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Une assemblée en terrain hostile pour Justin Trudeau à Regina

Le premier ministre Justin Trudeau se tient debout au centre de plusieurs personnes assises. Derrière lui se trouve un grand drapeau du Canada.

Une étudiante de l'Université de Regina pose une question à propos d'immigration au premier ministre Justin Trudeau.

Photo : Radio-Canada / Marie-Christine Bouillon

Radio-Canada

L'assemblée publique du premier ministre du Canada, Justin Trudeau, à l'Université de Regina jeudi soir a été houleuse par moments. Plusieurs questions soulevées par les membres du public ont porté sur des sujets de discorde entre la Saskatchewan et le gouvernement fédéral, comme les projets de construction de pipelines et l'environnement.

Un texte de Marie-Christine Bouillon et Philippe Thadal

Justin Trudeau n’a toutefois pas perdu son calme, malgré la colère de certains participants.

Alors que plusieurs dizaines de manifestants protestaient contre les politiques fédérales à l’extérieur du pavillon de kinésiologie de l’Université de Regina, où se déroulait l’événement, à l’intérieur, le premier ministre a répondu à plusieurs questions mettant en doute les décisions de son gouvernement.

Les sujets qui ont soulevé les passions concernaient surtout l’industrie pétrolière. Un homme portant un chandail sur lequel était inscrit « j’aime les pipelines » a vivement critiqué la gestion du gouvernement du projet de pipeline Trans Mountain.

Après l’avoir assuré du soutien de son gouvernement aux travailleurs de l’industrie pétrolière, Justin Trudeau a indiqué que l’objectif était de faire du projet Trans Mountain un investissement rentable de façon responsable.

Quelques centaines de personnes s'entassent dans des estrades et sur des chaises dans un gymnase universitaire.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Plusieurs centaines de personnes ont participé à l'assemblée publique du premier ministre du Canada Justin Trudeau, à Regina.

Photo : Radio-Canada / Marie-Christine Bouillon

Le premier ministre a également dû ramener à l’ordre un participant qui a lancé que les changements climatiques étaient un leurre. L’homme déplorait l’instauration d’une taxe fédérale sur le carbone.

« Il faut absolument combattre les changements climatiques et le faire en respectant les Canadiens. Si vous voulez moins de quelque chose, mettez-y un prix. Nous voulons moins de pollution, nous taxons la pollution », lui a répondu le premier ministre.

Ce participant n’a pas été le seul à sous-entendre que le gouvernement laissait planer des « fausses nouvelles ». À un moment, une femme qui tentait d’interrompre M. Trudeau depuis plusieurs minutes a commencé son intervention au micro en disant qu’il était « difficile d’être patiente avec tous ces mensonges ». Elle a demandé au premier ministre « pourquoi le Canada achète encore du pétrole de l’Arabie Saoudite ».

« C’est faux. Le Québec importe du pétrole principalement de l’Ouest et des États-Unis », lui a-t-il expliqué. « C’est important de se méfier des fausses informations », a-t-il ajouté.

Droits des Autochtones

Une manifestante a déployé une banderole en soutien à la nation Wet'suwet'en, en Colombie-Britannique, qui s’oppose à la construction du pipeline Coastal GasLink. Après avoir tenté d’interrompre M. Trudeau à quelques reprises, elle s’est vue accorder un droit de parole par ce dernier.

« Peut-être que dans deux générations, vos enfants s’excuseront », a-t-elle lancé, indiquant qu’elle n’avait aucune question. Elle a ajouté que les sommes que doivent dépenser certaines Premières Nations pour contester des décisions du gouvernement devant les tribunaux étaient beaucoup trop élevées.

Justin Trudeau a saisi la balle au bond et a expliqué que les relations avec les Autochtones s’étaient améliorées depuis que les libéraux sont au pouvoir. Il a réitéré son intention de leur donner davantage de pouvoir décisionnel, tout en indiquant qu’il s’agit d’un long processus.

« Nous n’avons aucun exemple ailleurs dans le monde duquel nous inspirer », a-t-il fait remarquer.

En terrain conservateur

Les libéraux ne détiennent qu’un seul siège en Saskatchewan, celui du ministre de la Sécurité publique et député de Regina-Wascana, Ralph Goodale, preuve qu'ils ont eu du mal à vendre leur vision de l’avenir en Saskatchewan pendant les dernières élections fédérales. La Saskatchewan et l’Alberta ont été les seules provinces qui ont résisté à la vague libérale des élections de 2015.

« M. Trudeau vient à un moment assez particulier, où les sentiments envers lui sont assez négatifs », explique le politologue Stephen Kenny, qui note cependant le courage du premier ministre de venir à Regina.

La province est dans un bras de fer avec Ottawa sur la politique environnementale fédérale. Parmi les principaux points de tensions se trouvent la taxe carbone et le projet de loi C-69, qui révisera la façon dont le gouvernement fédéral approuve les projets énergétiques majeurs.

Mardi, le premier ministre de la Saskatchewan, Scott Moe, a pris part à un rassemblement à Regina en appui à l’industrie pétrolière.

Mais pour Jim Farney, politologue à l’Université de Regina, cette visite est tout à fait compréhensible : « Le principal atout dont disposent les libéraux est le charisme de Justin Trudeau, la magie de sa présence. »

M. Farney ajoute que cette visite est aussi une façon pour le premier ministre fédéral de montrer qu’il peut « rassembler des foules » ici aussi dans « l’arrière-cour » de Scott Moe.

La visite du premier ministre à Regina se poursuit vendredi. Après un passage en Colombie-Britannique, puis en Saskatchewan, il doit continuer sa tournée des provinces qui l’amènera en Ontario et au Québec.

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