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Front commun pour demander une évaluation globale du projet de Gazoduq et d'Énergie Saguenay

Deux personnes assises à une table lors d'un point de presse.
Anne Gilbert-Thévard et Adrien Guibert-Barthez de la Coalition Fjord. Photo: Radio-Canada / Louis Martineau
Thomas Deshaies

Une trentaine d'organismes soucieux de l'environnement demandent au gouvernement du Québec d'exiger une évaluation environnementale commune du projet de Gazoduq et du terminal maritime d'Énergie Saguenay. Selon eux, l'entreprise GNL Québec, qui est derrière les deux démarches, a fractionné son projet dans l'espoir de l'imposer plus facilement à la population.

L'entreprise Gazoduq souhaite construire un tuyau qui traverserait l'Abitibi-Témiscamingue pour y transporter du gaz naturel, jusqu'à un terminal maritime au Saguenay.

GNL Québec développe de son côté le projet Énergie Saguenay pour y construire une usine de liquéfaction du gaz naturel. Or, GNL Québec est le premier actionnaire majoritaire de Gazoduq.

Gazoduq a amorcé récemment ses démarches de consultation publique pour le gazoduc. Or selon le président de l'Action boréale, Henri Jacob, les deux projets devraient être analysés conjointement. Ce sont deux projets qui sont interreliés. S'il n'y a pas de transport de gaz, pas d'usine, souligne-t-il. Il faut faire une évaluation complète du projet.

Une meilleure vue d'ensemble des impacts?

Le directeur général de Nature Québec, Christian Simard, estime qu'une évaluation environnementale globale servirait l'intérêt public. Si on veut savoir l'impact global du projet sur les gaz à effet de serre, sur la biodiversité, sur l'ensemble de l'environnement et sur l'économie aussi, il faut qu'il soit, selon nous, analysé de façon globale et pas analysé en tronçons, dans des périodes différentes de l'année, explique-t-il.

M. Simard ne souhaite pas faire de procès d'intention à l'entreprise, mais estime que ce n'est pas gratuit comme façon de faire.

Si on autorise le gazoduc, et qu'il commence à se construire, on est comme forcé d'autoriser l'usine. Ça crée des situations qui sont un peu absurdes.

Christian Simard, directeur général de Nature Québec

Nature Québec suggère à l'entreprise GNL Québec d'exiger elle-même une évaluation environnementale globale. On s'adresse au gouvernement Legault, mais aussi au promoteur en lui demandant de bien faire ses devoirs, affirme-t-il. Ce n'est certainement pas en tronçonnant, puis en l'évaluant par petits bouts, qu'on va grossir l'acceptabilité sociale de ce projet éventuellement.

Une méthode de consultation décriée

Les groupes jugent aussi inacceptable que la période de consultation de 30 jours ait été amorcée la veille de la période des fêtes pour le gazoduc. Elle a été amputée de 10 ou 15 jours [vacances des fêtes], déplore M. Simard. On trouve que c'est vraiment cavalier de faire cela, ils auraient pu commencer en début janvier pour donner au moins un véritable 30 jours.

Le cabinet du ministre de l'Environnement estime qu'il y a certaines « incongruités » dans la demande des organismes. Leur directeur des communications, Jean-Bernard Villemaire, estime qu'il y a deux promoteurs dans ce dossier, ce qui justifie les deux évaluations. Les échéances de réalisation des projets sont toutes les deux différentes, souligne-t-il, pour appuyer ses propos.

Il assure également que l'analyse environnementale pour le projet de Gazoduq sera « transposée » dans celle du projet de l'usine d'Énergie Saguenay. Il reconnaît que les deux projets sont intrinsèquement liés et assure que le gouvernement agira en conséquence.

Gazoduq réagit

La directrice des affaires publiques pour Gazoduq, Marie-Christine Demers, affirme que le projet Énergie Saguenay déposera sous peu une analyse complète du cycle complet de production. L'analyse de vie, qui sera déposée sous peu dans les prochaines semaines, va permettre de faire réaliser qu'il n'y a pas d'inquiétude à avoir quant à la prise en compte de chacun des impacts, précise Mme Demers.

On voit cela comme deux opportunités pour voir des études en profondeur sur les deux projets.

Marie-Christine Demers

Quant au moment du déclenchement de la période de consultation, Mme Demers estime que Gazoduq n'avait aucune idée à ce sujet. C'est la consultation du ministère de l'Environnement sur laquelle nous n'avons aucun contrôle, précise-t-elle.

Abitibi–Témiscamingue

Ressources naturelles