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La Biosphère à l’ère des changements climatiques

La Biosphère dans un paysage hivernal.
La Biosphère sur l'île Sainte-Hélène, à Montréal Photo: Radio-Canada / Frédéric Lacelle
Radio-Canada

La Biosphère éduque la population sur des enjeux environnementaux depuis 1995. Mais voilà que le seul musée de l'environnement en Amérique du Nord se tourne de plus en plus vers les réponses nécessaires aux bouleversements climatiques.

Un texte de Gabriel Laurin

D’abord un musée de l’eau, la Biosphère, située sur l’île Sainte-Hélène, à Montréal, s’est transformée en 2007 pour aborder un plus vaste éventail de questions liées à la nature.

Un nombre croissant d’activités et d’expositions ont mis l’accent sur les changements climatiques. Par exemple, depuis 2011, l’exposition + 1°C, Qu'est-ce que ça change? se penche sur les conséquences à travers le monde d’une augmentation des températures de 1 degré Celsius. Les dernières prévisions estiment d’ailleurs que la barre de 1,5 °C sera franchie entre 2030 et 2050.

Mais le musée de l’environnement propose aussi des solutions possibles afin de s’adapter et de réduire son impact environnemental. Des expositions, telles que Habitats 2067 : quartiers futuristes écoresponsables, explorent comment on peut produire des quartiers écoresponsables.

« La mission vise à faire de nos citoyens, de nos jeunes principalement, des écocitoyens, donc des gens qui sont responsables de leurs actions », souligne Jean Langlais, directeur de la Biosphère depuis 2006. M. Langlais soutient que la Biosphère cherche à inspirer les citoyens à « changer les choses », pour vivre dans « un environnement qui est sain ».

Il se trouve devant un mur végétal.Jean Langlais, directeur de la Biosphère Photo : Radio-Canada / Frédéric Lacelle

On pourrait être défaitiste devant les changements climatiques, mentionne M. Langlais. Par contre, les solutions existent et il faut motiver les gens à agir.

Des architectes avant-gardistes

Deux architectes ont conçu la Biosphère pour le pavillon des États-Unis de l’Exposition universelle de 1967 : Richard Buckminster Fuller et Shoji Sadao. La vision de Buckminster Fuller, pour qui le « vaisseau spatial Terre » est composé de ressources finies, influera largement sur ses créations.

Mener par l’exemple

En plus de sensibiliser la population, la Biosphère applique elle-même les principes auxquels elle souscrit.

Le secteur de l’énergie produit une grande partie des gaz à effet de serre. La Biosphère utilise ainsi la géothermie pour réduire le plus possible sa consommation. Des tuyaux passant dans le sol permettent au bâtiment de réguler sa température. En hiver, l’air souterrain réchauffe l’immeuble. En été, il le refroidit. Cela lui permet de diminuer radicalement la quantité d’électricité utilisée.

Selon Jean Langlais, la Biosphère a évité de produire des milliers de tonnes de gaz à effet de serre, en plus d’économiser des millions de dollars grâce à la géothermie.

Deux éoliennes sur la plus haute plateforme de la biosphère.De gauche à droite, l’éolienne expérimentale et l’éolienne urbaine Photo : Radio-Canada / Frédéric Lacelle

De plus, deux éoliennes font maintenant partie de sa structure. Elles se trouvent sur la plus haute plateforme du bâtiment, à l’intérieur même du dôme. La plus grande éolienne était expérimentale et n’est aujourd’hui plus en fonction. Avec son axe vertical, elle ressemble plus à un tonneau qu’à une éolienne classique.

Les énergies renouvelables constituent d'ailleurs une part importante de la consommation en électricité de la Biosphère :

  • économie d’énergie de 30 % à 40 % grâce à la géothermie;
  • la plus petite éolienne a une puissance moyenne de 1,8 kilowatt et elle produit 4800 kWh par année, soit le quart de la consommation en électricité d’une famille de 3 à 5 personnes;
  • la plus grande éolienne, alors qu’elle était active, avait une puissance moyenne de 5 kW.

Pendant quelques années, la Biosphère a accueilli la Maison solaire. Conçue par des étudiants québécois, elle montrait par exemple comment l’énergie solaire pouvait répondre aux besoins énergétiques d’une famille.

La Biosphère présentera dans les prochains mois l’exposition Montréal+. Des firmes d’architecture dévoileront des concepts d'aménagement urbain où Montréal limiterait sa production de gaz à effet de serre et s’adapterait aux changements climatiques. Pour M. Langlais, on « prépare l’opinion publique » au moment où de tels chantiers seront mis en oeuvre. « Ce sont des projets réalistes et réalisables », assure-t-il.

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