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Une visite nord-coréenne passée sous silence à Ottawa

Le parlement fédéral à Ottawa
En septembre dernier, une délégation de la République populaire démocratique de Corée (RPDC) est venue à Ottawa pour des rencontres avec des représentants canadiens. Photo: La Presse canadienne / Adrian Wyld
Radio-Canada

Le Canada a accueilli discrètement des hauts fonctionnaires de la Corée du Nord l'automne dernier, un effort pour convaincre l'État policier de respecter les droits de la personne et d'abandonner sa quête d'un arsenal nucléaire.

Un texte de Katie Simpson

CBC News a confirmé qu'à la fin septembre, une délégation de cinq personnes de la République populaire démocratique de Corée (RPDC) est arrivée à Ottawa pour une série de rencontres avec des représentants canadiens.

Un haut fonctionnaire du gouvernement, qui s'est exprimé sur le contexte, a déclaré que le Canada a profité de ces deux jours de discussions « pour faire pression en faveur de la dénucléarisation et présenter directement, face à face, des préoccupations très réelles en matière de droits de la personne avec des interlocuteurs nord-coréens. »

On ne sait toujours pas comment la réunion a été proposée ou organisée, mais la source a dit que les représentants canadiens ont accueilli favorablement ces conversations.

« Ce n'est pas quelque chose que le Canada a l'occasion de faire tous les jours », a ajouté la source.

Bien que de tels contacts de haut niveau avec les représentants de la Corée du Nord soient rares, le représentant a déclaré que le Canada ne change pas pour autant sa position vis-à-vis du régime de Kim Jong-un.

Cela ne fait pas partie d'un effort global de régularisation des relations.

Un haut fonctionnaire fédéral

En 2010, le Canada a resserré les sanctions contre la Corée du Nord et a imposé de nouvelles restrictions aux contacts bilatéraux après l'attaque à la torpille d'un navire de guerre sud-coréen qui a tué 46 marins. Une équipe internationale d'enquêteurs a conclu que la torpille venait d'un sous-marin nord-coréen.

La politique d'engagement limité du Canada stipule qu'Ottawa ne traitera avec Pyongyang qu'en matière de sécurité régionale, de droits de la personne, de préoccupations humanitaires, de relations intercoréennes et de questions consulaires.

Des missiles intercontinentaux lors d'un défilé militaire à Pyongyang.Il n'y a pas si longtemps, la Corée du Nord faisait parader ses missiles intercontinentaux capables d'envoyer une charge nucléaire jusque dans la capitale américaine. Photo : Reuters / Damir Sagolj

La visite de 2018 à Ottawa a été organisée avec la bénédiction des proches alliés du Canada, dont les États-Unis.

« Nous sommes toujours en contact avec nos proches partenaires et alliés au sujet de notre approche unifiée en termes de pression sur la Corée du Nord », a déclaré le responsable.

« Il y a des échanges réguliers entre les partenaires, sur la façon dont nous pouvons travailler en collaboration, en particulier en ce qui concerne la dénucléarisation. C'est un problème de sécurité mondial. »

James Trottier est un ancien diplomate qui a dirigé quatre missions canadiennes en Corée du Nord et a aidé à négocier la libération d'un pasteur canadien qui y était emprisonné. Il a dit qu'il aimerait que le Canada prenne d'autres mesures pour rétablir les liens diplomatiques traditionnels avec le régime.

« Cela nous mettrait sur un pied d'égalité avec les États qui ont le même point de vue, ce qui nous permettrait d'avoir une évaluation directe de la situation en Corée du Nord », a-t-il déclaré dans une entrevue accordée à CBC News de Bangkok, en Thaïlande.

Rex Tillerson serre la main de Chrystia Freeland.La ministre des Affaires étrangères du Canada, Chrystia Freeland, et son homologue américain, le secrétaire d'État Rex Tillerson, sont les hôtes de cette conférence internationale. Photo : La Presse canadienne / Jonathan Hayward

Cela « redonnerait aussi au Canada le rôle qui lui revient dans les discussions entre les États » sur la Corée du Nord, a-t-il ajouté.

« Pour l'instant, nous avons un accès limité et des informations limitées », a dit M. Trottier.

L'ancien diplomate a cité l'exemple de la réunion des ministres des Affaires étrangères sur la sécurité et la stabilité dans la péninsule coréenne qui s'est tenue en janvier dernier à Vancouver, sous les auspices de la ministre des Affaires étrangères Chrystia Freeland et du secrétaire d'État américain d'alors, Rex Tillerson.

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