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Les actionnaires d'Aimia approuvent la vente d'Aéroplan

Des cartes du programme de fidélisation Aéroplan
Des cartes du programme de fidélisation Aéroplan Photo: Radio-Canada
La Presse canadienne

Les actionnaires d'Aimia ont voté mardi pour la vente de son programme de fidélisation Aéroplan à un consortium dirigé par Air Canada, une opération de 450 millions de dollars qui pose certaines questions quant à l'avenir d'Aimia.

L'accord donnera à Air Canada un meilleur accès aux données des clients et augmentera probablement les marges à court terme, ont estimé des analystes.

Aimia, société d'analyse des comportements des consommateurs, disposera, quant à elle, de plus d'un milliard de dollars en espèces, a fait valoir Mittleman Brothers, principal actionnaire de la société.

« Nous devons étudier toutes les possibilités », a affirmé mardi le président d'Aimia, Robert Brown.

Il a minimisé la possibilité de payer ses actionnaires et de procéder à une dissolution de la société inscrite à la Bourse de Toronto dans un avenir proche.

« Les gens ne devraient pas voir les choses de cette manière. Ce qui est vraiment important, c'est que nous entamons une période de réflexion. »

Aéroplan va maintenant « se battre » avec le programme de fidélisation PC Optimum, des Compagnies Loblaw, dont les 16 millions de membres gagnent des points par l'entremise d'achats effectués dans les épiceries Loblaw (Provigo), Shoppers Drug Mart (Pharmaprix) et Esso, a observé l'expert en consommation Tony Chapman.

« Shoppers et PC vont leur en donner pour leur argent. [...] Leur gratification est beaucoup plus immédiate », a souligné M. Chapman.

« Selon moi, Aéroplan relève plus de la fantaisie : "Bon sang, j'espère avoir assez de points pour aller à Hawaï." Ils jouent donc sur des territoires très différents », a-t-il ajouté.

Air Canada a indiqué que les membres d'Aéroplan verraient leurs points transférés dans un nouveau programme de fidélité avec la compagnie aérienne lorsque son partenariat avec Aimia expirera en 2020.

Conclusion dans les prochains jours

En vertu de l'accord, Air Canada rachètera Aéroplan contre de l'argent et assumera 1,9 milliard de dollars de passif envers les détenteurs de points, partiellement garanti par deux banques proposant des cartes de crédit Aéroplan.

La Banque TD et la Banque CIBC verseront à Air Canada environ 1,2 milliard au total, en plus du paiement d'un montant non divulgué de Visa Canada. Les banques et Visa ont accepté de rester partenaire du programme au moins jusqu'en 2030.

Les actionnaires d'Aimia ont officialisé leur approbation lors d'un vote à Montréal mardi matin, à la suite des autorisations réglementaires d'Ottawa en novembre. L'accord, conclu en août, devrait être finalisé « dans les prochains jours ».

Les deux dernières années ont été mouvementées pour la société établie à Montréal. Rupert Duchesne, l'ancien chef de la direction d'Aimia, a quitté son poste en janvier 2017 et a été remplacé par Jeremy Rabe en mai 2018. L'ancien président et directeur de la stratégie, Nathaniel Felsher, est parti en novembre moins de trois mois après son entrée en fonction.

Les autres actifs d'Aimia comprennent une participation de 48 % dans le programme de fidélisation d'Aeromexico, PLM, et une part de 20 % dans le programme de fidélisation d'AirAsia, Think Big.

L'analyste Chris Murray, d'Altacorp Capital, a évoqué le programme de fidélisation du transporteur australien Qantas Airways, qui compte plus du double des cinq millions de membres d'Aéroplan, comme modèle pour Air Canada et ses partenaires.

« Je pense qu'Air Canada aurait vraiment intérêt à essayer d'améliorer le programme », a-t-il estimé.

« Ils ne font pas que concurrencer WestJet, ils concurrencent British Airways et Air France KLM, ainsi que Delta et United et American Airlines, ainsi que d'autres transporteurs aériens mondiaux pour les passagers de grande valeur qui souhaitent voyager à l'étranger », a poursuivi Chris Murray.

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