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Aux petits maux les grands moyens pour Alex Harvey

Alex Harvey
Alex Harvey Photo: La Presse canadienne / Geir Olsen

La décision de rentrer chez lui en plein Tour de ski était draconienne, mais il n'y a pas lieu de paniquer, assure Alex Harvey. C'est simplement que pour bien attaquer les mondiaux et les finales de la Coupe du monde à Québec, plus tard cet hiver, un passage à la maison s'imposait. « J'avais besoin d'une pause davantage au niveau moral que physique. »

Un texte de Guillaume Piedboeuf

« Ça fait du bien d’être à la maison. Surtout la semaine après le Tour de ski qui, à chaque année, est toujours très mollo pour moi. Quand tu ne skies pas beaucoup et tu es dans un hôtel en Europe à te tourner les pouces, ça peut être un peu ennuyant. »

Il y a huit ans qu’Alex Harvey n’était pas revenu au Québec en pleine saison de la Coupe du monde. Ce n’était pas dans ses plans de le faire cet hiver. Mais avec deux étapes à faire à l’exigeant Tour de ski et le podium hors d’atteinte, le skieur de 30 ans a estimé que le jeu n’en valait plus la chandelle.

Pas que sa saison soit une catastrophe. Sa médaille de bronze à Lillehammer, fin novembre, marquait seulement la deuxième fois de sa carrière où il signait un podium en Coupe du monde avant Noël. Mais sur la piste, Harvey ne se sentait pas tout à fait bien depuis quelques semaines et le moral commençait à en prendre un coup.

« C’est peut-être un écart d’une vingtaine de secondes qui me manque sur un effort de 35-40 minutes, donc ce n’est pas une grosse marge. Je ne suis pas loin du niveau où je veux être, mais il manque un petit peu de fraîcheur. Juste être prêt à vraiment tolérer l’effort et sentir que je peux bien terminer les courses. »

À un mois et demi des mondiaux, il fallait agir maintenant ou jamais. Aux petits maux, les grands moyens.

Alex HarveyAlex Harvey célèbre après avoir signé une troisième place au sprint, à Lillehammer, le 30 novembre. Photo : Nordic Focus

Retour aux sources

De retour à Saint-Ferréol-les-Neiges depuis dimanche, Harvey se contente d’un entraînement par jour, cette semaine, sur les pistes de son enfance. Pour le reste, il fait du ski alpin avec sa fiancée, cuisine plutôt que de manger des buffets d’hôtel, passe du temps avec sa famille et se change les idées.

« Ce sont des petites choses qui font du bien mentalement. »

Pour prendre le temps de recharger ses piles, Alex Harvey fera l’impasse sur une épreuve de la Coupe du monde, en Estonie, pour ne revenir sur le circuit que le 26 janvier, en Suède.

Physiquement, il a senti durant le Tour de ski qu’il « commençait à creuser un trou et s’enfoncer ». Quand venait le temps de trouver un second souffle en fin de course, il cassait.

Les bons amis sont partis

« Quand tu as quelques contre-performances d’affilée, ça affecte le mental. Après, tu commences presque à forcer les choses pour essayer que les bonnes sensations reviennent, et c’est peut-être la pire chose parce que tu deviens obsédé », explique l'athlète qui a participé à trois Jeux olympiques.

Ajoutez à cela la déprime passagère qui vient avec le fait de passer les Fêtes sur un autre continent loin de la famille, le fait que plusieurs de vos coéquipiers de longue date ont pris leur retraite après les Jeux de Pyeongchang et vous vous retrouvez dans un avion vers Québec.

« Ça a toujours été difficile de passer Noël loin de mes proches. Dans le passé, au moins, j’étais avec des coéquipiers qui étaient mes meilleurs amis. Cette année, je m’entends super bien avec les jeunes, mais c’est différent. Quand ça va moins bien, c’est plaisant de pouvoir compter sur tes bons amis pour te remonter le moral. »

Len Valjas, Alex Harvey, Knute Johnsgaard et Devon KershawKnute Johnsgaard et Devon Kershaw (3e et 4e à partir de la gauche), deux coéquipiers de longue date d'Alex Harvey, ont pris leur retraite l'hiver dernier. Photo : Getty Images / Adam Ihse

Les mondiaux dans la mire

Mais maintenant qu’il est de retour à Québec, pas question pour Harvey de s’apitoyer sur son sort. Il est loin d’être le seul à avoir abandonné le Tour de ski en cours de compétition. Même le grand Dario Cologna s’est avoué vaincu.

Certes, la décision de faire aussi l’impasse sur une épreuve de la Coupe du monde signifie que le skieur de Saint-Ferréol sacrifie ses chances au classement cumulatif. « Mais force est d’admettre que je ne suis pas dans la course pour ça cette année. J’ai déjà oublié ça. »

Défendre son titre de champion du monde au 50 km, puis bien faire devant les siens à Québec, lors des finales de la Coupe du monde, voilà ce sur quoi il se concentre.

Il devra ensuite décider s’il raccrochera définitivement ses skis. Aura-t-il pris goût à la maison au mois de janvier? La réponse dans quelques mois.

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