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Lock-out à l’ABI : nouvelle tentative du ministre Boulet pour dénouer l'impasse

Pancarte de l'ABI derrière des travailleurs qui tiennent des pancartes

La direction de l'Aluminerie de Bécancour inc. (ABI) a déclenché un lock-out le 11 janvier 2018.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le ministre du Travail et de l'Emploi et de la Solidarité sociale, Jean Boulet, adopte une nouvelle mesure dans l'espoir de mettre fin au lock-out qui touche 1030 travailleurs à l'Aluminerie de Bécancour inc. (ABI) depuis près d'un an. Il va former un groupe de travail au sein du ministère qui aura comme objectif d'aider les deux parties.

Il va mettre à la disposition de la direction et du syndicat trois personnes spécialisées dans les domaines de l’économie, de la sociologie, du droit et des relations de travail.

Le groupe de travail pourra les guider sur les meilleures façons d’atteindre leur objectif, dit-il.

La balle est dans le camp des parties. Moi, je veux créer les conditions les plus favorables possible pour les aider, les accompagner, je veux être le meilleur facilitateur possible.

Jean Boulet, ministère du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale

Le but fondamental est qu’il y ait un règlement négocié par les parties, affirme le ministre, mais cette fois-ci, il ne s’avance pas à fixer une date butoir.

Par ailleurs, le ministre responsable de la région de la Mauricie, Jean Boulet, avait prévu rencontrer les membres du conseil de médiation après la pause des fêtes et c’est ce qu’il a fait lundi, à Montréal.

Pour écouter l'entrevue de Jean Boulet à l'émission 360 PM, cliquez ici.

Encore loin d’un règlement

Le conseil de médiation s’est buté à des positions bien ancrées, affirme Jean Boulet, qui avait mis ce conseil sur pied pour aider les deux parties à parvenir à une entente. Le conseil est notamment composé du médiateur Lucien Bouchard et du conciliateur Jean Nolin.

Initialement, Jean Boulet aurait souhaité que le conseil de médiation propose une hypothèse de règlement que le syndicat aurait été obligé de soumettre à ses membres et la partie patronale, à la haute direction. Il a ensuite reconnu que c’était « prématuré ».

Les parties sont soumises à un devoir de négocier avec diligence.

Jean Boulet, ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale

Ce qu’on a réalisé en discutant avec les membres du conseil de médiation, c’est que les parties étaient très accrochées à leur position, elles étaient trop éloignées pour que l’hypothèse de règlement soit utilisée à ce stade-ci, dit-il.

Quant à savoir s'il y a eu une réelle volonté des deux parties d'en arriver à une entente durant les négociations des dernières semaines, le ministre Boulet répond que la volonté peut s'exprimer oralement. Est-ce qu’elle s’est exprimée dans des gestes concrètement et dans l’action? J’ai un gros point d’interrogation.

En entrevue à Radio-Canada, le ministre Jean Boulet a donné plus de détails au sujet des objectifs de négociation qui sont « pas mal partagés » par les parties.

Objectifs de la négociation, selon Jean Boulet :

  • flexibilité opérationnelle;
  • productivité au travail;
  • climat de relation de travail;
  • stabilité des emplois;
  • pérennité de l’usine.

À mon ministère, tant le volet travail qu’emploi, on a une gamme de services qui peuvent être utilisés, soit pour obtenir un diagnostic organisationnel, soit sur les meilleures méthodes modernes d’accroître la productivité, de redéfinir l’organisation du travail pour que ce soit plus flexible. On a des séminaires en matière de négociation raisonnée, comme bien structurer des comités de relations de travail, négocier un protocole de retour au travail, affirme Jean Boulet.

Les négociations ont repris en novembre, après que le ministre se soit rendu au siège social d'Alcoa à Pittsburg. Il avait demandé aux parties de s'entendre avant le 30 novembre. Malgré un délai accordé jusqu'au 21 décembre, les parties n'y étaient pas parvenus.

Réaction du syndicat

Le président de la section locale 9700 du Syndicat des métallos, Clément Masse, n'a pas voulu commenter l'annonce de la formation d'un groupe travail pour les aider à négocier. Il veut attendre de parler au ministre avant de réagir.

Clément Masse a réitéré qu'il trouve que la direction ne négocie pas de bonne foi.

L'employeur, en fermant la moitié de sa série de cuves qui restaient en marche alors qu'on était en processus avec le conseil de médiation, ça ne démontre pas vraiment la volonté de négocier, dit-il.

On n’est pas face à un employeur qui veut conclure une entente, c’est ça le plus gros problème, je pense.

Clément Masse, président de la section locale 9700, Syndicat des métallos

Depuis janvier, l’employeur s’est présenté à la table en retirant ses offres, en demandant de nouvelles concessions aux travailleurs, en s’éloignant de la position où on était au 21 décembre 2017, donc c’est sûr que ça devient difficile, affirme-t-il.

Manifestation pour souligner un an de lock-out

Des travailleurs de l'ABI prévoient manifester vendredi après-midi devant le bureau du député de Nicolet-Bécancour, Donald Martel, à Bécancour.

Ils veulent ainsi souligner le fait qu'il y aura un an jour pour jour, le 11 janvier 2019, ils ont été mis en lock-out par la direction.

À ce jour, le lockout a fait perdre plus de 215 millions de dollars à Hydro-Québec, parce que le lockout est considéré comme un cas de force majeure, ce qui permet à ABI de se soustraire à ses obligations et de ne pas payer pour l’ensemble du bloc d’électricité qui lui est réservé, rappelle le syndicat par voie de communiqué.

Selon le Syndicat des métallos, les points en litige sont le financement du régime de retraite et le respect de l'ancienneté dans les mouvements de main-d'oeuvre.

Mauricie et Centre du Québec

Relations de travail