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Qui est Benoit Charette, nouveau ministre de l'Environnement du Québec?

Aux côtés du premier ministre François Legault, le nouveau ministre de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, Benoit Charette, s'adresse aux journalistes au cours du point de presse de mardi.

Le premier ministre François Legault a remplacé MarieChantal Chassé par Benoit Charette à la tête du ministère de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques.

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Radio-Canada

Que nous réserve le nouveau ministre de l'Environnement du Québec, Benoit Charette, entré en fonction mardi, en remplacement de MarieChantal Chassé? Retour sur un parcours politique déjà bien rempli et sur ses positions en matière d'environnement.

Âgé de 43 ans, ce diplômé de l’École nationale d’administration publique, aujourd’hui père de trois enfants, entreprend son mandat avec huit ans d’expérience parlementaire derrière la cravate.

Élu sous la bannière du Parti québécois dans Deux-Montagnes en décembre 2008, il claque la porte par désenchantement envers son projet souverainiste deux ans et demi plus tard.

Il rejoint finalement la toute jeune Coalition avenir Québec (CAQ) en décembre 2011, mais son mandat sera très court; aux élections de septembre 2012, il est défait par le péquiste Daniel Goyer.

Après avoir été directeur des cabinets du whip et du leader de la CAQ pendant deux ans, Benoit Charette récupère son poste de député de Deux-Montagnes en avril 2014.

Sur les banquettes de la deuxième opposition, il sera porte-parole pour de nombreux dossiers, dont les affaires intergouvernementales canadiennes, les relations internationales et la francophonie, ainsi que le transport.

C’est à ce titre qu’il développe le plan de la CAQ pour décongestionner le réseau routier de la grande région de Montréal, qui préconise le développement des transports collectifs, mais aussi du réseau routier.

Quelques engagements de la CAQ en matière de transports dans la région métropolitaine

  • Prolongement du Réseau express métropolitain (REM) sur 22 kilomètres, de Brossard jusqu'à Chambly, et de 17 km à Laval, notamment le long de l'autoroute 15;
  • D’autres phases d’expansion du REM sont aussi envisagées sur l’emprise de l’autoroute 440, à Laval, et de Brossard jusqu’à Boucherville et Sainte-Julie;
  • Mise à l’étude d’un projet de prolongement de la ligne jaune du métro, en partie en souterrain, en partie en surface le long du boulevard Rolland-Therrien;
  • Revitalisation du boulevard Taschereau avec un tramway de 6,5 kilomètres, de Longueuil à Brossard, avec une interconnexion au REM;
  • Aménagement d’un tramway qui irait de la pointe de l’île jusqu’au centre-ville, avec un embranchement vers le nord jusqu'au cégep Marie-Victorin;
  • Élargissement de l’autoroute 30 à 3 voies sur le tronçon entre les autoroutes 10 et 20 pour du transport collectif;
  • Prolongement de l’autoroute 19, jusqu’à Bois-des-Filion, et de l’autoroute 13, jusqu’à l’autoroute 50, sous la forme d’un boulevard urbain;
  • Instauration d’incitatifs fiscaux en faveur du covoiturage, et ajouts de stationnements incitatifs pour le transport collectif dans la région métropolitaine.

Bien avant le dévoilement de ce plan, la CAQ s’était aussi résolument engagée en faveur de la construction d’un 3e lien routier entre Québec et Lévis, un projet qui fait grincer des dents les défenseurs de l’environnement. Le parti appuie aussi le projet de tramway à Québec.

LA CAQ s’est aussi engagée à respecter les cibles de réduction des gaz à effet de serre (GES) fixées pour 2030 (diminution de 37,5 % des GES par rapport au niveau de 1990) et à adopter un plan de transition vers une économie sobre en carbone, en misant notamment sur l’hydroélectricité.

C’est un beau privilège d’avoir l’occasion de s’attaquer à ces défis environnementaux. On l’a vu au cours des dernières semaines, des derniers mois, notamment pendant la campagne électorale : les Québécois sont de plus en plus soucieux des questions environnementales. Donc c’est un très beau défi.

Benoit Charette, ministre de l'Environnement

3e lien et développement du transport collectif vont de pair, dit Charette

Répondant pour une première fois aux questions des journalistes à titre de ministre mardi après-midi, M. Charette ne s’est pas écarté des engagements de la CAQ. Il a notamment assuré que la CAQ veut réduire les GES du Québec, mais sans donner plus de détails.

« En même temps, l’environnement, ce n’est pas que la réduction des GES », a-t-il ajouté. « Il y a la qualité de l’eau qui est chère également aux Québécois. Il y a la gestion des déchets. Ce sont tous des enjeux sur lesquels je prendrai beaucoup de plaisir à travailler au cours des prochaines semaines. »

Lors d’un débat électoral sur les questions environnementales organisé par Radio-Canada pendant la campagne électorale, il avait été un peu plus précis en matière de réduction des GES.

Nous, on veut s’attaquer clairement aux questions relatives aux transports et à l’industrie. Ces deux domaines représentent essentiellement 72 % de nos émissions de GES. […] Au niveau du transport, ça passe beaucoup par le transport collectif.

Benoit Charette, lors d'un débat électoral sur l'environnement à Radio-Canada, le 21 septembre

M. Charette a d'ailleurs réitéré mardi que son parti appuyait la construction du 3e lien entre Québec et Lévis en faisant valoir la nécessité de développer du transport collectif dans la région.

« Pour nous, le 3e lien n’est pas en contradiction avec le transport collectif, au contraire », a-t-il plaidé, après avoir déclaré que le pont de Québec et le pont Pierre-Laporte reliant actuellement Québec à sa rive sud ne pourraient pas accueillir une infrastructure à cette fin.

« Si on devait ajouter par exemple un tramway sur le pont Pierre-Laporte, il faudrait retrancher des voies qui sont déjà passablement à l’étroit », a argué le nouveau ministre de l’Environnement.

M. Charette est aussi en phase avec son parti sur le Fonds vert, qui doit financer des mesures visant à réduire les émissions de GES, mais dont la gestion est sévèrement critiquée.

« Je ne sais pas si c’est le Fonds vert qui est la meilleure instance pour les financer », a-t-il déclaré lors du débat organisé par Radio-Canada en septembre.

Lors de la campagne électorale, M. Charette avait aussi promis qu’un gouvernement de la CAQ rouvrirait le sentier de motoneige Caribou, dans le Parc national du Mont-Tremblant.

« Un gouvernement caquiste va rouvrir l’article 21 de la Loi sur les parcs pour permettre aux motoneigistes de circuler à nouveau », a-t-il déclaré, selon L’information du Nord Saint-Agathe.

« Difficile de s’engueuler avec M. Charette »

En entrevue à 24/60 mardi soir, l’éditorialiste de La Presse Paul Journet a dit croire que l’expérience et les qualités personnelles de M. Charette l’aideront dans sa nouvelle tâche.

M. Charette, c’est quelqu’un de très diplomate, très affable. On pourrait même dire que c’est difficile de s’engueuler avec M. Charette, même avec beaucoup de mauvaise foi.

Paul Journet, éditorialiste et ancien correspondant parlementaire de La Presse à Québec

« C’est quelqu’un qui est réputé comme étant un gentleman. Et l’environnement, c’est un sujet pour lequel il faut constamment faire des arbitrages », a ajouté l’ancien correspondant parlementaire du quotidien.

Qui plus est, « il va être capable de répondre » aux questions des journalistes, ce qui n’était visiblement pas le point fort de sa prédécesseure.

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