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Les Québécoises travaillent un peu moins, mais en plus grand nombre

Une femme s'entretient avec une candidate dans le cadre d'une entrevue.
Les politiques sociales dont s'est doté le Québec expliquent notamment les différences observées entre ses résultats et les données canadiennes et américaines. Photo: iStock

Les Québécoises travaillent globalement moins d'heures que les autres Nord-Américaines, en raison des politiques sociales dont s'est doté le Québec. Elles sont toutefois plus nombreuses sur le marché du travail, si on compare avec les femmes du reste du Canada et des États-Unis.

Une étude (Nouvelle fenêtre) comparative réalisée par l'Institut de la statistique du Québec (ISQ) montre que les Canadiennes ont été proportionnellement plus nombreuses sur le marché du travail en 2017 que les Américaines. Une majorité de Canadiennes (57,9 %) et de Québécoises (57,4 %) ont ainsi travaillé, contre 54,6 % des Américaines.

D’importantes distinctions sont aussi à faire entre les Québécoises et les Américaines, notamment chez les mères d’enfants de moins de 6 ans, les Québécoises étant plus nombreuses sur le marché du travail. Le taux d’emploi des mères québécoises s’établit en effet à 78,6 %, taux largement supérieur à celui de 61,9 % aux États-Unis.

Carte de l'Amérique du Nord avec les taux d'emploi des mères d'enfants de moins de 6 ans en 2017.Taux d'emploi des mères d'enfants de moins de 6 ans en 2017 Photo : Institut de la statistique

L’étude démontre ainsi que le Québec se distingue sur ce plan de tous les États américains (seul le Minnesota s’approche du Québec avec un taux de 77,2 %), mais également des autres provinces canadiennes.

Les femmes du Québec récoltent donc les fruits des politiques publiques instaurées depuis la fin des années 1990, comme la mise sur pied des centres de la petite enfance (CPE), uniques en Amérique du Nord, qui rendent le marché du travail accessible aux mères.

Par ailleurs, aux États-Unis, 60 % des mères de jeunes enfants ont travaillé 40 heures ou plus, tandis qu’elles n’étaient que 25 % au Québec à étirer ainsi leurs heures de travail. Les Québécoises préféraient plutôt travailler de 30 à 39 heures par semaine.

Autrement dit, les Québécoises font moins d’heures que les Américaines, mais elles sont plus nombreuses sur le marché du travail. Leur apport à l’économie en matière d’heures travaillées se révèle donc le même, toutes proportions gardées.

Des semaines plus courtes au Québec

L'étude de l'ISQ montre que les Québécois, hommes et femmes, ont travaillé en moyenne 35,1 heures par semaine, tandis que la moyenne des Canadiens a passé 36 heures au travail et les Américains, 38,7.

Des normes minimales en matière de temps de travail (droit de refus de faire des heures supplémentaires, congés annuels, jours fériés, congés familiaux) expliquent le fait que les Québécois peuvent travailler trois heures et demie de moins par semaine que les Américains, qui ne bénéficient pas de telles dispositions légales dans un pays où le temps requis de présence au travail est essentiellement déterminé par l’employeur.

Une syndicalisation beaucoup plus forte distingue également les Québécois des Américains, ce qui permet l’établissement de conditions de travail plus avantageuses. Selon l’ISQ, 40 % de la main-d’œuvre salariée québécoise est protégée par une convention collective contre 12 % chez nos voisins du Sud.

Les heures travaillées sont également moindres au Québec que dans le reste du Canada, à l’exception de la Colombie-Britannique, où les travailleurs ont travaillé en moyenne 35,5 heures par semaine en 2017. Un écart est toutefois noté avec l’Alberta (37,5 heures) et l’Ontario (36 heures).

Si près de 22 % des Québécois ont travaillé 40 heures par semaine en 2017, environ 60 % d’entre eux ont travaillé moins d'heures. Les autres, soit près de 20 %, ont travaillé des semaines de plus de 40 heures.

Il s’agit d’une importante distinction par rapport aux États-Unis, où 45 % des travailleurs ont travaillé 40 heures, 30 % moins de 40 heures et 25 % plus de 40 heures.

L’horaire de 40 heures est aussi privilégié par les autres Canadiens, quoique dans une moindre mesure que chez les Américains.

En 2017, le quart des Québécois a par ailleurs travaillé à temps partiel, avec des semaines de moins de 30 heures, alors que ce taux se situe à un peu plus de 15 % chez les Américains.

La distinction se remarque également chez les femmes québécoises, qui travaillent plus souvent à temps partiel que les autres Nord-Américaines.

Et partout, les femmes sont plus susceptibles de faire moins d’heures de travail que les hommes, en raison, entre autres, des responsabilités familiales.

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