•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

La monogamie inscrite dans les gènes

Les chercheurs considèrent encore que les animaux sont monogames s'ils s'accouplent occasionnellement avec un autre animal. Photo: iStock

L'évolution a eu recours à une sorte de formule universelle pour transformer des espèces non monogames en espèces monogames en augmentant l'activité de certains gènes dans le cerveau et en réduisant celle d'autres, ont établi des biologistes américains.

Pour parvenir à le démontrer, la chercheuse Rebecca Young et ses collègues de l’Université du Texas à Austin ont étudié le profil génétique de 10 espèces de vertébrés.

Notre étude couvre 450 millions d'années d'évolution, c'est-à-dire depuis que toutes ces espèces partageaient un ancêtre commun.

Rebecca Young

Définir la monogamie

La monogamie peut certainement être définie de plusieurs manières. Dans cette étude, les scientifiques la définissent à partir de trois comportements précis chez un couple.

  • La présence d'un lien entre deux animaux pendant au moins une saison de reproduction;
  • le partage de la tâche d'élevage de la progéniture;
  • la défense des bébés contre les prédateurs et autres dangers.

En outre, les chercheurs considèrent encore que les animaux sont monogames s'ils s'accouplent occasionnellement avec un autre animal.

Des comportements évolutifs

L’équipe de recherche a comparé l'expression des gènes de 10 paires d'espèces animales étroitement apparentées, c'est-à-dire quatre mammifères, deux oiseaux, deux grenouilles et deux poissons; la moitié des couples des différentes espèces était monogame et l’autre pas.

Son objectif? Déterminer s’il existe des changements dans chacune des différences évolutives associées à la monogamie chez des animaux apparentés.

La comparaison de l'ADN de ces espèces de vertébrés a permis d’associer 24 gènes au fait qu’un mâle reste avec la même femelle. Selon Rebecca Young, des centaines d’autres pourraient aussi avoir des effets moins importants.

Selon les auteurs, ces résultats laissent à penser que l'évolution a utilisé la même astuce biologique afin de rendre certaines espèces monogames, simplement en modifiant l'activité de ces gènes dans le cerveau.

Ainsi, malgré la complexité du comportement monogame, les chercheurs ont constaté que les mêmes changements dans l'expression génétique se produisent à chaque fois.

Des résultats qui laissent aussi à penser qu’il existe un certain lien entre la façon dont les comportements sociaux complexes se manifestent et la manière dont les gènes sont exprimés dans le cerveau.

La plupart des gens ne s'attendraient pas à ce que, pendant 450 millions d'années, les transitions vers des comportements aussi complexes se produisent de la même façon à chaque fois.

Rebecca Young

L'étude a également révélé que les gènes impliqués dans le développement neural, la signalisation cellulaire, l'apprentissage, la mémoire et les fonctions cognitives étaient tous plus actifs chez les mâles monogames que chez ceux qui ne l’étaient pas.

Cette réalité pourrait être liée au fait que les animaux doivent reconnaître leurs partenaires, leur progéniture ou le lieu qu'ils partagent avec leurs partenaires, pensent les auteurs, dont les travaux sont publiés dans les Proceedings of the National Academy of Sciences (Nouvelle fenêtre) (en anglais).

Génétique

Science