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Des manifestants de partout au pays appuient les opposants d’un gazoduc en C.-B.

Quelques centaines de personnes ont manifesté au centre-ville de Vancouver en appui aux opposants d'un pipeline dans le nord de la Colombie-Britannique. Photo: CBC / Lien Yeung
Radio-Canada

Des dizaines de manifestations ont eu lieu mardi au Canada pour appuyer les opposants du projet Coastal GasLink dans le nord de la Colombie-Britannique. Le gazoduc transporterait du gaz naturel liquéfié à travers des territoires autochtones.

Un texte de Fanny Bédard

Quelque 200 personnes se sont réunies au centre-ville de Vancouver, une centaine devant le bureau de Justin Trudeau à Montréal et une autre centaine devant le Parlement à Ottawa. Une allocution du premier ministre qui devait y avoir lieu a d'ailleurs été déplacée en raison de la manifestation. Justin Trudeau n'a toutefois pas fait allusion aux manifestations quand il a finalement pris la parole.

À Calgary, un face-à-face bruyant entre pro et antipipeline a aussi eu lieu. D’autres villes canadiennes, mais aussi américaines et européennes, selon les organisateurs, devaient accueillir des rassemblements similaires au lendemain de l'arrestation d'opposants du projet de gazoduc de TransCanada.

14 opposants arrêtés

Mardi, les policiers se sont rendu dans le camp Unist'ot'en, établi par la Première Nation Wet'suwet'en, afin de faire respecter une injonction pour permettre à TransCanada d'avoir accès à une route forestière et de commencer les travaux de construction du gazoduc.

La veille, ils ont arrêté 14 personnes à un point de contrôle du campement fortifié établi par le clan Gidimt’en, également membre de la nation Wet'suwet'en.

Les opposants veulent empêcher le début des travaux de construction du pipeline Coastal GasLink sur ce territoire.

Dans un communiqué, la GRC indique que ses agents ont procédé aux arrestations après avoir conclu qu’aucune autre solution n’était possible.

Des agents de la GRC devant des barbelés.Des agents de la GRC s'approchent de la barricade d'un campement établi près de Houston dans le nord de la Colombie-Britannique. Photo : Chantelle Bellrichard/CBC

Des membres des Wet'suwet'en ont établi des campements, près de la municipalité de Houston, dans le nord de la province, pour bloquer l’accès des ouvriers au site. Ils soutiennent que la compagnie n’a pas obtenu le consentement de ses chefs héréditaires pour aller de l’avant avec le projet. De son côté, TransCanada affirme avoir signé des ententes avec toutes les Premières Nations le long du tracé du pipeline.

Des membres de la Première Nation Wet'suwet'en et des policiers sont face à face au campement anti-oléoduc.Des membres de la Première Nation Wet'suwet'en et des policiers au campement anti-oléoduc dans le nord de la Colombie-Britannique. Photo : Radio-Canada / Chantelle Bellerichard

Depuis les arrestations, lundi, certains des manifestants se sont dirigés vers un autre campement de protestation, Unist’ot’en.

Le chef de l'Assemblée des Premières Nations a réagi mardi aux arrestations de la GRC. « Cet usage de la force contre des personnes pacifiques est une violation des droits de la personne et des droits des Premières Nations », a indiqué Perry Bellegarde dans un communiqué.

Une lettre ouverte de Coastal GasLink

Le président de Coastal GasLink, Rick Gateman, a publié une lettre ouverte en fin de journée, mardi.

Dans le texte adressé aux habitants de la Colombie-Britannique et aux Premières Nations, il soutient que les événements des deux derniers jours ne correspondent pas à ce qu’auraient préféré les responsables du projet. « Nous nous sommes efforcés d’avoir une conversation ouverte et honnête quant à cet enjeu, écrit-il. Il est dommage que la GRC ait été forcée de prendre ces mesures pour assurer le rétablissement de l’accès à la route et au pont publics qui mènent à notre pipeline. »

Il ajoute que Coastal GasLink a eu recours aux tribunaux après six ans de négociations au sujet de l’accès au territoire et que le projet a reçu l’approbation de 20 conseils de bande autochtones, en plus du soutien de plusieurs chefs héréditaires.

Le projet d’oléoduc de 6,2 milliards de dollars qui s’étendra sur 670 kilomètres vise à transporter du gaz naturel liquéfié de Dawson Creek jusqu'au terminal de LNG Canada à Kitimat, sur la côte de la province.

Un enjeu qui suscite l’intérêt

L’organisme environnemental Greenpeace est au nombre de ceux qui ont appelé à manifester en appui aux opposants. Charles Latimer, porte-parole de l’organisme sur la côte ouest, pense que l’enjeu intéresse les gens dans le monde entier, car il s’agit d’un sujet qui touche aux droits de la personne.

« Il y a encore des problèmes à assurer le respect des droits des territoires et des peuples. Et je crois que ça résonne très profondément chez les gens partout dans le monde », a-t-il déclaré à l'émission de radio Phare Ouest.

Carte du gazoduc Coastal GasLink

Colombie-Britannique et Yukon

Énergie