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La hausse du nombre de locations à court terme aggrave la crise du logement à Toronto

Photo d'une propriété à louer à Yorkville et d'une autre au centre-ville.
Deux propriétés à louer à Toronto sur le site d'Airbnb. Photo: Site d'Airbnb
Lyne-Françoise Pelletier

C'est ce que révèle le nouveau rapport de la coalition Fairbnb, un organisme qui milite pour réglementer les locations à court terme dans la métropole.

Le rapport intitulé Addressing Toronto's Housing Crisis donne un aperçu des avancées d'Airbnb depuis l'adoption du nouveau cadre réglementaire pour les locations à court terme, en décembre 2017.

Il suggère aussi à quel point le règlement pourrait être efficace s'il était mis en oeuvre le premier juin.

Cadre réglementaire adopté en décembre 2017 par le Conseil municipal de Toronto

  • Seulement la résidence principale d'un hôte peut être louée
  • Limite de location de 180 jours par année
  • Maximum de trois chambres louées par résidence

Mais des résidents contestent ce cadre réglementaire de la Ville devant le Tribunal d'appel de l'aménagement local. L'audience est prévue pour le 26 août 2019.

Hausse des locatifs

Le rapport révèle que le nombre d'annonces de locations à court terme sur Airbnb est passé de 15 610 en décembre 2017 à 19 255 en décembre 2018, soit une augmentation de 23 % en un an.

Parmi ces 19 255 inscriptions, 64,3 % (ou 12 374) concernent des locations de condos, d'appartements ou de maisons entières.

De plus, près du tiers de celles-ci (ou 6479) sont proposées par des hôtes qui possèdent plus d'une propriété et qui acceptent des réservations excédant 180 jours par année.

Il s'agit de locations touristiques à plein temps, ou d'hôtels fantômes, qui ne sont pas conformes au règlement de location à court terme adopté par la Ville de Toronto.

Thorben Wieditz, porte-parole de Fairbnb

De plus, ces 6479 logements locatifs sont situés dans les endroits le plus prisés de la ville, ajoute le porte-parole de Fairbnb Thorben Wieditz : ce sont des condos au bord de l'eau, au centre-ville et le long des lignes de métro.

Taux d'inoccupation bas

Toronto connaît l'un des taux d'inoccupation les plus bas du pays, soit 1,1 %.

Le conseiller municipal Joe Cressy affirme qu'il y aurait un répit dans la crise du logement abordable à Toronto si Airbnb se conformait au règlement de la Ville.

Airbnb n'a qu'à retirer ces inscriptions (6479) de sa plateforme, ajoute l'élu, et remettre ces résidences sur le marché du logement.

Cela ferait une différence pour des milliers de familles à la recherche de résidences permanentes.

Joe Cressy, conseiller municipal de Toronto

M. Cressy admet que la Ville de Toronto n'a aucun recours juridique pour forcer Airbnb à respecter son cadre réglementaire avant l'audience prévue au Tribunal d'appel de l'aménagement local, le 26 août 2019.

Il fait appel à la bonne volonté des dirigeants de la société américaine.

Le conseiller municipal demande aussi que le gouvernement de l'Ontario réglemente les locations à court terme pour combattre la crise du logement abordable.

Airbnb souligne par voie de communiqué, qu'il est troublant de constater que le lobby de l'industrie hôtelière plaide en faveur de contourner un processus démocratique mis en place pour donner la parole aux citoyens de Toronto.

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