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Gatineau devra remplacer les vieux habits de ses pompiers, tranche la CNESST

Un pantalon et des bottes de pompier sont posés sur le sol à côté d'un camion de pompier.
Un vêtement de protection individuel du Service de sécurité incendie de Gatineau (archives). Photo: Radio-Canada / Jean-Sébastien Marier

Les pompiers de Gatineau crient victoire. La Ville devra remplacer leurs vieux vêtements de protection individuelle (VPI), a récemment tranché la Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) — une décision qui pourrait avoir des répercussions ailleurs au Québec.

L'Association des pompiers et pompières de Gatineau (APPG) alléguait que les VPI de rechange mis à la disposition de ses membres n’étaient pas adéquats. Le syndicat affirmait notamment que le tiers de la réserve de vêtements dépassait la durée de vie de 10 ans établie par le manufacturier et par la National Firefighter Protection Association (NFPA), l'association américaine de protection des pompiers.

Un inspecteur de la CNESST avait conclu dans un rapport, en mai dernier, que les autorités gatinoises respectaient la loi, puisqu'elles s'assuraient que les VPI protégeaient adéquatement les pompiers. Il soulignait notamment que le Service de sécurité incendie de Gatineau (SSIG) et un sous-traitant procédaient aux inspections nécessaires.

Or, la CNESST a révisé cette décision à la demande du syndicat et a rendu une nouvelle décision le 20 décembre. La CNESST a finalement conclu que les inspections faites par le SSIG ne permettent pas de conclure que les VPI de plus de 10 ans sont sécuritaires.

Même si rien dans la loi ne force la Ville de Gatineau à remplacer les vieux habits, ce sont les règles de l'art de l'industrie qui doivent primer, a souligné la CNESST dans sa plus récente décision. Elle a donné à la Municipalité jusqu'au 31 janvier pour établir un plan d'action.

Là, on a une cohérence au niveau de la CNESST.

Mathieu Jolicoeur, vice-président du comité de la santé et de la sécurité de l'APPG

On a, grâce à l'APPG et tous les partenaires qui nous ont aidés là-dedans, on a une décision qu'ils vont pouvoir utiliser en cour, qui fait jurisprudence pour tous les pompiers au Québec. On ne peut que s'en réjouir, a soutenu Mathieu Jolicœur, le vice-président du comité de la santé et de la sécurité à l'APPG.

Mathieu Jolicoeur répond aux questions d'une journaliste.Le vice-président du Comité santé et sécurité à l'APPG, Mathieu Jolicœur. Photo : Radio-Canada

Le nouveau directeur du SSIG, Denis Doucet, a affirmé que l'objectif de la Ville a toujours été de remplacer les vieux VPI. Il rappelle que Gatineau vient de lancer des appels d'offres pour l'achat de 290 nouveaux VPI d'ici 2020 et que les premiers doivent arriver le 8 février prochain.

Il a ajouté que les habits de plus de 10 ans seront mis dans la réserve et qu'ils ne serviront que pour des formations où il n'y a ni feu ni fumée.

Impact partout au Québec?

La décision de la CNESST pourrait avoir des répercussions partout au Québec et des conséquences particulièrement coûteuses pour de plus petites municipalités.

Je pense que les coûts vont devenir assez élevés, qu'à un moment donné, les petites municipalités vont devoir regarder à la fusion des services d'incendie sur leur territoire, a soutenu le préfet de la MRC de Papineau, Benoît Lauzon.

Il est lui-même maire d'une petite municipalité de 2500 âmes, Thurso, en Outaouais. Il estime à plus de 100 000 $ les coûts de remplacement des vieux VPI de ses pompiers.

Ça représente 3 % du taux de taxation [...] c'est énorme, une décision comme ça.

Benoît Lauzon, maire de Thurso

M. Lauzon a affirmé que, même si certains des VPI de ses pompiers sont âgés, ils sont souvent peu utilisés. Un service d'incendie comme celui de la Ville de Thurso, on a en moyenne cinq heures d'appels par mois, a-t-il raconté. Des habits de combat, en 10 ans, est-ce qu'ils sont finis?

Avec les informations de Nathalie Tremblay

Ottawa-Gatineau

Prévention et sécurité