Weinstein a réussi à faire inscrire Mme Judd sur une liste noire et a mis fin pour elle à la possibilité de travailler sur ce qui est devenu une série de films générant des milliards de dollars et 17 Oscars », dénonce la plainte.

Dommages et intérêts

Selon Ashley Judd, elle a été punie pour « avoir rejeté ses avances sexuelles un an plus tôt [en 1997], quand il l'avait coincée dans sa chambre d'hôtel sous le prétexte de parler affaires ».

La Californienne de 50 ans réclame des dommages et intérêts d'un montant non spécifié et s'est engagée à les reverser à des organisations de défense des victimes de harcèlement sexuel au travail.

Dans un jugement rendu mercredi, le juge Philip S. Gutierrez a toutefois estimé que la plainte n'était pas recevable au titre du harcèlement sexuel, car la loi en vigueur ne s'applique pas, selon lui, aux relations entre une actrice et un producteur.

Il a toutefois jugé que les poursuites civiles pour diffamation pouvaient suivre leur cours.

Harvey Weinstein a démenti tout harcèlement ou rapport sexuel non consenti. Inculpé à New York pour des agressions et viols sur deux femmes, le magnat déchu devrait prochainement être jugé.

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