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Une étude impliquant des loups ontariens menacée par la paralysie de l'État américain

Un loup qui sort d'une cage

Plusieurs loups ont été transférés vers le Parc national de l'Isle Royale à partir de l'automne dernier, dans le but de contrer le déclin de cette population animale.

Photo : Service des parcs nationaux des États-Unis

Radio-Canada

La paralysie partielle du gouvernement américain inquiète des chercheurs qui s'intéressent à la population de loups du Parc national de l'Isle Royale au Michigan. En raison de la situation politique, le déplacement de loups ontariens vers ledit parc, prévu en janvier, pourrait également être reporté.

Les activités du Parc national de l’Isle Royale, qui relève de l’administration fédérale américaine, sont interrompues jusqu’à la fin de la paralysie partielle qui a commencé le 22 décembre.

La faune de l’Isle Royale fait l’objet d’une étude scientifique qui a commencé il y a plus de 60 ans. Il s’agit en effet de l’étude la plus longue jamais menée sur les relations entre les proies et les prédateurs dans la catégorie des mammifères.

Si le fonctionnement normal de l’administration américaine n’est pas rapidement rétabli, les chercheurs ne pourront pas, pour la toute première fois, faire la collecte de données annuelle qu’ils mènent chaque hiver. Ils devaient l’entamer la semaine prochaine.

Nous sommes complètement bloqués. Ça perturbe tous les plans de recherche que nous avions établis pour cette année.

Rolf Peterson, professeur d’écologie à la Michigan Technological University
Un homme en chemise carrelée debout contre un arbreAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le professeur Rolf Peterson de la Michigan Technological University prend part à l'étude sur la faune de l'lsle Royale depuis plus de 40 ans.

Photo : Michigan Technological University

Le professeur Rolf Peterson de la Michigan Technological University, qui s’intéresse à l’étude depuis plus de 40 ans, dit attendre impatiemment la fin de la paralysie.

La collecte de données qui dure sept semaines doit être effectuée en hiver, car les loups sont moins dispersés et l’interception des louves dans les tanières est plus facile.

Une année importante pour le projet

L’automne dernier, les responsables du Parc national de l’Isle Royale ont entrepris l’introduction de nouveaux loups afin d’équilibrer les populations de loups et d’orignaux.

Cette année est d’une très grande importance. Ç’aurait été pour nous la première occasion de voir les nouveaux loups qui ont été ajoutés et observer leur comportement, explique le professeur Peterson.

L’écologiste David Lesbarrères de l’Université Laurentienne atteste également de l’importance de l’étude scientifique.

Le fait que l’étude ait duré depuis extrêmement longtemps, c’est une chose qui est assez rare.

David Lesbarrères, professeur d’écologie à l’Université Laurentienne
Photo de David dans les locaux de Radio-CanadaAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Dr. David Lesbarrères, biologiste et doyen de la Faculté des études supérieures de l'Université Laurentienne

Photo : Josée Perreault

Si on a des études qui ne durent que quatre ou cinq ans, on est un peu limité dans les conclusions qu’on peut faire, alors que là, sur des durées assez grandes, on peut voir des effets aussi bien des changements climatiques, mais aussi des effets de la chasse, des politiques de gestion de la faune qui sont mises en place. Ça a plus de valeur pour faire des conclusions, indique-t-il.

Dans leurs travaux, les chercheurs qui mènent l’étude sur la faune de l’Isle Royale évaluent notamment le nombre de loups et d’orignaux et déterminent les taux de prédation des loups.

La proximité, avantage des loups ontariens

Une prolongation de la paralysie partielle pourrait aussi mettre à mal le déplacement de loups ontariens vers l’île américaine.

La première cohorte de loups issus de l’île Michipicoten, dans le nord-est du lac Supérieur, devait être héliportée vers l’Isle Royale en janvier. Le Service des parcs nationaux des États-Unis a obtenu l’aval du gouvernement ontarien en 2018.

La porte-parole du ministère des Richesses naturelles et des Forêts (MRNF), Jolanta Kowalski, indique dans un courriel envoyé mardi à Radio-Canada que le transfert a déjà subi un retard en raison des travaux d’entretien de l’hélicoptère censé transporter les loups. Les travaux devraient être complétés cette semaine.

Le MRNF travaille conjointement avec le sous-traitant propriétaire de l’hélicoptère ainsi que le Service des parcs nationaux des États-Unis pour trouver une nouvelle date de transfert des loups, écrit-elle.

Une carte situant le Parc national de l'isle RoyaleAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'Isle Royale, qui se trouve dans le lac Supérieur, fait partie de l'État américain du Michigan et se trouve près de la ville ontarienne de Thunder Bay.

Photo : Radio-Canada / Cam Gauthier

Si les loups sont en déclin à l’Isle Royale, leur nombre croissant constitue plutôt une menace pour les caribous à l’île Michipicoten.

Selon David Lesbarrères, le choix de l’île ontarienne comme source d’approvisionnement des États-Unis permet donc de rééquilibrer la taille des populations animales de part et d’autre, mais la proximité de l’île Michipicoten accroît aussi la capacité d’adaptation de ces loups à l’Isle Royale.

En hiver, quand le lac Supérieur est gelé, les loups circulent aussi bien vers le Michigan que vers l’Ontario. Les loups de l’île Michipicoten sont donc génétiquement très proches et donc, on n’a aucun risque d’introduire de nouveaux gènes ou des mutations qui seraient inappropriés pour la population de l’Isle Royale, explique-t-il.

Les loups, comme beaucoup d’espèces d’ailleurs, ne connaissent pas les frontìères politiques.

David Lesbarrères, professeur d’écologie à l’Université Laurentienne

Il estime d’ailleurs que le ministère des Richesses naturelles et des Forêts de l’Ontario pourrait bénéficier également des résultats de l’étude pour établir ses politiques de protection de la faune.

Avec les informations de CBC

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