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Le pont de glace Oka-Hudson toujours fermé

Le pont de glace entre Oka et Hudson.
Il est impossible, pour le moment, d'aménager un pont de glace entre Oka et Hudson. Photo: traverseoka.ca
Radio-Canada

Avec les changements climatiques, la construction de ponts de glace est de plus en plus complexe. Impossible, pour le moment, d'en aménager un entre Oka et Hudson.

Un texte de Marie-Eve Cousineau de l'émission Le 15-18

Julie Lauzon attend avec impatience l'ouverture du pont de glace, sur la rivière des Outaouais et le lac des Deux Montagnes, entre Oka et Hudson. L'an dernier, la citoyenne de Saint-Lazare, qui travaille à Sainte-Marthe-sur-le-Lac, l'a emprunté matin et soir. Grâce à cette traverse, elle évite les bouchons de circulation. « Avec le trafic, [ça prend] facilement plus d'une heure. Par contre, si je prends le pont de glace, c'est une demi-heure, quarante minutes. »

Le propriétaire de la traverse de glace Oka-Hudson, Claude Desjardins, ignore quand il pourra ouvrir son pont cette année. « Dans le chenal principal de la rivière où le courant est au plus fort, il y a seulement six pouces et un quart [de glace], dit-il. Il en faut 15. »

Depuis dix ans, le pont de glace entre Oka et Hudson n'a pu être aménagé à trois reprises, soit en 2012, 2016 et 2017. L'an dernier, son ouverture n'a duré que 22 jours. « C'est sûr qu'on voit un changement, des redoux plus fréquents, des périodes de pluie », dit Claude Desjardins.

Et ces épisodes seront probablement plus nombreux dans l'avenir, selon Alexandre Parent, météorologue à Environnement et Changement climatique Canada.

L'entretien des ponts de glace sera de plus en plus difficile.

Alexandre Parent, météorologue à Environnement et Changement climatique Canada

Les municipalités de Saint-Denis-sur-Richelieu et de Saint-Antoine-sur-Richelieu, en Montérégie, ont longtemps aménagé un pont de glace sur la rivière Richelieu durant l'hiver. Ils ont récemment mis fin à cette tradition.

« Dans les dix dernières années, l'entrepreneur qui était responsable de la gestion du pont de glace avait déjà constaté que les conditions étaient de moins en moins au rendez-vous, c'est-à-dire qu'il y a des courants qui ne gèlent plus, et puis la qualité de la glace n'est pas toujours au rendez-vous non plus, dit Ginette Thibault, mairesse de Saint-Denis-sur-Richelieu. Depuis l'an dernier, l'entrepreneur ne voulait plus le faire. Il trouvait que c'était beaucoup trop dangereux. »

Les deux municipalités souhaitent néanmoins conserver un lien direct, été comme hiver. « On regarde ce qui se fait ailleurs, dit Ginette Thibault. Il y a des traversiers qui fonctionnent à l'année. Ça peut être [grâce à] des systèmes qui empêchent la glace de prendre. » Une avenue qui reste encore à explorer.

Des ponts qui ont traversé l'histoire

Dans le passé, des ponts de glace ont été construits sur le fleuve Saint-Laurent, entre Québec et Lévis, entre autres. L'historien Jean Provencher, auteur de l'ouvrage Les Quatre Saisons dans la vallée du Saint-Laurent, en a fait une chronologie à partir du début du régime français, en 1608. « On utilisait le pont de glace, entre autres, pour transporter des produits très lourds, comme des briques et du bétail », dit-il.

Un chemin de fer a même déjà été installé entre Montréal et la Rive-Sud. « On tendait des rails, littéralement, et on traversait en train, dit Jean Provencher. On l'a fait là où est aujourd'hui le pont Victoria et on va le faire là où à peu près est le pont Jacques-Cartier. »

En plus d'accueillir des pêcheurs et des patineurs, les ponts de glace permettaient aux jeunes gens, des deux bords de la rive, de se fréquenter. « Entre Noël et le jour de l'An, le "pont des fêtes" se formait souvent entre Pointe-Platon, dans Lotbinière, et les Écureuils (municipalité fusionnée à Donnacona) en face. On retrouve maintenant des Lemay, qui viennent de Lotbinière, dans Portneuf. »

Le pont de glace Oka-Hudson fait aussi partie de l'imaginaire des citoyens de la région. Le maire d'Oka, Pascal Quevillon, espère qu'il le demeurera.

En plus de faciliter la vie d'automobilistes, la traverse favorise l'économie locale. « On est une destination récréotouristique à Oka avec le parc national et l'abbaye d'Oka, et ses sentiers autant d'hiver que d'été, dit le maire. C'est sûr que l'achalandage, quand le pont de glace ouvre, on voit une différence au niveau de la circulation. Donc, c'est bon pour les commerces. »

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