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Suicides de policiers en Ontario : l’inaction du coroner en chef dénoncée

Richard Rogers, policier de Toronto.

Le sergent Richard « Bucky » Rogers, du Service de police de Toronto, s'est enlevé la vie en juillet 2014.

Photo : Service de police de Toronto

Philippe de Montigny

La famille d'un policier de Toronto qui s'est enlevé la vie en 2014 dénonce le fait que le coroner de la province ne se penche sur cette question sensible que quatre ans et demi plus tard.

La semaine dernière, le coroner en chef Dirk Huyer a affirmé qu’il enquêtera sur les suicides de neuf policiers ontariens survenus l’an dernier, un bilan beaucoup plus élevé que celui des cinq années précédentes.

Lorianne Rogers, la fille du sergent Richard « Bucky » Rogers, affirme que son père est mort un an après avoir mentionné à ses superviseurs qu’il souffrait d’anxiété et de crises de panique.

Richard Rogers et son chien.

Au lieu de recevoir de l’aide après avoir mentionné ses crises de panique et son trouble d'anxiété à ses superviseurs, Richard Rogers a été ridiculisé et tourmenté par des collègues, selon sa famille.

Photo : Photo fournie par la famille Rogers

Au lieu de recevoir de l’aide, il a été victime d’intimidation, dit-elle. Ses collègues l’auraient tourmenté en lui jouant des tours et en cachant ses effets personnels, par exemple.

L’agent s’est finalement pendu en juillet 2014 en laissant une note dans laquelle il n’a pas mâché ses mots à l’égard du corps policier, où il a travaillé pendant 24 ans.

Je blâme la police de Toronto pour m’avoir mis dans cette situation , a-t-il écrit dans sa note.

Trop tard, selon Lorianne Rogers

Lorianne Rogers se dit profondément troublée par l’attitude dédaigneuse du coroner en chef, après lui avoir demandé à l'époque d’enquêter sur la mort de son père et d’un autre policier torontois, qui s’est suicidé la même année.

Il ne devrait pas y avoir un nombre particulier de suicides de policiers, ni de seuil à atteindre avant que le bureau du coroner en chef passe à l’action.

Lorianne Rogers, fille d’un policier de Toronto qui s’est suicidé

Elle est convaincue que des suicides récents auraient pu être évités si le coroner avait ouvert une enquête plus tôt.

Lorianne Rogers.

Lorianne Rogers, qui a perdu son père il y a quatre ans et demi, se demande si on n'a pas trop tardé avant de se pencher sur la question du suicide chez les policiers.

Photo : Radio-Canada

Le coroner en chef défend sa décision

Un groupe d’experts sera formé d’ici quelques semaines pour mener l’examen des suicides de policiers en 2018.

Le coroner en chef de l’Ontario, Dirk Huyer, affirme qu’il a choisi de se pencher uniquement sur cette année-là parce que neuf agents se sont enlevé la vie, un nombre anormalement élevé. On en recensait cinq ou moins par année, auparavant.

Notre rôle est de comprendre ce qui se passe présentement et de proposer différentes interventions pour régler le problème. C’est la raison [pour laquelle nous étudierons seulement les suicides de policiers en 2018], ce qui ne diminue pas les autres pertes de vie.

Dirk Huyer, coroner en chef de l’Ontario
Dirk Huyer, coroner en chef de l'Ontario.

Le coroner en chef de l'Ontario, Dirk Huyer, enquêtera sur les suicides de policiers survenus l'an dernier.

Photo : Radio-Canada

M. Huyer ajoute par ailleurs que tous les suicides dans la province font l’objet d’une enquête par son bureau.

Le coroner dit avoir eu une conversation au téléphone avec Mme Rogers lundi, et affirme que certains points qu’elle a soulevés seront pris en considération lors de cet examen en profondeur.

Un groupe d’experts doit soumettre des recommandations d'ici le début de l’été.

Avec les informations de Farrah Merali

Toronto

Forces de l'ordre