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Des consultations en janvier pour un premier point de vente de cannabis au Témiscamingue

Un gros édifice jaune vacant devait accueillir le dispensaire de cannabis.

L'édifice dans lequel devait s'installer l'entreprise Northern herbal supply

Photo : Radio-Canada / Lise Millette

Lise Millette

La Société québécoise du cannabis (SQDC) n'a toujours pas de point de service en Abitibi-Témiscamingue, mais sur le territoire de la Timiskaming First Nation, adjacent à la ville de Notre-Dame-du-Nord, l'entreprise Northern Herbal Supply espère ouvrir sous peu un comptoir de vente de produits du cannabis.

Dans l'ancien édifice Fraser, situé sur la route 101, le commerce a ouvert ses portes en douce le 1er janvier. Une affiche indiquant que l'endroit était réservé aux 18 ans et plus était apposée sur la porte d'entrée. L'endroit a cependant dû fermer ses portes en raison de problèmes mineurs a soutenu le propriétaire, Richard Ball, sur sa page Facebook.

Sur la page Facebook, Northern Herbal Supply Dispensary est présenté comme un lieu où se procurer légalement et de manière sécuritaire des produits du cannabis.

L'ouverture de ce commerce soulève un intérêt senti chez les membres la communauté, même si certains s'inquiètent de voir naître un point d'accès. Le propriétaire, Richard Ball, assure qu'il veillera à ce que les mineurs n'aient pas accès à ses installations et assure également que son objectif est de mettre en place un distributeur légal de cannabis en écartant le marché noir, a-t-il exprimé sur Facebook.

L'immeuble a été vidé de son contenu et sur la porte une affiche précise que les produits ont tous été retirés.

Le commerce a été rapidement fermé et vidé de son contenu le temps de consulter la communauté de TFN

Photo : Radio-Canada / Lise Millette

Le Conseil de bande consultera ses membres

Le directeur général de la Timiskaming First Nation, Arden McBride, assure vouloir faire les choses correctement. Afin de permettre au commerce d'avoir pignon sur rue, il y aura consultation des membres de la communauté. Une réunion publique se tiendra le 15 janvier, à l'aréna de la communauté.

Ce sera une soirée d'information et suivra un référendum pour la communauté afin que tous les membres décident sur cet important sujet. Le 28 janvier, ce sera la date pour le référendum. Une fois le questionnaire complété, on verra si le commerce pourra ouvrir ou non, a mentionné M. McBride.

Le conseil de bande tient à sonder chaque membre, comme l'assure la vice-cheffe, Colleen Polson.

Nous allons aller de porte en porte pour rencontrer l'ensemble de la communauté. Nous souhaitons demander si les membres de la communauté veulent d'un tel projet, si le Conseil de bande doit être en partie propriétaire ou non, soutient la vice-cheffe.

Des membres du conseil de bande pose devant les drapeaux dans un immeuble de la réserve TFN au Témiscamingue

Arden McBridge, directeur général du Conseil de bande de la Timiskaming First Nation accompagné de Colleen Polson et Sacha Wabie

Photo : Radio-Canada / Lise Millette

Colleen Polson en fait une question de sécurité pour la communauté.

S'ils ouvrent de nouveau, il faudra assurer la sécurité à la fois des gens, mais aussi du commerce et des propriétaires de ce commerce, insiste Mme Polson. Elle ajoute qu'à son avis, les éventuels clients devraient avoir au minimum 21 ans pour accéder au commerce, ce que partage aussi Sacha Wabie, conseillère au Conseil de bande.

Le cerveau est encore en développement à 18 ans, 21 ans me semble plus approprié. Nous souhaitons aussi élaborer une politique avec des lignes directrices très claires sur ce qui peut être vendu et aussi s'assurer que les gens qui vendent n'ont pas de dossier criminel, souligne Sacha Wabie.

Le projet est dans l'air depuis des semaines

L'idée de lancer un commerce qui vend des produits du cannabis circulait dans la communauté depuis plusieurs semaines. Le 19 décembre, le Conseil de bande avait d'ailleurs adopté une résolution pour statuer qu'avant toute chose, il fallait baliser la question et entendre la communauté sur la question.

Le conseil avait aussi clairement indiqué qu'aucun commerce ne serait toléré sans l'accord préalable des membres de la communauté de TFN.

Une affiche avec le nom du commerce Northern Herbal Supply a été déposée au sol dans un local passablement vide.

L'intérieur du commerce situé sur la route 101 sur le territoire de la réserve de la Timiskaming First nation

Photo : Radio-Canada / Lise Millette

Arden McBride tient toutefois à préciser qu'actuellement, le conseil n'est ni pour ni contre Northern Herbal Supply.

C'est à la communauté de s'exprimer. Cela dit, si c'est ouvert, est-ce qu'il va y avoir des clients de Val-d'Or, Rouyn, de Malartic? Beaucoup de gens vont venir ici. Il y a beaucoup de choses qu'il faut regarder avant d'ouvrir un dispensaire dans notre communauté. On va avoir beaucoup de trafic, beaucoup de gens. Ce n'est pas juste pour la drogue, parce qu'il va y avoir plusieurs personnes qui vont entrer dans notre communauté et qu'il faut protéger notre monde aussi en même temps, résume-t-il.

Les promoteurs du projet Northern Herbal Supply ont rencontré des membres du conseil à qui ils ont présenté leur projet. Ils ont accepté la procédure proposée et assurent que si la communauté ne veut pas qu'ils s'établissent, ils respecteront cette volonté.

D'autres boutiques autochtones

Au Québec, la communauté de Kanesatake a été la première à avoir un comptoir de vente de cannabis. Le grand chef, Serge Otsi Simon, affirmait avoir été pris de court devant la rapidité avec laquelle ce commerce a été mis en place.

En Saskatchewan, cet automne, la cheffe de la Première Nation de Sakimay, Lynn Acoose, avait déclaré vouloir élaborer, avec la communauté, leurs propres règles, en marge de la loi fédérale.

La souveraineté des Premières Nations en matière de cannabis sur leurs différents territoires a aussi été abordée au printemps dernier, lors de l'assemblée extraordinaire des chefs, qui se tenait au mois de mai 2018.

La déclaration adoptée stipulait que Les Premières Nations détiennent une compétence inhérente sur les initiatives de développement économique, tant au niveau fédéral que provincial, et possèdent le pouvoir de gérer la production, l'octroi de permis et la distribution de cannabis légalisé.

Le gouvernement n'a pas tenu les Premières Nations au courant de ses intentions et n'a pas discuté avec elles, a souligné Arden McBride.

Du côté de la Société québécoise du cannabis, le porte-parole Fabrice Giguère a confirmé que Northern Herbal Supply n'est pas affilié à la SQDC et qu'il n'y a pas non plus d'entente avec eux.

Abitibi–Témiscamingue

Cannabis