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Aînés debout : des chercheurs combattent la sédentarité dans les foyers de soins

Les jambes et les pieds d'une personne qui avance avec une marchette.
Des étudiants se rendent dans des foyers de soins au Nouveau-Brunswick pour inciter les résidents âgés à se lever plus souvent, dans le cadre d'un projet de recherche. Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

Des chercheurs de l'Université de Moncton et de l'Université du Nouveau-Brunswick (UNB) visiteront quatre foyers de soins en janvier pour inciter leurs résidents âgés à choisir plus souvent la position debout, dans l'intérêt de leur santé.

L’initiative est dirigée par une professeure de kinésiologie de UNB, Danielle Bouchard. S’il y a une tranche de la population qui bénéficierait le plus de la position debout, c'est bien celle des aînés, assure-t-elle.

Les dangers à long terme pour la santé de rester trop souvent assis gagnent de plus de en plus la conscience populaire. L’Agence de la santé publique du Canada a même lancé la campagne l’Antikyloseur pour encourager la création de milieux de travail moins sédentaires.

Elle encourage les employés à se tenir plus souvent debout, pour améliorer leur santé. Elle estime qu’avec plus de pauses debout, les employés se concentrent mieux, sont plus productifs et améliorent la qualité de leur travail.

Danielle Bouchard affirme qu’il est souhaitable pour rester en santé d’être actif physiquement, ne serait-ce qu’en marchant régulièrement, mais pour ceux qui sont incapables de faire une activité de cette intensité, de rester debout est une option a peut apporter certains bénéfices.

Ces bénéfices comprennent une meilleure circulation sanguine, une plus grande mobilité et un meilleur fonctionnement moteur.

Une expérience concluante

Déjà, l’été dernier, elle a supervisé un groupe de 10 étudiants qui se sont rendus dans un foyer de soins de Fredericton quatre fois par semaine, trois fois par jour pendant 10 semaines, pour inciter les résidents à se lever et les aider à rester debout un certain temps.

À la fin de l’expérience, la résistance de certains aînés s’était améliorée considérablement. Il y en avait un qui ne pouvait rester debout plus de 10 minutes au début, relate une diplômée en kinésiologie, Amanda Lee. À la fin, il restait debout une heure entière!

D’autres ont pu accroître leur distance de marche.

Une préposée aux soins aide une aînée à se déplacer dans un corridor.Le fait de se lever plus souvent aide les aînés à conserver leur capacité motrice et une plus grande autonomie. Photo : Reuters / Thomas Peter

Des proches ont remarqué d’autres effets positifs de l’expérience : le degré de confiance de certains participants a augmenté et ils sont devenus plus autonomes.

Des chercheurs de UNB iront dans deux autres foyers de Fredericton au cours des six prochains mois; deux autres chercheurs de l’Université de Moncton se rendront eux aussi dans des foyers qui n’ont pas encore été choisis.

Les résultats de ces expériences seront comparés à ceux d’un groupe témoin où aucune intervention ne sera faite auprès des aînés.

La crainte des chutes

Selon Danielle Bouchard, il reste du travail à faire pour convaincre les dirigeants des foyers de soins d’inciter leurs résidents sédentaires à se lever plus souvent. Leur hésitation, dit-elle, vient généralement de la crainte de voir plus de résidents faire des chutes.

On crée ainsi un cercle vicieux, déplore-t-elle, parce qu’en les installant dans un fauteuil roulant pratiquement en permanence, le risque de faire une chute lorsqu’ils doivent se mettre debout pour des activités routinières comme se brosser les dents ou entrer dans un bain devient plus grand parce qu’ils sont devenus trop faibles.

Une préposée aux soins aide un patient à se déplacer en fauteuil roulantDe garder des personnes âgées dans des fauteuils roulant en quasi permanence accélère leur dépérissement, selon Danielle Bouchard. Photo : Shutterstock

Elle suggère d’intégrer la position debout aux activités existantes des foyers de soins. Par exemple, lors des jeux de bingo, on peut demander à tout le monde de se lever lorsque la lettre B est prononcée.

Elle affirme d’autre part que les étudiants dans son domaine pourraient donner un coup de main plus fréquemment aux foyers. Ils veulent vraiment acquérir de l’expérience auprès des aînés et les aînés adorent les recevoir!

Avec les informations de CBC

Nouveau-Brunswick

Santé publique